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Affichage des articles associés au libellé Luc Besson

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

Drôle de Tram

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  Exils # 76 (28/01/2025) Défense d’Enfers, embarcation à la Charon : chez Hadès on ne baise, si tu forniques tu te fais fissa refroidir, cf. la justice expéditive réservée au toubib abuseur, à ses « salope » de cloporte. De la petite mort à la grande, il suffit dans le métro de descendre, de monter dans une tour, de troquer le béton qui trop « rend marteau » contre une campagne sépulcrale. Se mettre au vert sent le sapin, personne n’échappe au Destin, y compris un pékin kafkaïen, doté d’un cran d’arrêt à donner de « drôles d’idées », alourdi d’une hitchcockienne culpabilité d’altérité. Le chômeur en quête de contact patraque se demande s’il planta le comptable, un suicidaire l’en assure, l’héritière altière au cabriolet corbillard venge en définitive son père. Avant de se retrouver à faire du tir au pigeon sur le pont de Brion, de naviguer sur les gorges de l’Ébron, Alphonse croise un flic en train d’emménager, porté sur la conserve de cassoulet, la vio...

La Défaite de la pensée

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  « Évolution » ? Évaluation. Magritte ? Ma trique...   Fi de la difficile philosophie, du plébiscite surprise du narratif, à défaut de festif, Le Monde de Sophie , en sus de tous vos soucis, ennuis, maladies : voici l’ami des fourmis dans les pas de Paulo Coelho illico . Le Livre du Voyage , en vérité subjective digne d’être réintitulé Le Vide du viandage , (r)appelle à l’impitoyable parallèle : d’un côté l’admirable montagne de Ainsi parlait Zarathoustra , de l’autre la colline collective de L’Alchimiste , itou best-seller de naguère. Le bréviaire scolaire de Werber s’inscrit au sein malsain de ces ersatz de masse et d’impasse, dont la dimension de sagesse existentielle ne dépasse les concons conseils d’un pensum de développement personnel. Si le tracé du lecteur mis en abyme, qui ne souhaite surtout pas susciter sa déprime, déconseillé pour les ventes, tu penses, ou plutôt tu t’en abstiens, moyen de rester serein, évoque le CV en accéléré, un br...

Le Banni

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  Un métrage, une image : Highlander (1986) Des épées, des décapités, des empalements, dorsaux, style sodo, en ville ventraux, des décharges d’énergie, comme des orgasmes de folie, d’épiphanie : la madeleine mulcahyenne ravit les psys, met en image d’ironique hommage une masculinité très tourmentée, de surcroît incapable de se reproduire, seulement condamnée à s’auto-détruire, avide de viol gardé secret ou portée sur l’adoption de petite rescapée, orpheline enfant maintenant magnanime maman. La tête posée, pas encore tranchée, en pietà sur les genoux de la pas si égoïste Brenda, spécialiste métallurgiste et légiste toutefois tournée vers la vie, l’acceptation de l’impossible, des identités graphiques multiples, à quoi songe Conrad/Connor, sinon à l’Écosse, au clan des McLeod, à la chère, éphémère, Heather, à l’incontournable, increvable, décourageant Kurgan, némésis complice, dialoguiste d’église, en écho aux Inco ( rruptibles , De Palma, 1987), qui utilise le pseudonyme...

He Walked by Night

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  Un métrage, une image : He Never Died (2016) Il faut faire fi de sa forme téléfilmée, écarter ses carences d’écriture, afin d’apprécier, à sa modeste mesure, cette moderne relecture du destin de Caïn. Inédit en salles, disponible en ligne, l’ opus obscur portraiture un Melancholy Man , reprenons donc le titre explicite des Moody Blues, posé sur la bande-son, utilisé en situation. La mélancolie mutique, autarcique, du protagoniste in extremis colérique, car voici une très vieille connaissance, un vieil homme qu’il vaut mieux éviter de voir, semble aussi caractériser son interprète, à savoir le polyvalent, voire « intimidant », Henry Rollins, qui commit de multiples caméos au ciné, à la TV, par exemple chez Lynch & Sia ( Lost Highway , 1997, Music , 2021), s’illustra surtout au sein de Rollins Band, parmi lequel il incarna, à l’occasion d’un clip à succès, par le spécialiste Corbijn ( Control , 2007 ou The American , 2010) dirigé, remarquable et remarq...

