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Affichage des articles associés au libellé George Pan Cosmatos

En corps

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  Un métrage, une image : Full Contact (1990) Aimable mélodrame, Full Contact fonctionne au combat clandestin, à l’encontre, à la rencontre, du destin. Si l’issue du fight ultime, ensuite la fin du film, démonstration dédoublée de magnanimité méritée, n’entendent surprendre, l’ item trentenaire, populaire, indépendant, étonne autrement. Au-delà d’être un évident véhicule pour Van Damme, qui ne conduit, qui coécrit/chorégraphie, il s’agit aussi d’une vraie-fausse autobiographie, d’une fable familiale, d’un portrait paupérisé du « pays des opportunités ». Deux années après la satire lucide, à domicile, de Invasion Los Angeles (Carpenter, 1988), Lionheart , titre explicite, Kate Bush l’adore, d’accord, se place parmi une perspective marxiste, se rapproche des cloches, met à l’honneur un tendre déserteur, une esseulée belle-sœur, met en vedette des êtres honnêtes, cabossés au propre et au figuré. Ni Rocky (Avildsen, 1976), ni Fight Club (Fincher, 1999), sus au sentimenta...

Gone with the Wind

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  Un métrage, une image : The Wind (1986) Encore une femme américaine, encore une île grecque, pourtant, cette fois-ci, ni enfant, ni messie : deux années après The Time Traveller (1984), Mastorakis oublie Adrienne Barbeau, enrôle Meg Foster, la transforme en romancière (de thrillers ) douce-amère, cf. sa blague liminaire, Jésus & Geppetto, Dio mio, sa discussion entre copines, au bord de la piscine, elle se sent masculine, elle veut « de l’action », elle écrit sous le pseudonyme de Sian Anderson. Sur place, ça souffle aussi fort que chez Sjöström   ( The Wind , 1928) & Tammi ( The Wind , 2018) réunis, le village vide ressemble à un cimetière en pleine mer, le propriétaire paraît presque patibulaire, surtout sous les traits de Robert Morley ( Topkapi , Dassin, 1964), « vieux radoteur » marié, à faire le MLF fulminer. La résidente de Chicago rencontre « l’homme de ménage » illico , compatriote au CV interlope, qu’incarne Wi...

Les Gaspards

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  Un métrage, une image : La Créature du cimetière (1990) Il existe, on le sait, une multiplicité d’atrocités, comme au cœur de l’horreur mille couleurs. La Créature du cimetière (Singleton, 1990) carbure à l’économique, sinon à la sexuelle, because contremaître malhonnête, sinon raciste, de l’exploitation des ouvriers, de la « promotion canapé » adepte. Conte anticapitaliste doté d’un intitulé à double sens, temporel, mortel, Graveyard Shift cartographie ainsi, en douce, avec rudesse, une Amérique nordiste à contresens du reaganien triomphalisme, démontre de manière marxiste que les travailleurs, là ou ailleurs, ne comptent pour rien, pour du beurre, à peine bons pour une impossible dératisation aux allures d’extrême-onction. Comme l’Overlook de Shining , l’usine textile au bord de la ruine repose sur une nécropole, on y sue, on s’y sacrifie, on ne s’y fait des amis, on y esquisse une romance de malchance. À l’instar du solitaire de western , l’ ex -univer...

L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush : Des souris et des hommes

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Come-back dans l’ outback , Kenneth à l’aise…    Avant de succomber à la cinquantaine à une crise cardiaque, Kenneth Cook écrivit Frill-Necked Frenzy , recueil de textes courts paru l’année de son décès, en 1987. Devenu en français L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush , tant pis pour l’allitération évocatrice en VO, le clin d’œil à la « frénésie à collerette » du lézard homonyme, sorte de gremlin à la George Miller ( La Quatrième Dimension , 1983), de la nouvelle liminaire, dans les airs, cet ouvrage dépaysant et divertissant mérite d’être recommandé, surtout en cas de fichu confinement prolongé, many thanks again à l’amie britannique jouant les factrices fidèles. Je ne reviens pas ici sur ce que j’écrivis à propos de Réveil dans la terreur (Ted Kotcheff, 1971), relisez-moi ou pas, mais bien sûr l’ opus pour ainsi dire présent possède plusieurs points partagés avec le roman passé, adapté, à succès, en tout cas sa transposition de renom, s...

