La Piste des géants : La Conquête de l’Ouest
Vaine vanité de vallée surévaluée ? Peinture plaisante à la simplicité puissante. Opus pionnier dédié, au propre, au figuré, aux pionniers, La Piste des géants (Walsh, 1930) surprend par sa permanente picturalité, par son effrontée frontalité, qui multiplie à l’infini les plans d’ensemble, les plans rapprochés, reliés par des raccords axés. Émancipé du muet, ce matriciel western , au sens étymologique-géographique du terme, semble poursuivre une sorte de proscenium muséal, puisqu’il arbore une binarité du cadre imperturbable, à peine ponctuée par une poignée de gros plans, de travellings latéraux ou arrière, à côté des cavaliers, devant la caravane. Même anamorphosé en widescreen , même limité au capot du PC, le 70 mm originel parvient à conserver une partie de son immensité immersive, soutenu par un solide sens de la composition. Presque un siècle après, tout ceci séduit car ne succombe à la pompe, à la momification de l’académisme. En dépit des apparences, des influ...