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Affichage des articles associés au libellé Siegfried Kracauer

Giorgino

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  Orwell à la truelle ? La Bête et la Belle… Le machinisme et le sentimentalisme de Metropolis (Lang, 1927) se devaient de séduire Giorgio Moroder, musicien cinéphile, producteur à succès, un temps résident allemand, comme d’ailleurs Donna Summer, itou auteur d’accompagnements appréciables à destination de Midnight Express (Parker, 1978), La Féline (Schrader, 1982), Flashdance (Lyne, 1983), Scarface (De Palma, idem ), Electric Dreams (Barron, 1984), Over the Top (Golan, 1987) ou Fair Game (Orfini, 1988). Sa version pas à la con, « presented with a contemporary score, sound effects and colour », « re-construit et adapte » un métrage, ne l’endommage, lui rend hommage, rendit vénère les auto-proclamés experts et autres fiers thuriféraires. Droits acquis, surenchéris sur Bowie, tant mieux, tant pis, le natif d’Ortisei co-signe avec le parolier Pete Bellotte les intertitres et les sous-titres, accélère la cadence, donc le défilement, remercie aussi ...

La Tête d’un homme : Maigret voit rouge

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Julien Duvivier. En découvrant la version restaurée de La Tête d’un homme (1933) de Julien Duvivier, on ne peut pas ne pas (re)penser à l’expressionnisme allemand, pardon du pléonasme, surtout au trio mytho-socio du Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), Loulou (Pabst, 1929) et M le maudit (Lang, 1931). Doté d’un intitulé à double sens – la tête à guillotiner, la tête de l’intériorité –, (re)voici un film de l’enlisement, du ressentiment, à la fois portrait d’une psyché très perturbée, d’une (micro-)société sur le point de céder, de sombrer. Dans le rôle d’une carrière, au croisement somnambulique et sarcastique de Conrad Veidt & Fernandel (ou Benjamin Biolay, allez), le remarquable et remarqué Valéry Inkijinoff, ensuite recroisé chez Bernard ( Maya , 1949), Fritz ( Le Tigre du Bengale + Le Tombeau hindou , 1959), de Broca ( Les Tribulations d’un Chinois en Chine , 1965) ou Enrico ( Les Aventuriers ,...

Pars vite et reviens tard

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Un métrage, une image : Nosferatu le vampire (1922) Freud affirmait, se flattait, raffolait d’apporter la peste psychanalytique en Amérique. Le comte Orlok se contrefout des Amerloques, il veut juste acquérir la bicoque à côté de la belle Ellen, voir en vrai son cou à (le) rendre fou, déjà fascinant en photo. À bord de l’Empusa, voilier sympa, empesté pourtant, littéralement, notre étrange étranger en exil volontaire emporte sa terre mise en bière et deux ou trois rats, histoire de polluer la ville portuaire, d’y planquer avec délice son vice avide d’hématies. Longtemps avant d’inspirer des suiveurs renommés dénommés Stephen King ( Salem , 1975), Werner Herzog ( Nosferatu, fantôme de la nuit , 1979), Tobe Hooper ( Les Vampires de Salem , idem ), E. Elias Merhige ( L’Ombre du vampire , biopic drolatique-anecdotique de 2000) et Tim Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990), Max Schreck, acteur pas si éphémère, inspire la peur, se tient sur le pont, tient bon, prend la po...

Pleins feux sur l’assassin : Une mise en lumière d’Eugen Schüfftan

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Après Bruce Surtees, mise à l’honneur d’un autre lumineux « prince des ténèbres ». Il faudrait gifler tous ces critiques assermentés pas même fichus de lire et encore moins de comprendre un générique de film. Il faudrait rappeler aux « cinéphiles », cette caste si peu remplie d’iconoclastes, double acception, que n’en déplaise à l’idéologie-stratégie de la Nouvelle Vague, « l’auteur du film » ne s’identifie pas (seulement) au réalisateur, que chaque collaborateur procède du métrage, que ce dernier, disons dans une perspective structuraliste, à tout prendre plus stimulante que l’approche biographique, déjà rassie au temps de Sainte-Beuve analysant l’œuvre de Baudelaire à la lueur de son CV, quel crétin, finit par se réaliser lui-même, sans jeu de mots, quoique, qu’il constitue un organisme (polymorphe), une machine (de guerre), une dialectique collective, un jeu sérieux, un monde en soi ouvert sur le monde « réel », une énigme sensor...

La Maison qui tue : Rien sur Robert

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 « À vendre » ou à céder ? En guise de bail, des funérailles, puis une renaissance.    Pour une fois, le titre français se justifie : que voit-on ici, sinon la mise à mort d’une imagerie ? Bob Bloch s’y colle, scénariste à cinq reprises du studio Amicus, dont le guère florissant Le Jardin des tortures dirigé par Freddie Francis. Les vrais-faux rivaux de la Hammer l’enterrent, débauchent Cushing & Lee, engagent un débutant sur grand écran. Peter Duffell voulait du Schubert, y compris dans l’intitulé, mais Polanski récupérera bien plus tard La Jeune Fille et la Mort pour son propre torture porn politico-mélomane. The House That Dripped Blood, je propose en VF La Maison qui suintait le sang , ne manque pas d’humour macabre et son rythme mortifère convient à une visite de cimetière. On oppose le passé, baptisé Lugosi, au présent démuni, de canines malignes, sorry Sir Lee. On lit beaucoup, on adresse des clins d’œil à des auteur...

L’Ange bleu : Le Bateau d’Émile

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Josef von Sternberg. Marlene Dietrich & Sternberg, bla-bla-bla. Que cela plaise ou pas, on ne va pas parler de ça, on va parler de cinéma, écrire sur le film, laisser à autrui le mythe miteux et la place sous le lit, celle qu’occupe à l’identique le lycéen fétichiste et fantaisiste, voleur de petites culottes à Lola Lola (une femme allemande, affirme Fassbinder), pas encore à Madonna, ni à la danseuse gracieuse, presque homonyme, de Jacques Demy discrètement gay friendly . Que (re)voir dans Der blaue Engel en 2017 et en ligne qui vaille la peine, qui mérite quelques lignes ? En vérité je vous le dis depuis ma subjectivité, tout se joue durant le quart d’heure d’exposition, conclu par un funeste fondu au noir, où le cinéaste revenu des États-Unis puis vite reparti, merci aux nazis, relit Le Cabinet du docteur Caligari et use du son en virtuose. Mate-moi l’architecture de cette masure, avise cet avata...

From Caligari to Hitler: German Cinema in the Age of the Masses : Retour vers le futur

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Rüdiger Suchsland. On redoutait l’illustration scolaire de la thèse discutable et discutée (admirée là) de Siegfried Kracauer. On découvre un équivalent allemand du (sympathique) Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain . Oh, quelques spécialistes apparaissent (dont un New-Yorkais), deux cinéastes (Fatih Akin & Volker Schlöndorff) s’expriment, leurs interventions se limitent néanmoins à des ponctuations. Accompagné de la monteuse Katja Dringenberg, des compositeurs Henrik Albrecht/Michael Hartmann, l’auteur nous propose un parcours subjectif dans une décennie (élargie) précise, cinématographique autant qu’historique. Et l’odyssée au passé prend la forme d’une boucle bouclée, sous le signe de l’asile : Le Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920) en point de départ, Le Testament du docteur Mabuse (Lang, 1933) en point d’arrivée. La République de Weimar, contradi...