Le Gendarme en balade : Protéger et servir

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Gendarme minable, confiné écœuré… Le bouffon en uniforme, fasciste refoulé, coupe au carré, lunettes à la Cobra, on ne rigole pas, au volant de son véhicule entretenu par l’État, donc par toi et moi, veut savoir où je vais, en l’occurrence chez le boulanger, faut-il s’en excuser ? Montrez vos papiers, votre attestation à la con, pourquoi deux cases cochées, parce qu’il m’arrive de marcher. « Le but du truc », admirez la formulation du militaire, assurément universitaire, consiste à rester à domicile, ah bon, tiens donc, comme si tous ces serviteurs zélés, davantage passifs envers les criminels professionnels, surtout sur leur territoire, quel désespoir, emmerdons plutôt les piétons provinciaux, il fait beau, soumis à leurs supérieurs à vomir, notamment un certain président transparent, incompétent, impuissant, prévenu bien avant, pragmatisme du psychodrame hexagonal, désormais on se fiche, ouf, des sujets qui fâchent, on feint de flatter les soignants, de se pré...

Rambo : Le Vagabond

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Prendre les armes, fondre en larmes, exécuter un programme ou rendre l’âme. Pour mon propre père « Retour du refoulé », vietnamien à défaut d’être freudien ? Bien sûr, davantage : retour du fils prodigue, dans un éden déserté, endeuillé, retour d’entre les morts, qui le hantent encore, ce christ fissa refoulé par les flics, purifié à la dure, en parodie impitoyable du baptême. Ici, les cicatrices s’interprètent en stigmates ; ici, un policier provincial, rural, brutal, excellent Brian Dennehy, prend des allures de Ponce Pilate luciférien ; ici, David Caruso, sans lunettes, devient le rouquin témoin des humiliations de saison, des traitements indécents, prodigués par de sadiques et piètres et joyeux agents. Chasseur de cerf à la Robert De Niro ( Voyage au bout de l’enfer , Michael Cimino, 1978), fugitif forestier, accompagné par les percussions puissantes de Jerry Goldsmith, modèle non officiel du Motorcycle Boy de Rusty James (Francis Ford C...

Prom Night : Staying Alive

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Mécanique du meurtre, chorégraphie contre la folie…   Satisfaction came in a chain reaction I couldn’t get enough So I had to self-destruct The Trammps Prom Night (1980) commence par un reflet, mais avec ou sans votre permission, je me dispense de dupliquer/inverser ce que j’écrivis hier, remember Humongous (1982). Je le pourrais cependant, tant Paul Lynch paraît se répéter par avance, au passé. Encore un traumatisme mortel, une scission temporelle, un slasher avec plein de vrais-faux adolescents dedans, une mère maudite, des fessiers exposés, une poitrine pudique, Jamie Lee Curtis osera le topless irréprochable à l’occasion de Un fauteuil pour deux (John Landis, 1983). Cette fois-ci, exit le cannibalisme insulaire relookant celui de Anthropophagous (Joe D’Amato, 1980), bienvenue au parasitisme sincère de Carrie au bal du diable (Brian De Palma, 1976), La Fièvre du samedi soir (John Badham, 1977), La Nuit des masques (John Carpenter, 1978), sans ou...

Cobra : Ingrid sulla strada

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Venin étasunien, antidote danois... C’était deux police blacks Qui pratiquaient le slang Ainsi que le colt cobra Serge Gainsbourg Rambo: Last Blood (Grunberg, 2019) sortira en septembre mais, a contrario de Balboa, Cobretti ne reviendra pas. Film orphelin, film écourté, à succès, film détesté ou adulé, Cobra (Cosmatos, 1986) (re)présente pourtant un (passage) personnage important pour comprendre la persona (l’esprit) de Sylvester Stallone. L’acteur, en partie réalisateur, fait davantage qu’adapter (trahir) un bouquin de Paula Gosling : pour résumer, il retravaille (des motifs) et (se) rhabille (sa musculature). Outre impliquer la Warner, inclure au casting Andrew Robinson & Reni Santoni, Cobra relit L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971), Magnum Force (Post, 1973) et L’Épreuve de force (Eastwood, 1977), adresse des clins d’œil à Shining (Kubrick, 1980), aux Griffes de la nuit (Craven, 1984), à Police fédérale Los Angeles (Friedkin, 1985) et à... Rambo:...