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Affichage des articles associés au libellé Christopher Rowley

La Planète blanche : Le Secret de la banquise

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Thierry Ragobert, Thierry Piantanida et Jean Lemire. « L’ours est un seigneur dont le royaume s’est dissous dans l’océan » résume Jean-Louis Étienne en voix off de vieil homme revenu de tout, de partout : La Planète blanche prend acte du réchauffement climatique, ne prend à aucun moment la peine de l’expliquer, de le (re)mettre en cause et si l’on compte sur un tel (télé)film aussi inoffensif pour se sortir de l’impasse écologique, nous voici très mal barrés, surtout douze ans après. Ce métrage désespérément sage, évidemment inattaquable, en tout cas au niveau de son « empreinte carbone » réduite, neutre ou compensée, allez, du trio cité supra , franco-québécois, auquel adjoindre Caroline Underwood en réalisatrice de seconde équipe + sept chefs opérateurs dont deux plongeurs, accompagne d’hiver en été la faune arctique, sur terre et sous mer. Ici, tu survis ou tu...

Escamotage : L’Effaceur

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Puisque tout doit disparaître, lui, eux, toi, moi, le monde et le cinéma… En bon littéraire, la « question » de l’adaptation nous indiffère. On la cède à Michel Ciment ou à des gens qui ne peuvent (veulent) comprendre que la littérature et le cinéma ne parlent pas la même langue, ne possèdent pas le même ADN, quand bien même ils dialoguent et s’accouplent, souvent par paresse, rarement pour l’ivresse (du spectateur). S’il existe en ligne au moins deux transpositions (professionnelles) récentes de la nouvelle homonyme de Richard Matheson, la première  délocalisée en Nouvelle-Calédonie, la seconde  en Bretagne, chacune hélas empêtrée dans l’amateurisme et l’illustratif (Angelo Badalamenti + Joy Division en guise de BO), celle de Guillaume Foresti se caractérise par son infidélité, sa beauté, sa sérénité (malgré une concrétisation difficile, empreinte de « deuil », nous confiait l’auteur). Le cinéaste-lecteur ne conserve que l’idée (la trame méta) princip...

La Dernière Fois que j’ai vu Macao : Lisbonne Story

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de João Pedro Rodrigues et Jo ã o Rui Guerra da Mata. Davantage qu’au compatriote, contemporain, intéressant et peu convaincant Tabou de Miguel Gomes, on pense à Wenders en découvrant le nouvel essai, terme littéraire, du réalisateur de O Fantasma , déjà une fable surfaite de fantasmes et de fantômes, d’où l’intitulé au sens dédoublé, de chiens, de ville et de relations homosexuelles. Comme chez l’Allemand cosmopolite, le voyage extérieur et intérieur à base d’une similaire invitation-disparition en chanson(s) constitue au final une réflexion méta tramée au documentaire urbain, assortie ici d’une dimension mythologique, sinon eschatologique. L’ombre temporelle et mémorielle de La Jetée ou India Song tamise aussi le commentaire en voix off , dédale documenté filmé en numérique dont le narrateur ne sacrifie même pas à la visibilité reflétée de La Dame du lac de Robert Montgomery au miroir, en ...

Homo Sapiens : La Sagesse des crocodiles

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Nikolaus Geyrhalter. « Oui, c’est le lieu. » Shoah Pas d’histoire(s). Fin de l’Histoire. Plus de témoins. On ne saura rien. Des plans fixes. Une certaine idée fixe de l’avenir. Des cadrages au cordeau. Une science du cadre à la Kubrick. Point commun de la praxis photographique. Des perspectives précises. Des lignes de fuite vers nulle part. Une géométrie dynamique et immobile. Des rails de funérailles. Des fours refroidis. Le train en gare de La Ciotat et les convois pour Auschwitz. De Nagasaki à Fukushima. D’une mosaïque fellinienne à une neige de fondu au blanc naturel. La soucoupe du PC attend pour l’éternité. Le stade circonscrit sa circularité. Un bateau échoué sur la mer verte. Des centrales à l’arrêt. Des habitations ensablées. Des immeubles fortifiés. Bonifacio ma non tropp...

Aftermath : Les Chroniques de l’Après Monde : Les Ruines

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 Trilogie dite des Qatsi   «  et compagnie  » , « planant » Yann Arthus-Bertrand ? Ou bien une singulière odyssée à espérer, comme en secret ?...     Récit eschatologique et euphorique, narré avec un détachement (canadien) constant, cet essai de prospective appliquée, abreuvé aux sources disparates mais reliées de l’écologie, du film catastrophe, du millénarisme, de l’éducatif, de la SF et des travaux spéculatifs du journaliste Alan Weisman ( Homo disparitus en VF), débute de nos jours en juin à Berlin et s’achève 25 000 ans plus tard, dans le froid polaire enserrant la planète Terre (l’hémisphère nord, surtout), légèrement détournée de son orbite « habituelle ». Stephen Milton (scénariste et producteur) John Whitcher et Barry McMann (monteurs), Christopher Rowley (réalisateur et producteur), signent ici une chimère alarmiste et ludique, documentaire fictif (oxymoron de saison) que l’on imagine plausible sur le ...