Articles

Affichage des articles associés au libellé Paul Bartel

Vain chœur par chaos

Image
  Exils # 110 (21/05/2025) Dommage pour leurs amateurs : on compte davantage de cascades dans un seul épisode de L’Homme qui tombe à pic que dans toutes les quatre-vingt-cinq minutes presque longuettes de L’ É quipée du Cannonball (1981). Cela peut étonner de la part de Needham, ancien stuntman et acteur occasionnel – il kidnappe Hackman pour French Connection 2 (Frankenheimer, 1975), se met ici en abyme comme ambulancier puis (ré)apparaît à l’ultime plan du bêtisier – qui concocta et connut un autre succès motorisé avec Cours après moi shérif (1977), déjà conduit par Reynolds, ensuite aussi transposé à la TV. Cette variation sudiste (Needham naquit à Memphis) des aventures de (Sisyphe) Vil Coyote cède sa place à une course maousse, illégale of course , « cinq mille kilomètres à cent quarante kilomètres/heure », quelle horreur s’écrie la sécurité routière, et Lee Majors, alias Colt Seavers, la sienne à la (très) regrettée Farrah Fawcett, couple séparé sur le ...

Enfer mécanique

Image
  Un métrage, une image : La Course à la mort de l’an 2000 (1975) Plus impersonnelle que Private Parts (1972), voici une dystopie anecdotique et cependant drolatique. Ni Rollerball (Norman Jewison, 1975), ni Mad Max (George Miller, 1979), Death Race 2000 (Paul Bartel, 1975) s’avère vite une comédie noire et satirique, dont la portée politique assumée n’étonnera que ceux qui méconnaissent le supérieur The Intruder (Roger Corman, 1962). Il s’agit donc d’une production de « l’écurie » cormanesque, vocable ad hoc puisque le road movie de vilain avenir carbure à la compétition sur roues, autorisation de tous les coups, surtout les pires, les piétons pointés pouvant rapporter un paquet, jeunes ou âgés, au hasard ou destinés, institués ou sexués. Fable affable sur la fameuse « Frontière » refaite, défaite, le film à succès adresse des clins d’œil à l’Histoire plus ou moins héroïque et aux imageries cinématographiques, via les noms des protagonist...

Lady, Stay Dead : Fish Tank

Image
  « Animal » bancal, obsession en immersion, sœurette circonspecte, motard trop tard. Jeu du chat et de la souris cruel, au carré, transposé en Australie : un jardinier esseulé espionne, viole, étouffe dans un aquarium une chanteuse hargneuse doublée d’une starlette de publicité, ersatz de Sheena ; peu après, il s’en prend à sa sœur au cours d’un survival domestique. Le body count compte itou un voisin, son chien, deux flics en renfort, merde alors. Gordon Mason, moins invalide que le Perry homonyme, ne chôme pas, tel Attila, ni l’herbe ni l’être ne repoussent ensuite, canicide et incendie compris. Le mélodrame, sens étymologique, se déroule dans une villa maritime immaculée, reculée, baptisée d’Este. En début de journée, gros soleil à peine levé, la petite princesse à sévices plonge à poil, au ralenti, vers sa piscine translucide où se débattront plus tard, de nuit, l’agresseur et le policier. La callipyge Deborah Coulls, dotée d’une certaine ress...

Private Parts : Alice n’est plus ici

Image
Meublé, démembré, moralisateur, mystificateur : bienvenue à l’hôtel de Paul Bartel. Avec son premier long métrage produit par Gene Corman pour la MGM, Paul Bartel fait bien mieux que relire Psychose (Hitchcock, 1960) ou Le Voyeur  (Powell, idem ) : il anticipe Carrie au bal du diable (De Palma, 1976) et dialogue avec Gorge Profonde (Damiano, 1972). Si son parfait contemporain connut un succès inespéré, refaçonna en partie la psyché sexuelle US, suffocation de fellation, Private Parts demeura privé, avorté, négligé, on ne peut que le regretter au vu de la qualité de l’ouvrage. PB remplace illico Andrew Davis maintenu en piste au poste de DP ; le futur réalisateur des estimables Sale temps pour un flic , Nico , Le Fugitif , Meurtre parfait , signe une direction de la photographie sachant saisir la douceur et la douleur du drame drolatique. Il faut aussi mentionner la partition jazzy et classy , d’inspiration herrmannienne, de Hugo Friedhofer, proche de ...