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Affichage des articles associés au libellé Ted Kotcheff

Je fuis une légende

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  Exils # 120 (24/07/2025) « Il a toujours été spécial » déclare la barmaid adepte du « pas de vagues » local. Cependant le berger sudiste n’accomplit rien d’extraordinaire, l’élevage en bord de mer, donc dénué de la transhumance montagnarde, représente à peine une particularité, un mode démodé soumis à l’immobilier. La séquence du générique le présente ainsi en caméra portée dans son active banalité, s’occupant en silence de ses bêtes simplettes, inconscientes des enjeux dangereux et des « intérêts monstrueux » de leur ancienne présence et programmée absence, avant qu’une porte ouverte et un mouvement paysagiste ne dévoilent l’ampleur du panorama et le prix de cette terre-là. Ni pétainiste ni marxiste, Joseph se fiche de l’idéologie, de la lutte des classes ne se soucie, l’attachement au territoire, voire au terroir, variante culturelle et accessoire consensuel de la provinciale politique archaïque ou écologique, lui passe au-dessus de la tête et...

John Weak

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  Exils # 70 (15/01/2025) À Franck Construit en boucle bouclée, John Wick (Stahelski, 2014) s’ouvre sur un souvenir doux-amer sur cellulaire : une Eurydice marine, plus animée que le spectre en replay de La Jetée (Marker, 62), demande à l’amoureux désormais en sursis s’il la filme. Ensuite des inserts silencieux annoncent et donc redisent le désastre intime d’un décès prématuré. Confrère d’Orphée de film endeuillé, l’ancien assassin rédimé selon sa dame de mélodrame se voit vite offrir un toutou d’outre-tombe, manière de demeurer au monde, puisqu’une Mustang bientôt volée ne suffit à se maintenir en vie. Dans l’ Odyssée , Argos reconnaissait son maître déguisé, lui-même dépourvu de pitié envers d’entreprenants prétendants. Wick ne s’avère pas si « vulnérable » que le lui dit la barmaid amicale, retourne en arrière, au royaume des Enfers, surtout celui d’une mafia russe moins tatouée mais autant tourmentée que celle des Promesses de l’ombre (Cronenberg, 200...

L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush : Des souris et des hommes

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Come-back dans l’ outback , Kenneth à l’aise…    Avant de succomber à la cinquantaine à une crise cardiaque, Kenneth Cook écrivit Frill-Necked Frenzy , recueil de textes courts paru l’année de son décès, en 1987. Devenu en français L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush , tant pis pour l’allitération évocatrice en VO, le clin d’œil à la « frénésie à collerette » du lézard homonyme, sorte de gremlin à la George Miller ( La Quatrième Dimension , 1983), de la nouvelle liminaire, dans les airs, cet ouvrage dépaysant et divertissant mérite d’être recommandé, surtout en cas de fichu confinement prolongé, many thanks again à l’amie britannique jouant les factrices fidèles. Je ne reviens pas ici sur ce que j’écrivis à propos de Réveil dans la terreur (Ted Kotcheff, 1971), relisez-moi ou pas, mais bien sûr l’ opus pour ainsi dire présent possède plusieurs points partagés avec le roman passé, adapté, à succès, en tout cas sa transposition de renom, s...

Rambo: Last Blood : Au nom du père

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Un item pour Marlène Schiappa – ou pas… « Tu t’es perdu, vieil homme ? » demande de manière rhétorique le frère infernal, proxénète over the top , amitiés à Menahem Golan. Cette question, le spectateur, même nanti des meilleures intentions, pourrait la poser au cher Sylvester, dont le character d’ailleurs se définit, en voix off , en conclusion, en « homme perdu ». Lesté d’un scénario risible, d’une interprétation à l’unisson, affreusement téléfilmé, Rambo: Last Blood (Adrian Grunberg, 2019) mérite la majorité de ses mauvaises critiques, décochées en tandem des deux côtés de l’Atlantique. Mais il s’agit aussi d’un film à sa façon féministe, qui se confronte aux fameux « féminicides », qui souligne l’importance, sinon « l’innocence », du « deuxième sexe », salut à la sartrienne Simone. Je ne reproduis pas mon propos à propos de Rambo (Ted Kotcheff, 1982), je pointe plutôt du doigt la pietà de Paz Vega – à plusieurs pas...

