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Affichage des articles associés au libellé Wim Wenders

La Fin du film

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  Exils 11 (15/12/2023)   Ouvreuse deviendrait en anglais usherette  ; chut se change en hush  (Robert Aldrich opine ; Bette Davis rempile, cf. Chut... chut, chère Charlotte , 1964). Sis ainsi sous le signe du silence, sinon du secret, d’une vie secrète et d’une blondeur éclairée, Josephine Hopper, modèle, muse, épouse, peintre, alors à mettre en parallèle avec Marianne Faithfull ( A Secret Life , morceaux mis en musique par Angelo Badalamenti), le beau tableau du sage Edward ne figure plus cet « effondrement central de l’âme » dont Antonin Artaud se plaignait auprès du correspondant Jacques Rivière en 1924, qu’auparavant Poe donna à lire, à ressentir, au propre et au figuré, architecture d’usure, impure, promise à la fatale fissure, dans La Chute de la maison Usher , cimetière domestique puis aquatique à l’ironique patronyme en rime, parue en 1839. Au siècle suivant, à l’orée d’une année elle-même maudite, placée sous le sceau d’une destruction de ma...

Police fédérale Los Angeles : Vivre et laisser mourir

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  Malchance de Chance, triche de Vukovich… French Connection (1971) s’achevait sur une détonation ; Police fédérale Los Angeles (1985) débute idem , en parallèle à un plan rouge sang, sur fond de flamme infernale, annonce ésotérique de la conclusion, de la suite. Le jour se lève en accéléré sur l’enfer californien, ses palmiers frissonnent, cernés selon son smog . Le générique affiche la clinquante couleur du masculin malheur, un tableau sinistre, de (d’auto)portrait dépressif, surgit puis disparaît, remplacé par une série d’images topographiques, géométriques, diagonale de train de fret sonorisé, panoramique horizontal de casse esseulée, du titre explicite en forme d’aphorisme surmontée, remarquez l’éclat écarlate, entre arbre et impact de balle. Vivre et mourir à L.A. ? Bien sûr, mais aussi et surtout s’y activer, s’y croiser, y faire des affaires friquées. Friedkin filme de billets un brassage à la Scarface (Brian De Palma, 1983), d’argent et des gens une circ...

New York 1997 : Manhattan

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. À revoir en VO New York 1997 (1981), on s’aperçoit qu’il prévoit les « migrants » et le « 11-Septembre », qu’il séduit aussitôt grâce à la constance de son élégance, qu’il s’avère un survival cynique. Tout le monde le croit mort, à tort, cependant l’erreur révèle la vérité du soldat salué, du braqueur de banque à collègue et coincé (façon Subway , Besson, 1985), du messie menacé – Snake Plissken respire à peine, il observe davantage qu’il ne s’active, il suit, menotté, contaminé, la « ligne orange » du programme imposé, le compte à rebours sans détour. Dante possédait un guide dénommé Béatrice ; le mercenaire en sursis marche à côté de Maggie. «  A Debra Hill production », Escape from New York limite la bien-aimée Adrienne Barbeau à un rôle mutique, au décolleté certes éloquent, surtout après le valeureux véhicule de Fog (1980). Toutefois l’actrice...

Mundial ’78 : Don’t Cry for Me Argentina

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    « Droit au but », au cœur de l’amical tumulte… Seul Astor Piazzolla pouvait oser puis réussir cela, à savoir revisiter la musique dite programmatique, spécialité classée classique, remember par exemple La Mer selon Debussy ou Une symphonie alpestre du nietzschéen Strauss et tisser du tango les multiples émotions à celles du « ballon rond ». En 1978, l’Argentine accueille et récolte la Coupe du monde, alors sous la coupe du général Videla, qui d’ailleurs conviera notre compositeur à un repas,   via une invitation évidemment inconvenante à évacuer. Que l’on apprécie ou pas ce sport de manière morale, à la conquis Camus, il demeure donc le thème principal d’un album musical assez magistral. En huit titres explicites, étendus durant une trentaine de minutes, l’auteur majeur transcende son matériau à l’unisson de la transformation du « nouveau tango ». Installé en Italie, escorté par le Conjunto Electrónico, formation à la dénominatio...

