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Affichage des articles associés au libellé Virginie Despentes

Trauma : Notes sur le viol au cinéma

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Article de polémique provocatrice ? Musée imaginaire d’un tropisme pas si mortifère. He treated me as a collection of holes. Emily Watson, Apple Tree Yard […] in Deraa that night the citadel of my integrity had been irrevocably lost. Thomas Edward Lawrence, Seven Pillars of Wisdom Le cinéma souvent magnifie les femmes – parfois il les immole comme on démolit une idole adorée, comme on casse une statue sur piédestal. Le viol constitue l’un des crimes sexuels les plus ignobles commis par l’espèce humaine, que les minables humanistes se démerdent avec la violence de l’évidence. Le viol dégrade la séduction en agression, le don en profanation, la jouissance en souffrance, l’orgasme en mécanisme, une pensée peinée envers Brigitte Lahaie, un peu vite condamnée en ligne pour avoir rappelé, certes sous une formulation maladroite, une réaction automatique instrumentalisée, sinon inaudible. Le viol abolit l’esprit et détruit des vies, principales ou « collatér...

Aka Ana : Femmes de la nuit

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Antoine d’Agata. Tourné à Shinjuku durant quatre mois « en résidence », co-produit par Lazennec Tout Court, Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains et le Musée Niepce, monté par Yann Dedet (Truffaut, Pialat, Cédric Kahn), primé à Belfort en 2008, Aka Ana paraphe le passage au cinéma du photographe Antoine d’Agata, formé à New York par Nan Goldin et Larry Clark, ancien de Magnum, animateur d’ateliers divers et commissaire, en 2013, d’une exposition consacrée à Marseille, sa ville natale, en images internationales. Sur son profil laissé à l’abandon depuis 2009, celui qui se définit non comme un artiste mais un « agent de contamination », à la fois « saint » et « fou », cite Durrell, Miller, Pessoa, Debord et Godard, récuse le « commentaire photojournalistique » autant que le « voyeurisme », souligne le « mensonge » o...

Love : L’Ennui

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Et le désamour se poursuit, dommage, tant pis… On voulait découvrir Love , sinon l’aimer, malgré le vide, astral et fœtal, de Enter the Void , en souvenir du virtuose, violent, drolatique et tendre Irréversible (ici permutation de Bellucci, Nikita au lieu de Monica). En se prenant pour Bertolucci (nocif Innocents ), en délivrant (en 3D), disons, sa dernière Gymnopédie à Paris ( exit Gato Barbieri, Satie à satiété, « classieuse » puis paresseuse), Noé accouche (à Cannes, dans l’indifférence ou l’hostilité générales) d’un long métrage interminable, autarcique, publicitaire, franchouillard, infantile. Bien loin du foin autour de son classement (Fleur Pellerin, éphémère et inculte salariée du Ministère de la Culture, s’émoustilla, s’offusqua), voici une bluette outrageusement simpliste et sentimentale à réserver aux moins de dix-huit ans, à ceux que passionne la dialectique manichéenne sexe et sentiments, digne d’un cours de philosophie en classe de terminale génér...

Baise-moi : Les Deux Orphelines vampires

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Rebelles sans cause, blouson rouge ou planétarium fifties , pareillement destinées à s’écraser au bout de la route (sanglante, spermatique), à bout de leur déroute… Que ce home movie de MJC, torché en DV, contradictoirement désincarné, ni féministe ni misandre, encore moins punk (argument marketing ) ou porno (discutable « niche » numérique du rape ), assez interminable malgré sa brièveté, davantage tourné vers Rohmer – Nadine à la plage, disons – que Noé ( Seul contre tous pourtant cité, comme le Prison de John Love), terriblement français dans ses dialogues, son humour (volontaire ou non), sa narration, ses chambres, ses marginaux (caricaturaux), ses gendarmes, son absence de tout contexte (ou perspective) politique – le duo évolue dans un Hexagone frisant l’abstraction –, sa représentation dépressive de la sexualité (tabou significatif de l’orgasme, hétéro ou homo), déclencha un tel tumulte médiatique et institutionnel renseigne de manière exemplaire (presqu...