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Affichage des articles associés au libellé Statut de la critique

Stalker : Les Randonneurs

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You’ll Never Walk Alone entendait-on dans le Carousel de Henry King – parole évangélique ou mystification à la con ?...  Mais le temps suit son cours et sa pente inflexible A bientôt séparé ce qu’il avait uni, – Et l’homme, sous le fouet d’un pouvoir invisible, S ’ enfonce, triste et seul, dans l ’ espace infini. Fiodor Tiouttchev, poème en français, 1838 Stalker résiste au temps et au spectateur. On le découvrit naguère en VOSTFR à la TV ; on le visionne aujourd’hui en ligne avec des sous-titres anglais + possibilité d’une traduction dite automatique un brin chaotique. Passer deux heures et demie avec Andreï Tarkovski revient à retrouver un vieil ami, un réalisateur de grande valeur, cher à notre cœur et à notre esprit. Film de marche, film de tchatche, film de silence(s), aussi, et surtout de fausse SF, Stalker nous enrôle dans une drôle de zone, aux origines indécises, météorite ou extra-terrestres, hésite un Nobel sur le carton liminaire, certai...

Le Locataire

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Un autoportrait ? Plutôt m’effacer… Je vis au pays du mépris et de Florence Parly. Je vis au royaume d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon. Je vis parmi les films de Luc Besson et de Bruno Dumont. Je vis au milieu d’humanistes et de terroristes. Je vis des jours et des nuits envahis par les flics et les indics, les consommateurs et les commentateurs, les belles âmes et les jeux de dames. Je vis en démocratie semble-t-il et cela devrait suffire à me faire taire, à m’estimer heureux, à me rendre heureux. Je vis au travail, vaille que vaille. Je vis loin de la mitraille et à proximité des funérailles. Je vis dans mes rêves avortés. Je vis dans le décompte du temps minuté. Je vis face à l’écran bruyant, arrogant, navrant, écœurant. Je vis et j’écris en 2017, à cheval sur deux siècles. Je vis sans TV ni voiture. Je vis sans cellulaire et n’en souffre guère. Je vis à côté de livres qui s’empoussièrent, de DVD qui s’empilent. Je vis au contact de disques tus puis ressuscité...

Absolute Beginners : Notes sur le jeune cinéma français

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Une affaire de perception et de point de vue, always et pour l’éternité. 1 La Fémis, une école de (re)production (sociale) peuplée « d’héritiers » à la Bourdieu ? Avec Le Concours , Claire Simon, une ancienne de la maison, semble découvrir l’Amérique. Dans un registre similaire, la pluie, ça mouille et la guerre, ça tue des gens. « Étonnant, non ? » comme ironisait Pierre Desproges. Allez, on évite d’en rire, please . 2 L’article « polémique » de Richard Brody récemment paru dans le New Yorker (une dizaine de paragraphes sans difficulté lexicale particulière, les anglophones s’en apercevront vite ici ) ne brille certes pas ni par son originalité, ni par sa profondeur, moins encore par la qualité de son style. On ne s’appesantira pas non plus sur la réponse -riposte anodine et chauvine d’un Jean-Marc Lalanne dans les colonnes des «  Inrocks  », hebdomadaire pour bobos aux goûts musicaux assez horribles, à la prose ...

L’Infini Détail : Penser sensuellement le cinéma

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Écrire à deux, c’est comme faire l’amour ; écrire à plusieurs, c’est comme participer à une partouze , affirmait à raison Gérard Brach dans Starfix . La solitude ontologique sait parfois s’ouvrir et chérir, reconnaître et transmettre. Du détail et de l’infini réconciliés, animés, naîtra un valeureux combat… Oyez, oyez, pas encore trépassés : il se passe de drôles de choses du côté de l’université de Montpellier. Figurez-vous que des gens jeunes et passionnés y rédigent depuis la rentrée (scolaire, pas universitaire) 2014 – pour information, nous sévissons ici depuis l’été de la même année – une revue de cinéma. Elle s’appelle, inspirée par une citation de Fellini, L’Infini Détail , quasiment un oxymoron, donc, qui évoque pour nous le microscope, la macrophotographie et un célèbre dicton asiatique à propos du diable logé là, à peine visible et cependant obsédant. Nous connûmes le titre via un célèbre réseau social bien peu sociable, et Pauline (Réage ou Rohmer ?...

Les Cinq Premières Minutes

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Compte à rebours inversé, usure des jours, fovéa sans foi ni loi… Incipit en uppercut . Premier plan sidérant. Tout va très vite. L’orgasme à soixante-six secondes des caresses. Le divorce dans le sillage des noces. Des mots mort-nés. Une sublime salope stellaire suçant assidûment la spirale de son désespoir. Le lapin d’Alice à la bourre. Conception de l’écriture mon cul. Pratique et file-moi la trique. Pas du rap et nul ne dérape. Avoir la vie tailladée braillait Aubert à New York. Ivresse de la vitesse. Sensualité de la rapidité. Sur l’autoroute baiser avec l’horizon. Sur Internet du débit à foison. L’existence ne possède aucun sens. L’art non plus. Garde-toi des marchands de significations issus ou non de la religion. Manger du poisson le vendredi. Se voiler en public. Déposer des cailloux sur une tombe. Belle obéissance réconfortante à l’arbitraire risible du dogme. Cortège laïque des rituels originels. Premier visage. Premier miroir. Première gifle. Première maladie. P...

The Game

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Lignes peu malignes mais bénignes… Je n’écris pas pour vous, je n’écris pas pour toi. Je sais pourquoi et pour qui j’écris. Je n’écris pas pour m’amuser, pour occuper mes journées. J’écris depuis deux ans, je n’écrirai bientôt plus. Je n’écris pas en auteur, en critique, en concierge. Je crus possible d’écrire à deux mais on vit, rêve et crève seul, surtout accompagné. J’écris toujours à la première personne du singulier, au propre et au figuré, sans me confondre avec un pronom. Je n’écris pas sur le cinéma mais avec lui. Je n’écris pas à propos de l’actualité mais en elle. Chaque mot de chacune de mes phrases s’apparente à une brique, une balle, une injection, un élan. Je comprends parfaitement et personnellement le peu d’importance accordé à tout cela car je lui en attribue à peine. L’écriture constitue un jeu et une nécessité. Quand on écrit, on se contraint au silence, à l’absence, au retrait dans sa psyché. Le texte-empreinte vous identifie mieux qu’un ADN. Je n’écris pa...

Deux années miroitées

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24 images (par seconde), 24 mois, mille enfantillages et quelques rencontres fondatrices… 364 articles, 228 commentaires, 155 620 pages vues (majoritairement aux États-Unis et en France), 2 ans jour pour jour d’existence « blogueuse » (plus 4 communautés/15 collections G+, une page FB dédiée à la filmographie transalpine, des chaînes YouTube & Soundsgood, un Tumblr, un site monographique bicéphale consacré à David Cronenberg) : en bon littéraire, les chiffres ne nous intéressent guère (sauf ceux du bulletin de salaire, comme tout le monde), mais cet « anniversaire », bien peu nostalgique (ne te retourne pas, Orphée, recommandait Nic Roeg), soufflé (on faillit oublier) par la fidèle lectrice « naturalisée » Suisse, valait au moins un clin d’œil cinéphile au féminin (deux passions spéculaires), avec Debbie (Reynolds, tant pis pour Miss Harry), délicieuse danseuse-chanteuse débarrassée de la pluie de Gene Kelly. Et, surtout (délaissons l...