L’Adorable Voisine : Deux yeux maléfiques

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  L’épouse et le pussy … Quine, quoi, revisite Vertigo (Hitchcock, 1958), il le retravaille illico  : même couple, même décor, fable de fascination féminine, une fois encore. Dans Sueurs froides , la déjà féline Kim quittait un hôtel, on se demande comment ; dans L’Adorable Voisine (1958), le fantastique s’affirme, car elle incarne une sorcière sentimentale, aussi éprise d’humanité, par conséquent de mortalité, que les anges en errance de Wim Wenders ( Les Ailes du désir , 1987). À Noël, à domicile, sa magie blanche s’exprime. Plus de dédoublement machiavélique, ni de nudité d’une noyée suggérée, juste l’érotisme discret d’une robe noire, du soir, ouverte en V, sur le dos d’albâtre de Mademoiselle Novak. Magnifiée par un objectif énamouré, peu objectif, celui de son compagnon d’alors, l’actrice captivante appelle son propre chat, nous considère en regard caméra. Le mariage de Jimmy Stewart, grisonnant, sirotant, papotant, s’étranglant, elle s’en fout, elle caresse so...

La Femme-objet : Le Jouet

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  R2-D2 rend heureux ? Bien mieux à deux… Romancier de SF, obsédé par le sexe, Nicolas n’en finit pas, de taper à la machine son passé de machine(s), confession off , autobiographique, alcoolique, tabagique. On trouvait auparavant, dans Le Sexe qui parle (Frédéric Lansac, 1975), le pantin transalpin : revoici Pinocchio, cette fois-ci en filigrane du scénario, flanqué de Frankenstein, sa créature, accompagné de Pygmalion & Galatée. Galactique, la robotique Kim, ainsi prénommée en souvenir de ciné, amitiés à Mademoiselle Novak ? Plutôt mutique, « charmante mais pas causante », comme le remarque la maîtresse exaspérée, je ramasse mes affaires, je m’en vais. « Mieux qu’une poupée gonflable », en effet, la partenaire trop parfaite, a priori idéale, en réalité fatale, sa bouche rouge utilise à d’autres tâches, de sa langue nettoie la tache, de sperme, déposée sur la peau, d’ébène. Car le Nico, marri de sa surprenante autonomie, lui substitue, au...

Crocodile Dundee : Subway

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Avoir ou prendre un ticket , dans la « Grosse Pomme » ou à Sydney… Titre anecdotique, néanmoins sympathique, voire l’inverse, Crocodile Dundee (Peter Faiman, 1986) possède une ( happy ) ending digne d’être souvenue, saluée. Non seulement celle-ci relit/revisite et renverse les retrouvailles/funérailles du tandem myth(olog)ique d’Eurydice & Orphée, dix mille fois mieux que l’imbuvable Monsieur Luc Besson, publicitaire pour la RATP à néons très cons, mais elle constitue de surcroît une modeste, mémorable leçon de cinéma. Cette séquence repose sur un double suspense , puisque le spectateur craint pour la course, redoute la rame. Après un petit papotage entre le portier (de jour) et Mick parti « randonner » (« walkabout », clin d’œil inconscient, quoique, au film homonyme de Nicolas Roeg, autre conte sur la rencontre des cultures, sorti en 1971), surgit Susie, élégante, impatiente, détentrice du gros couteau à la Rambo, symbole phallique (et co...

