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Affichage des articles associés au libellé Alain Robbe-Grillet

Éloge des femmes mortes

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  Exils # 158 (20/01/2026) Pour Patrick Laura Palmer, Laura de Preminger, l’ aura de Marker. L’Orphée figé de La Jetée (Marker, 1962), poursuivant le passé, souvenir à venir, in extremis descendu, divisé. En anglais, filmer (ou photographier) et flinguer se disent to shoot . En français, on dit tirer le portrait, mais en France, on utilise le fusil photographique de Marey. Femme de falaise ou bancal « Batman », les suicidaires d’hier se visionnent en vidéo, la torche humaine se relève, prend leur relève. Les conflits s’avèrent en vérité peu « présentables », en fait irreprésentables, il n’existe de films « olfactifs », la guerre en images se réduit à des images de guerre, devient une guerre des images, une mise en scène de l’obscène, à Iwo Jima, Clint ne le contredit ( Lettres d’Iwo Jima , Eastwood, 2006), à Kiev & Gaza. « Tu n’as rien vu à Okinawa, tu ne vois que dalle à Marienbad » pourrait-on répliquer, Resnais au carré, sous le...

Les Gens de Mogador

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  Dur à cuire ? Pas dur à (d)écrire… Orpheline « émotive », « forêt enchantée », prince charmant au rêve « inconvenant » : davantage qu’au roman noir à la Dashiell, on songe à l’homonyme de Radcliffe, d’ailleurs mis en abyme en sourdine et mode moqueur. Si la juvénile Janine, pensionnaire émancipée, rapatriée, d’établissement forcément suisse, de dévergondage ou de subversion hexagonales, aucun risque, vive la neutralité rémunérée, souffre d’une forme de funèbre bovarysme, puisque lectrice avouée, assumée, d’ouvrages « tendancieux », mon Dieu, occultisme de gros sous, de filous, notre Nestor donc croque-mort connaît ses classiques et méconnaît le « nouveau-roman » du temps, réduit à une occupation à la con dépourvue de ponctuation, passons (la gomme m’ordonne Robbe-Grillet, olé). Le détective s’avère aussi, en catimini, cinéphile, c’est-à-dire au courant des alcoolisés agissements d’Orson Welles & Alexandre Astruc, t...

Casino : No Limit

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  Un métrage, une image : Et Dieu… créa la femme (1956) Trintignant, acte II : dans Trans-Europ-Express (Robbe-Grillet, 1967), il étranglait, obsédé, Marie-France Pisier ; onze ans plus tôt, Bardot mettait le jeunot KO , comme Curd (Jürgens) & Christian (Marquand), le public et le politique, le populaire et l’universitaire, Barhes, pas à Saint-Barth, s’en empare dare-dare. À vite voir cela, une persona déjà là, ludique et pudique nudité acidulée, danse exotique d’éden sudiste, chienchien + lapin taquin de SPA, on peut se demander pourquoi. Fallait-il que la France, ne parlons pas du puritanisme américain, hein, se sente corsetée, surtout au sein du ciné, de sa sexualité, pour réserver pareil accueil au véhicule minuscule de Madame Vadim, lui-même d’ailleurs mari délaissé au profit de Jean-Louis, vie imitant l’art et tutti quanti. Épaulé par le régulier Raoul Lévy, La Vérité (1960) de Clouzot il produisit aussi, conforté par le fric de la Columbia, Cin...

Un petit jeu sans conséquence

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  Un métrage, une image : Trans-Europ-Express (1967) En 2011, on retrouve le cadavre de Marie-France Pisier dans une piscine à la Brian Jones & Jacques Deray ( La Piscine , 1969). En 1966, l’actrice aristocratique de bientôt Baisers volés (Truffaut, 1968), Le Fantôme de la liberté (Buñuel, 1974), Les Sœurs Brontë (Téchiné, 1979), Le Prix du danger (Boisset, 1982), L’As des as (Oury, idem ), Parking (Demy, 1985), L’Œuvre au noir (Delvaux, 1988), La Note bleue (Żuławski, 1991) ou Le Temps retrouvé (Ruiz, 1999), dénudée/déguisée en prostituée au prénom à la Losey ( Eva , 1962), succombe à la strangulation du viol-ent client, tué au tournant, Trintignant. Toutefois ce funeste SM de maternelle, Maîtresse Catherine en prime, semble fadasse face à l’attirail médical ligotant au lit une Geneviève Bujold aux prises consenties avec Jeremy (Irons, Faux-semblants , Cronenberg, 1988). Pourtant, l’épilogue pendant, elle ressuscite in extremis , souriante Eurydice, enlacée p...

Kaléidoscope (sans Hitchcock) II

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  Six années de ciné recensées sur FB… À propos de Nice (Jean Vigo, 1930) Accompagné de Kaufman, Vigo invente le point de vue vertical des séries US urbaines (ou du générique de Candyman en mode Nicolas de Staël), présage les pantins de casino à la Demy. L’eau des vagues devient un motif rythmique repris par les arroseurs de municipalité, les garçons de café. En montage alterné, on s’active pour le carnaval, à l’opposé de palmiers immobiles, pénis naturels dont prendre soin. Les luxueux hôtels basculent dans l’ivresse des axes, la promenade embourgeoisée, malgré sa mendiante, défile en travelling ou prise en plongée. Un avion puis des bateaux sur l’eau, un match de tennis , une pétanque de prolos, des autos : vive, placide, la ville se donne en spectacle, à l’instar de la (bonne) société immortalisée, déshabillée. Anges = requins alors Vigo cadre des crocos, des ruelles presque napolitaines. Le soleil incinère, des mecs jouent avec leurs mains, on danse (en contre-plongée, ...