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Affichage des articles associés au libellé Leos Carax

Dorota 1880

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  Exils # 124 (02/09/2025) En dépit du pronom, Mon XX ème siècle (Enyedi, 1989) n’appartient pas à un personnage, plutôt à sa cinéaste, même s’il ne s’agit ni d’un film historique ni d’un film autobiographique. En découvrant ce noir et blanc, on se dit revoici de l’ arty , du ciné usagé, du simulacre primé à Cannes. Mais le premier essai de cette réalisatrice et scénariste peu prolifique, universitaire et festivalière passée par Montpellier, mariée à un Allemand, le pays co-produit, ne se réduit Dieu merci à ceci, alors tant pis s’il (dé)tourne assez vite à vide, se termine entre deux rives livides, lent travelling avant à contre-pied de l’exposition éclatée. Au générique style La Femme publique (Żuławski, 1984) de l’obsolète Annette (2021), autre conte (« de fées ») méta qui peut laisser de bois, Carax remercie Béla Balázs (et « Edgard Allen Poe »), célèbre théoricien exilé de Berlin et fissa professeur au VGIK, au retour recadré par des autorités so...

Furst and Furious

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  Exils # 23 (04/03/2024) Burton un brin de Batman se balance, se soucie à demi de sa « souris volante », sinon comme (Love, Prince en pince, Kim opine) symbole d’anormalité normalisée, soumise aux mondanités, Bruce l’argenté matrice d’Edward aux mains argentées ; le défilé friqué, à pognon empoisonné, à « mourir de rire », indeed , évoque davantage Les Rapaces (von Stroheim, 1924) que la conclusion à la con du capitaliste Alice ( au pays des merveilles , 2010), remémore idem le bibendum maléfique du contemporain SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), maousse némésis en rime. Exit donc le nihilisme à la Miller puis le psychologisme à la Nolan, même si revoilà le trauma , éternelle tarte à la crème d’un certain cinéma des USA (du chocolat à carie de Charlie, oh oui), bien sûr à dépasser, à trépasser, tel le Jack dédoublé, auquel son rire increvable et mécanique cependant survit. Tout ceci se situe in extremis , sans malice, au sommet ou sur le seuil de la...

L’Aura de Barbara

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  Exils # 8 (11/12/2023) Faut-il se méfier des surfaces, a fortiori des films ? Davantage on devrait les sonder, discerner les symboles, sillage d’Oscar Wilde, préfacier du pétrifié puis putréfié Portrait de Dorian Gray , céder le sens, l’essence, à leurs obsédés, assermentés à main armée. Au sein du point malsain Dans le bain d’Hector (2019) se dissimule un mutique trésor, dans la baignoire à ne pas voir, hors-champ du ravalement, fi de mythologie, en dépit d’un Grec obsolète, aucun sex toy de traviole, canard de panard aussi canari que la robe jaune de Gena ni gênée ni négligée, ni Davis ni Rowlands, un cuni à Cluny, ça lui dit, gode ou licorne, à elle la couronne, et loin de l’Hadrien mémorisé de Marguerite Yourcenar, voici, parce qu’il le vaut bien, l’Adrien bodybuildé de Jom Roniger. Le trio de travaux, métaphore du court métrage lui-même à moitié work in progress , mastique (mastic du plombier, poncif à pénis des bandes spécialisées supposées à bander, distinguez i...

L’Étranger

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  Un métrage, une image : Trois vies et une seule mort (1996) Film à sketches , financé par feue La Sept ? Matrice apocryphe, allez, de Lost Highway (Lynch, 1997) ? Opus pirandellien, plutôt plaisant, dépaysant, en définitive à la dérive, bien vain ? Tout ceci, oui, et surtout, a posteriori , une apologie du récit, « crédulité » déconseillée, celui d’un homme, de ses drôles de rhizomes, de ses vies revisitées, visualisées, avérées ou rêvées, à envier ou à éviter. Shéhérazade cherchait la chute, conteuse qui séduit, suscite le sursis ; au sein de l’autarcie assourdie du studio de radio, à l’image de celle du métrage, Bellemare enfile les fils de biographies en fuite, tisse une tapisserie de panoplies, de tromperies, de parallèles puis de perpendiculaire d’épilogue crépusculaire. Si Les Mille et Une Vies de Billy Milligan de Daniel Keyes se soucie de psychologie, Le Festin nu (Cronenberg, 1991) de fiction, d’autofiction, de création, de de...

Mademoiselle Julie

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  Un métrage, une image : La Comtesse (2009) En surface, vous voici vite face à un téléfilm féministe, au révisionnisme assumé, au doute adoubé, car l’histoire, avec ou sans la grande « hache » du père Perec, appartient bel et bien aux « vainqueurs », aux menteurs, aux rédacteurs, aux imposteurs, le psychodrame pseudo-pandémique en (é)preuve pathétique, dissipé comme par magie, supplanté par le réel énorme du conflit Ukraine/Russie, à partir du 14 mars, plus de « passe », « suspension », pas suppression, calmons les moutons, conduisons-les aux élections, ce simulacre de démocratie, légitimé au moyen du repoussoir de la très autoritaire autorité de Russie, bis . La scénariste lacunaire, la réalisatrice scolaire, la compositrice pépère, peut cependant s’appuyer sur des hommes estimables, au talent évident, citons donc les noms des tandems amènes Daniel Brühl ( Good Bye, Lenin! ou Moi et Kaminski , 2003 + 2015 = Becker au carré) & ...

Une aussi longue absence

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  Un métrage, une image : Les Amants de Teruel (1962) « Un spectacle de grand art » beugle le bonimenteur, porte-parole du responsable de l’aussi empesé Les Sorcières de Salem (1956). Hélas pour lui et surtout le spectateur, tant pis, gentille Jacqueline , rien de moins poétique que la pseudo-poésie autoproclamée de cette longuette pièce montée à Cannes primée d’un accessit technique. Vous connaissiez ceux de Vérone, voici des amoureux maudits de quasi Andalousie, dont le destin, vous le devinez bien, ne possède rien de serein. Yseut d’Espagne, la silencieuse Isa paraît une Pénélope de mélodrame médiocre et son attente miroitante ne saurait être clémente. Outre se permettre de plagier l’épilogue à plongeon des Chaussons rouges (Powell & Pressburger, 1948), avec déjà la juvénile Ludmila, Les Amants de Teruel essaie de ressusciter le romantisme dépressif de la décennie du supposé « réalisme poétique », sinon de singer la dialectique des apparence...

L’Idiot ! : Main basse sur la ville

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Youri Bykov. Putain c’qu’il est blême mon HLM Renaud L’Idiot ! (Youri Bykov, 2014) se termine comme commence Le Client (Asghar Farhadi, 2016), par l’évacuation d’un immeuble menaçant de s’effondrer, métaphore maousse d’un pays aussi pourri que les fondations mal foutues. Deux ans avant le professeur iranien, voici donc le plombier russe, moins connu dans l’Hexagone que son confère polonais, davantage dostoïevskien, le titre sarcastique en héritage d’outrages. Hier ou aujourd’hui, en Russie, l’honnêteté ne rapporte rien, hormis, à l’ultime plan, caméra en plongée, se faire tabasser à terre, par la foule déchaînée, évacuée, répit provisoire, catastrophe cachée. Autant altruiste, héroïque, imbécile, que le prince christique, son illustre prédécesseur, Dimitri se voit ainsi récompensé de façon salée par ceux qu’il venait sauver, merci au messie alarmiste qui nous emmerde depuis le début de la nuit. Le...