La Vallée de la peur : Camera Obscura

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  « Les hommes doivent trouver en eux leurs réponses » ou périr au piège du pedigree . D’un Détour (Edgar G. Ulmer, 1945) à l’autre : on retrouve dans La Vallée de la peur (Raoul Walsh, 1947) un récit ressassé, une histoire intériorisée, une masculinité passive, une féminité active, des Euménides plus ou moins magnanimes et un Œdipe idem adopté, cette fois-ci délocalisé du côté de Santa Fe, ouf, olé. Niven Busch scénarisa Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946), écrivit aussi Duel au soleil (King Vidor, 1946), alors (re)voici du destin et du SM, en sus de Teresa, son épouse de l’époque, placée au générique et sur les affiches avant Mister Mitchum, fichtre. Les correspondances se télescopent, puisque Judith Anderson joua dans Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940) et Teresa Wright dans L’Ombre d’un doute (Alfred Hitchcock, 1943), puisque une lampe nocturne portée rappelle le célèbre verre de lait de Soupçons (Alfred Hitchcock, 1941), puisque...

Rambo : Le Vagabond

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Prendre les armes, fondre en larmes, exécuter un programme ou rendre l’âme. Pour mon propre père « Retour du refoulé », vietnamien à défaut d’être freudien ? Bien sûr, davantage : retour du fils prodigue, dans un éden déserté, endeuillé, retour d’entre les morts, qui le hantent encore, ce christ fissa refoulé par les flics, purifié à la dure, en parodie impitoyable du baptême. Ici, les cicatrices s’interprètent en stigmates ; ici, un policier provincial, rural, brutal, excellent Brian Dennehy, prend des allures de Ponce Pilate luciférien ; ici, David Caruso, sans lunettes, devient le rouquin témoin des humiliations de saison, des traitements indécents, prodigués par de sadiques et piètres et joyeux agents. Chasseur de cerf à la Robert De Niro ( Voyage au bout de l’enfer , Michael Cimino, 1978), fugitif forestier, accompagné par les percussions puissantes de Jerry Goldsmith, modèle non officiel du Motorcycle Boy de Rusty James (Francis Ford C...

Blastfighter : La Chasse

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Jake et son faon, Jake et son enfant, Jake en ermite et en mécanique…          Bien sûr, Blastfighter (Lamberto Bava, 1984) adresse des clins d’œil aux Chasses du comte Zaroff (Irving Pichel & Ernest B. Schoedsack, 1932), à Délivrance (John Boorman, 1972), à Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978), à Rambo (Ted Kotcheff, 1982), au contemporain Razorback (Russel Mulcahy), mais il résonne surtout, certes à sa modeste mesure, avec Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), possible titre suppléant, puisque son argument, de passé point ne passant, repose à la fois sur le refus de la violence et l’accomplissement de la vengeance. Le générique de fin précise que les images de souffrance animale proviennent d’archives, exit le côté documentaire de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980), donc, cependant ce métrage de traque générale, de gibier à deux pieds, capable de parler, pleurer, constitue à sa manière un tract contre l’...

Cobra : Ingrid sulla strada

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Venin étasunien, antidote danois... C’était deux police blacks Qui pratiquaient le slang Ainsi que le colt cobra Serge Gainsbourg Rambo: Last Blood (Grunberg, 2019) sortira en septembre mais, a contrario de Balboa, Cobretti ne reviendra pas. Film orphelin, film écourté, à succès, film détesté ou adulé, Cobra (Cosmatos, 1986) (re)présente pourtant un (passage) personnage important pour comprendre la persona (l’esprit) de Sylvester Stallone. L’acteur, en partie réalisateur, fait davantage qu’adapter (trahir) un bouquin de Paula Gosling : pour résumer, il retravaille (des motifs) et (se) rhabille (sa musculature). Outre impliquer la Warner, inclure au casting Andrew Robinson & Reni Santoni, Cobra relit L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971), Magnum Force (Post, 1973) et L’Épreuve de force (Eastwood, 1977), adresse des clins d’œil à Shining (Kubrick, 1980), aux Griffes de la nuit (Craven, 1984), à Police fédérale Los Angeles (Friedkin, 1985) et à... Rambo:...