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Affichage des articles associés au libellé Lamberto Bava

Démons + Démons 2 : Entropy

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    « Cathédrale » et « caïman », mitan et maintenant… Quand je mourrai j’irai au Paradis C’est en Enfer que j’ai passé ma vie Daniel Darc Cinéma méta ? Cela va de soi. Satire de la TV ? Pourquoi pas ou en effet. Ce diptyque sympathique cependant à ceci ne se limite. Bava se souvient de son puissant et pionnier papa ( Le Masque du démon , 1960), il rencontre le Cronenberg de Frissons (1975) et Vidéodrome (1983), il délivre deux survivals juvéniles, dont la surface à fond superficielle reflète celle, darwinienne, synthétique, ludique, cynique, de la décennie. Les films fonctionnent à la symétrie, dialoguent à distance, se citent, se corrigent. Le premier volet verse in extremis vers la dystopie, s’achève via un cadavre de nuit ; le second se termine sur une femme transformée en mère et son homme à l’aube, comme en clin d’œil à la coda ouverte de Zombie (Romero, 1978), hélico illico . Au-delà de divertissements d’antan, co-écrits...

Messiah of Evil : Kiss Tomorrow Goodbye

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  Ulysse & Télémaque ? Eurydice en Amérique… Un mec court, une porte apparaît, une piscine scintille, la fille l’assassine : après un prologue inspirant et inspiré, nocturne et coloré, la suite ne démérite. Item littéraire et d’atmosphère, film cinéphile tout sauf futile, opus poétique et politique, Messiah of Evil (William Huyck & Gloria Katz, 1973) associe deux récits, retravaille Lovecraft, s’approprie Shakespeare, se souvient de L’Invasion des profanateurs de sépultures (Siegel, 1956) et cite Sueurs froides (Hitchcock, 1958), développe et démultiplie la subjectivité tourmentée de Carnival of Souls (Harvey, 1962), s’inscrit au sein du sillage insensé de Shock Corridor (Fuller, 1963) et Sœurs de sang (De Palma, 1972), repeint Pierrot le Fou (Godard, 1965) puis prépeint Suspiria (Argento, 1977), verrière vénère brisée en sus, présage Zombie (Romero, 1978), devine Démons (Bava, 1985), revisite le western et remont(r)e le mélodrame paternel. Fiss...

Blastfighter : La Chasse

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Jake et son faon, Jake et son enfant, Jake en ermite et en mécanique…          Bien sûr, Blastfighter (Lamberto Bava, 1984) adresse des clins d’œil aux Chasses du comte Zaroff (Irving Pichel & Ernest B. Schoedsack, 1932), à Délivrance (John Boorman, 1972), à Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978), à Rambo (Ted Kotcheff, 1982), au contemporain Razorback (Russel Mulcahy), mais il résonne surtout, certes à sa modeste mesure, avec Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), possible titre suppléant, puisque son argument, de passé point ne passant, repose à la fois sur le refus de la violence et l’accomplissement de la vengeance. Le générique de fin précise que les images de souffrance animale proviennent d’archives, exit le côté documentaire de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980), donc, cependant ce métrage de traque générale, de gibier à deux pieds, capable de parler, pleurer, constitue à sa manière un tract contre l’...

Chiens enragés : La Course à la mort de l’an 2000

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Bava vous convie à une virée virale, assis(e) à la « place du mort », bien sûr… À côté de Chiens enragés (1974), La Baie sanglante (1971) ressemble presque à un divertissement statique. Leçon de tension, de réalisation, de direction, d’acteurs et de spectateurs, Cani arrabbiati relie Guet-apens (Sam Peckinpah, 1972) et La Proie de l’autostop (Pasquale Festa Campanile, 1977), autant qu’il relit Le Fanfaron (1962) de Dino Risi. Cette fois-ci, la course folle et funeste ne se situe plus dans l’Italie économique « miraculée » des années 60, mais dans celle « à main armée » de la décennie suivante. Comme les voleurs en viennent à croiser la route de leur conducteur, au sens littéral de l’expression, la misanthropie sous-jacente du cinéaste rencontre le terrorisme politique de l’époque, s’y déploie en huis clos d’habitacle auto. Tout se termine par un massacre guère magnanime, par un renversement de (situation) survivant, dévoilé dérobeur d’enfant...

