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Affichage des articles associés au libellé Zhang Yimou

Coming Home : Made in China

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Zhang Yimou. Un téléfilm de luxe, un « véhicule » d’actrice, une évocation de bon ton ? Oui et non, car Coming Home (2014) doit sa modeste séduction à son dédoublement. Comme le retour à la maison de dénomination, de saison, s’accomplit en couple, d’abord le père, puis la fille, ce très sage métrage, à base « d’amnésie psychogène », de déjà-vu malvenu, en français, s’il vous plaît, de soleil absent, bienvenue à la pluie, à la neige, se divise et vise autre chose que le « devoir de mémoire », voire la repentir intime. Au-delà du récit d’une Pénélope délocalisée, déboussolée, victime anonyme, une parmi des milliers, en rime à la propre épouse de son agresseur sexuel, maître-chanteur d’autrefois, elle-même démunie de son mari, en banlieue rééduqué, au milieu de l’acier, réversibilité des rôles, du pouvoir impitoyable, d’une époque pourrie, d’un passé qui ne passe pas, que retrace...

Ma femme est un gangster 2 : Bloody Mama

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La Gloria ressuscitée de Gena & John ? La Gloria Gaynor survit encore !   Certain(e)s, spécialement en Occident, reprochent au cinéma sud-coréen contemporain sa caractérisation des personnages féminins. Comme pour contrer ces accusations de misogynie généralisée, ce cortège de sous-héroïnes estimées souvent décoratives, très tabassées, Ma femme est un gangster 2 (Jeong Heung-sun, 2003) évoque un univers où règne le supposé « deuxième sexe », amitiés aux mânes de la Simone sartrienne. Cantonnée à l’introduction, à la conclusion, l’action laisse la place à une comédie de mœurs dans laquelle les hommes font de la figuration, autour du pôle d’attraction désigné par le titre drolatique, presque schizophrénique. Amnésique, la Patronne se recycle illico au creux d’un petit resto de quartier menacé par l’érection, terme connoté, adéquat, d’un futur centre commercial aux mains de vandales en costard bien sûr noir. À Séoul aussi, le capitalisme sévit, sa c...

Épouses et Concubines : Green Lantern

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Zhang Yimou. À ma mère On conservait le vieux souvenir peu convaincu d’une VHS en VF : revoir le film en ligne, en HD, en VOST, revient à le voir pour la première fois, à constater sa beauté, sa cruauté, sa radicalité. Chacun le sait désormais, Zhang Yimou signe ensuite, assez vite, de poétiques épopées à teneur nationaliste  ( Hero , Le Secret des poignards volants , La Cité interdite ) ; il se sépare aussi de Gong Li. Mais en 1991, épaulé par Hou Hsiao-hsien à la production, par Ni Zhen au scénario (resserré), par Zhao Fei à la direction de la photographie (du Woody Allen et du John Woo), Cao Jiuping à la direction artistique ( Balzac et la Petite Tailleuse chinoise ) et Du Yuan au montage (une habituée), il se borne à un harem en huis clos, beau tombeau chinois à défaut d’hindou (et… ballet à succès). Tel Lang, similaire architecte de l’espace et des pulsions, notre cinéaste donne dans la géomét...

Une hirondelle ne fait pas le printemps

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Sociologie du cinéma ? Subjectivisme financier de saison. Le Printemps du cinéma vient donc d’atteindre cette année sa majorité ; lancée en 2000, dans le sillage de la Fête du cinéma (elle-même organisée près de cent ans après la naissance du « septième art » version Lumière), par la puissante FNCF (synergie de syndicats émergée à la Libération, une vingtaine environ, « catégoriels » ou non, à Paris et en région, en charge de quasiment la totalité du parc français des salles), l’opération, étalée sur trois jours, du dimanche au mardi, vise à développer la fréquentation par un abaissement du prix du billet, disons de moitié (au lieu de huit, quatre euros). En dix-huit éditions, le visa (« choses vues » et entendues, indeed ) du « voyage immobile » (tous les cinéphiles personnifient le capitaine Nemo, même sans sous-marin) connut une inflation modérée, puisqu’il débuta au coût de trois euros et une poignée de ( dollars ) centime...

Le Secret des Poignards Volants : L’Amour à mort

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Zhang Yimou. Contre les évidences trompeuses et la paresseuse doxa , on ne songe guère à King Hu, à Il était une fois en Chine (usage différent, assurément, des bambous !), à la « culture chinoise », moins encore à sa problématique traduction internationale par Ang Lee avec Tigre et Dragon , ou alors seulement à la façon d’un glacis, de la surface lisse, miroitante et verdie (importance de cette couleur dans l’épisode central de la forêt dantesque, espace infini et mental, lieu d’élection de toutes les trahisons-révélations, après le bleu du bordel et avant le blanc de la neige, taché d’effusions rouges à la Zatōichi ) d’un miroir (aux alouettes plutôt qu’à l’hirondelle dorée) sur lequel se réfléchissent les désirs, des personnages et du spectateur. Le public occidental, notamment critique, aveuglé par la suprême splendeur de l’ensemble, ébloui par sa magnificence généralisée, ne prête pas assez d’atten...

A Touch of Sin : L’Échine du Diable

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Quatre personnages, quatre histoires, quatre lieux : autant de facettes d’un pays ici et maintenant, avec des hommes et des femmes luttant pour une   vie meilleure et contre leurs propres démons. Avec ce quatuor chinois enraciné dans une réalité documentée, le réalisateur rend aussi hommage à ses maîtres de cinéma et interroge la part d’ombre de destins universels.       Capitalisme sexuel des femmes numérotées,  entre tristesse et pragmatisme : bienvenue dans la Chine d'aujourd’hui Ghosts of Marx La réception critique d’une œuvre peut s’avérer parfois un point de départ intéressant pour sa propre réflexion. Vu d’ici, le dernier film de Jia Zhangke constituerait un instantané quasi documentaire de la Chine économique contemporaine, et, par conséquent, un portrait glaçant et glacé de l’hyper-capitalisme occidental, de l’ultralibéralisme, de la mondialisation, pour faire cou...