Ma petite entreprise

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  Mouron de Pathé Gaumont, devancier d’UGC… Passée inaperçue du public post -pandémique, l’ouverture du capital du groupe CGR Cinémas, comprendre sa « mise en vente de l’ensemble », se voit dotée d’un dossier d’actualité, dénué de la moindre malice, paru parmi la revue professionnelle Boxoffice , dont la une, reproduisant l’affiche de Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Raimi, 2022), suscite aussitôt un titre alternatif, dédié à l’étude de l’étrangeté des multiplexes, de leur folie (pas si) inoffensive. À lire l’entretien du DG serein Bouyssy Jocelyn , tout va très bien, marquise, en dépit d’une « crise » qui s’éternise, d’un écosystème français en train de se métamorphoser, à la vitesse grand V, cf. illico l’édito. De La Rochelle à La Ciotat, d’aujourd’hui à autrefois, le succès, insolent ou stimulant, ne s’arrête pas là, se diversifie fissa. De père en fils, sous l’égide d’un ex -« opérateur projectionniste », on s’occupe donc de restaur...

Avatar

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  Deux métrages, deux images : Le Clone (1998) + Voyance et Manigance (2001) Ces comédies chorales et sentimentales, à insuccès assuré, possèdent plusieurs points communs : TF1 les produit, on y retrouve Dieudonné, avatar puis voyant, Zinedine Soualem, excité, licencié, les Hazanavicius, Michel & Serge, frérots en duo, le second interprète, le premier co-écrit. Conversi éclaira du Kurys, Un Indien dans la ville (Palud, 1994), Pédale douce (Aghion, 1996) ; Fourniols assista Mocky ( Noir comme le souvenir , 1995), Bourdon & Campan ( Le Pari , 1997). La paire ni prolifique ni prospère de réalisateurs très mineurs s’appuie sur la direction de la photographie de Bruno de Keyzer, collaborateur régulier de Tavernier, de Gérard de Battista, fidèle partenaire de Jugnot & Miller. Le Clone croise Docteur Jerry et Mister Love (Lewis, 1963) avec Electric Dreams (Barron, 1984), Voyance et Manigance , dédié à Quentin Florence, l’ancienne scénarist...

Une autre histoire : Notre histoire

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  Roulette russe ? Succès Circus… Chansonnette simplette, certes, à la musicalité datée, même si Fanny Ardant défendait ardemment, dans La Femme d’à côté (Truffaut, 1981), la supposée vérité de ses dispensables semblables, assortie aussi d’un clip caractéristique, telle une capsule temporelle, un récit de jadis, qui mérite quelques lignes cinéphiles. Une autre histoire commence comme Le facteur sonne toujours deux fois (Garnett, 1946), trio de bon aloi, vaudeville loin de la ville, station-service au bord du hors service, dont le pompiste dépressif évoque un brin l’épave de Tchao Pantin (Berri, 1983). La jeune et jolie Annie Pujol, cliente au téléphone, en parallèle présentatrice de TV, descendante de pétomane, du Gérard en calebard alors la compagne, incarne une conductrice très lisse, avise le pare-brise, coup de foudre contre coup de pompe, se voit au rétroviseur, surcadrage de la brune et du moustachu inclus, cependant ne regarde en arrière, en direction d...