La Maison de la terreur : My Wonder Women

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Du défi à la folie, du « subconscient » à « l’hystérie »… Revoilà Valeria en jupe jaune pour huis clos de giallo. Elle succombe au cutter , elle meurt la première, elle sourit, elle irradie. Et Mademoiselle Cavalli, saisie dans l’éclat de sa juvénile beauté, s’autorise, magnanime, la laideur hitchcockienne d’une agonie, revoyez Frenzy (1972), ses lèvres, évidemment rouge sang, déformées par la souffrance, plaquées contre un grillage d’outrage. Ici, au sein de cette villa louée, avec piscine, trop tranquille, malgré un jardinier qui mate, découpe des titres de faits divers, on trépasse salement, on décède en série, puisque la musique de films ne saurait certes adoucir les meurtres. La seconde victime, au prénom angélique, se lave les cheveux dans la salle de bains à la suite d’un plongeon de saison. Hélas, l’assassin se tient dans la glace embuée, lui transperce la main et l’étouffe sous un sac plastique. L’emballage de tabassage s’ensanglante, le pauvre v...

La Ruée vers l’or : Demain le cinéma

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Pépites qui périclitent ? Avenir d’un empire, d’une illusion de saison.   À la mémoire de Liliane Montevecchi (1932-2018) Le ciné sauve et désole. Survivant centenaire, il persiste et piétine. Naguère, il excitait en prélude les maisons de passe ; désormais, le voici consacré au musée. Même si la majeure partie de ce qui se produit aujourd’hui s’apparente à des téléfilms misérables, se décline en supposé spectaculaire paupérisé, relève de l’auteurisme européen subventionné, singe le jeu vidéo davantage lucratif, le cinéma ne périt pas – pas encore. En vérité, ce terme unique désigne une réalité protéiforme. Les films se différencient par leurs imageries, leurs industries, leurs ambitions, leurs réceptions. Et nonobstant, en Occident ou en Orient, ils demeurent, pour résumer, une sorte de divertissement idéologique à visée commerciale et à contenu culturel, au sens allemand du mot. Narratif plutôt que transgressif, conservateur plutôt que novateur, peu porté ...

Paganini Horror : Nero veneziano

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La musique adoucit les meurtres et le Diable organise une danse macabre. Luigi Cozzi le confesse en VO : le slasher l’indiffère, l’horreur le révulse, la science-fiction le fascine. Paganini Horror (1989) confirme tout ceci et s’apprécie par-delà ses oripeaux stéréotypés, séduit par son artisanale singularité. Mine de rien, avec la somme de ses riens, on se retrouve plus près de L’Année dernière à Marienbad (Resnais, 1961) que de Phantom of the Paradise (De Palma, 1974). Après un prologue vénitien évocateur, où une gamine (Giada, ragazza de son papa), ses gammes effectuées sur son instrument, s’en va électrocuter sa maman dans sa baignoire à sabot de salle de bains repeinte profondo rosso, grazie au cher sèche-cheveux, la même villa patricienne abrite d’abord le tournage d’un clip ensanglanté puis une hécatombe sous influence quantique. Un avatar transalpin des Bangles se fait recadrer par une productrice impitoyable, prisant peu leur manque d’originalité, de potent...

Delirium : Sabrina

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Petite et grande mort autour de la grandiose et morose Serena Grandi. Les Yeux de Laura Mars (Kershner, 1978) meets Caligula (Brass & Guccione, 1979) : la charmante, célibataire, propriétaire-héritière d’un « magazine de charme », euphémisme de jadis, avant la massification des masturbations en ligne, affronte son propre frère un peu trop épris, surtout de ses formes opulentes. Le vrai-faux crevé sur escalator finira terrassé au niveau des testicules, au bord de la piscine nocturne, par un malin voisin voyeur et harceleur, accessoirement agresseur de rêve/cauchemar muni d’une lampe torche molto phallique, lui-même cloué sur un fauteuil roulant à la James Stewart ( Fenêtre sur cour , Hitchcock, 1954), à cause du choc psychologique, traumatique, d’un accident de voiture où décéda sa bien-aimée, vous suivez ? On pardonnerait presque sa marotte au petit (saligaud) Tony, puisque la généreuse Serena Grandi, enceinte selon Joe D’Amato ( Anthropophagous , 1...