Détour : Doom

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Indy et son Temple of Doom  ; Al et son Euménide guère magnanime… À côté de Détour (Edgar G. Ulmer, 1945), Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946) confine à la comédie ; face au damné Tom Neal, John Garfield se déguise en gagnant et comparée à la bien nommée Ann Savage, Lana Turner se métamorphose en bonne sœur. Un « film noir » ? Une « femme fatale » ? Je me gausse des genres, je me fous des figures : Détour décrit un enfer miniature, dont la radicalité ne laisse pas de séduire ni de sidérer. Au sortir de la guerre, on devrait, victorieux, s’égayer, se divertir, « boire un verre », « manger un morceau », écouter une chanteuse heureuse au cabaret du coin, hein, de surcroît papoter avec le premier venu, supporter qu’il choisisse sur la machine du resto ce morceau, aussi maudit que la rengaine autant mémorielle de Casablanca (Michael Curtiz, 1942). Pour vous dévoyer du chemin de votre choix, vou...

Dantza : Brigadoon

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Danser sa vie, enchanté ? Dénombrer les minutes immobiles, désenchanté. À la chère Shula, tu te reconnaîtras. Dantza (Telmo Esnal, 2018) se voudrait mythique mais se réduit à de l’anecdotique et, peut-être pire, à de l’autarcique. Ce projet assez sauvage, devenu produit trop sage, cherche à séduire via ses paysages, voire ses visages, n’y parvient jamais, dommage. On doit Dantza à un ancien assistant d’Álex de la Iglesia, par exemple sur Le Crime farpait (2004) ou Mes chers voisins (2000). Toutefois, en dépit du sardonique pedigree , Dantza souffre aussi de son manque d’humour, de son esprit de sérieux, de son déroulement laborieux, en partie calqué sur le cycle des saisons, allons bon. Plus aéré que le claustro Beyond Flamenco (2016) du compatriote Carlos Saura, moins songeur que le pictural Rêves (1990) d’Akira Kurosawa, cédant la 3D au piteux Pina (2011) de Wim Wenders, trois influences assumées du cinéaste ex -danseur, Dantza ressemble ainsi à une commande a...

Retour à Montauk : Ghost

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Volker Schlöndorff. Si ce téléfilm minable, interminable, croit représenter la « culture européenne », Bruxelles peut se faire du souci et la cinéphilie aussi. Démonstration assez sidérante de cinéma petit-bourgeois, censé s’intéresser au triste sort des esseulés, des paupérisés, par exemple attachée de presse dépanneuse-menteuse + partenaire-publicitaire solitaire, Retour à Montauk (2017) repose sur un argument affligeant, constitue un sommet de ciné inanimé. Les plus épris de parallélisme pourront rapprocher Schlöndorff de Wenders, se préoccuper d’analyser comment un réalisateur allemand perçoit une partie des États-Unis, métropolitaine, maritime, apprécier peut-être la petite pique envers l’irréalisme sucré des métrages du joli-poli Woody. Les plus sentimentaux s’émouvront du triangle à la con, de sa nostalgie rassie, surtout après Tarkovski, des bonheurs/malheurs de leurs confortables cœurs. Les p...

Le Secret du rapport Quiller : Berlin is in Germany

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Du nouveau à l’Ouest ? Un parfum féminin, hitlérien… Résister à Senta Berger  ? Mission impossible, espions ou point, qui ne se souvient de la muse de Major Dundee (Peckinpah, 1965), L’Ombre d’un géant (Shavelson, 1966), Diaboliquement vôtre (Duvivier, 1967), L’Homme sans mémoire (Tessari, 1974), Croix de fer (Peckinpah, 1977) ou de Double Jeu à la TV ? En 1966, la belle et talentueuse actrice autrichienne enseigne en RFA, soleil noir éclairé avec une douceur ouatée, de mirage magnifié, par Erwin Hillier, familier d’Anderson, des Archers. Tandis que Pinter adapte Hall traduit par Labro, orée de son héros, Barry , entre deux Bond et La Poursuite impitoyable (Penn, 1966), compose/décline une valse mélancolique, presque à la Derrick . Que dissimule Le Secret du rapport Quiller  ? Une sorte d’absurdité généralisée, estivale, qui déjoue les expectatives du spectateur, qui ne comporte aucun killer . 007 peut se démettre, George Segal, guest US souriant, r...