New York 1997 : Manhattan

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. À revoir en VO New York 1997 (1981), on s’aperçoit qu’il prévoit les « migrants » et le « 11-Septembre », qu’il séduit aussitôt grâce à la constance de son élégance, qu’il s’avère un survival cynique. Tout le monde le croit mort, à tort, cependant l’erreur révèle la vérité du soldat salué, du braqueur de banque à collègue et coincé (façon Subway , Besson, 1985), du messie menacé – Snake Plissken respire à peine, il observe davantage qu’il ne s’active, il suit, menotté, contaminé, la « ligne orange » du programme imposé, le compte à rebours sans détour. Dante possédait un guide dénommé Béatrice ; le mercenaire en sursis marche à côté de Maggie. «  A Debra Hill production », Escape from New York limite la bien-aimée Adrienne Barbeau à un rôle mutique, au décolleté certes éloquent, surtout après le valeureux véhicule de Fog (1980). Toutefois l’actrice...

Scènes de la vie conjugale

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  Un métrage, une image : Elle court, elle court, la banlieue (1973) Il faut beaucoup aimer l’aimable Marthe Keller afin de s’infliger ce film infime... Avant de servir la soupe d’entourloupe, plutôt la bouillabaisse bien épaisse, au sinistre Besson, avec Taxi (1998), pardi, Gérard Pirès bossa quatre fois en compagnie de Nicole de Buron. Après Erotissimo (1968), avec une Annie Girardot au boulot sur sa libido , précédant de deux ans le joyeux Attention les yeux   ! (1975), avec un Claude Brasseur de Stendhal lecteur métamorphosé en pornographe amateur, Elle court, elle court, la banlieue (1973) transpose un opus de la spécialiste en urbanisme Brigitte Gros et s’inscrit ainsi au creux d’un sillage disons sociologique. À la suite de la sexualité médiatisée, à côté du sexe filmé, Pirès prie le spectateur de s’intéresser à l’insanité quotidienne, guère sereine, d’un couple de banlieusards à la fois en avance, sur sa déchéance, et en retard, à la gare, au plumard, le s...

Invasion Los Angeles : Studio 54

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  Ils vivent et vous crevez, leurs semblables (se) divertissent et les vôtres périssent…   Un individualiste nihiliste, John Nada ? Plutôt un type qui ne possède rien, à part des outils et des valeurs, pas seulement de travailleur. Un artiste anticapitaliste, John Carpenter ? Davantage un citoyen américain, écœuré par le caractère «  unrestrained  » du libéralisme reaganien. Invasion Los Angeles (1988) (entre)croise ainsi les colères et les cartographies de Ken Loach & Marco Ferreri, dialogue à distance avec Conte de la folie ordinaire (1981) et Bread and Roses (2000), pareils portraits, associés, dissociés, entre luttes et tumultes, d’une ville à la dérive, en partie paupérisée, exploitée, par conséquent dépourvue de sa patine pasteurisée, ripolinée, au ciné, à la TV. Placé sous le double signe du dessillement, de l’épuisement, l’ opus comporte en plus un prêcheur aveugle, comme si la lucidité, en définitive, appartenait aux non-voyants très cla...

Sauvez Willy

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  Un métrage, une image : Paï, l’élue d’un peuple nouveau (2002) Huit ans après le déjà surfait L’Âme des guerriers (Tamahori, 1994), Cliff Curtis en point commun, revoici les Maoris, certes ceux de ciné, toujours de mélodrame familial, mais désormais en mode maritime. Ce téléfilm au féminisme soft , au tourisme ad hoc , à l’œcuménisme en toc, se vit urbi et orbi récompensé, adoubé par les sbires de Disney, studio cynique qui récemment salaria sa scénariste/réalisatrice pour le mimétique Mulan (2020). Construit en boucle bouclée d’héroïne hospitalisée, l’accouchement de jumeaux outrancier d’ailleurs barbouillé de ralentis plutôt pourris, le récit semble se soucier de sociologie, voire d’ethnologie, d’opposition œdipienne, de gémissements générationnels, de patriarcat pas sympa, d’exil (f)utile, de légende originelle à base de balèze baleine. En vérité subjective, en réalité pseudo-magique, (dés)enchantée, l’échouage des gros cachalots, au tendre et cruel appel d’une sirè...