Articles

Affichage des articles associés au libellé Jean Chapot

Clair de femme : Schneider dead and alive

Image
  Muse soumise, victime ultime ? Actrice active, citoyenne lucide… Mère célèbre, à sympathies nazies, merci Sissi, trois, ça (lui) suffit, (dé)liaisons à répétition, Buchholz, Evans, Ganz, Dutronc, Trintignant, dévotion + abandon = Delon, cassé contrat à la Columbia, fiasco avec (l’infernal) Clouzot, dépression post -épuisement, l’important c’est d’aimer, l’important c’est de se ménager, diverses addictions, avérées ou non, divorce amer, ancien mari suicidaire, vraie fausse couche, césarienne maousse, puis Biasini, épousé, séparé, néphrologie pas jolie, atroce accident de l’adoré adolescent, mort qui interroge encore, sépulture (un peu) profanée, (insipide) biopic de 2018 (beaucoup) alcoolisé : le passage sur Terre de Romy Schneider procède du mélodrame, propice au dolorisme, mais la femme (parfois in)fréquentable, l’actrice Eurydice, pléonasme programme d’art funéraire, il faut s’y faire, méritent mieux que les larmes commerciales de biographies refroidies. Romy, rédu...

L’Homme atlantique : La Voix humaine

Image
  Cet amour-là, à plusieurs voies… À Jacqueline, davantage durassienne que moi-même. Vous découvrez L’Homme atlantique (1981). Vous le découvrez, oui. Vous le visionnez car l’amie qui elle aussi vous vouvoie vous l’adressa. Alors vous écoutez Marguerite Duras. Alors vous regardez Yann Andréa. Duras déclame sa déclaration de désamour. Elle dirige Andréa à distance. Le film affiche sa réalisation jusque dans sa narration. Il comporte peu de plans. Il comporte l’empilement d’une mise en abyme au miroir. Dans la villa vide, la voix s’élève. Dans l’écran d’encre, elle se donne à entendre. Absente et présente, voilà. La cinéaste enregistre une présence et une absence. Un homme parmi des milliards. Une élection ou une introspection. Sa proximité, son altérité. L’image multipliée de sa mort au milieu d’un règne mortel. Le son de l’océan. Le paysage d’une plage. Les mots échafaudent aussitôt un hors-champ. Ils identifient une différenciation dite irréd...

La Voleuse : Le Camion

Image
Son fils, sa bataille, fallait pas qu’elle s’en aille, génitrice de Germanie… Romy & Piccoli ? Il faudra désormais répondre au-delà de Sautet. Avant Les Choses de la vie (1970), Max et les Ferrailleurs (1971), n’omettons pas Mado (1976), La Voleuse (Chapot, 1966) crée le couple. Une dizaine d’années après le succès ensuite détesté de Sissi (Marischka, 1955) et ses suites, Mademoiselle Rosemarie Magdalena Albach remet les pieds en Allemagne, Autrichienne naturalisée hexagonale, qui toujours entretint avec cette nation une relation d’amour/haine, aux origines historiques et biographiques, merci Maman. De ce point de vue, La Voleuse constitue le portrait à charge, en écran large, d’une bourgeoise berlinoise soudain obsédée par son fiston, jadis cédé à des ouvriers atteints de stérilité, par « l’idée » de son existence, par la nécessité irrésistible de le récupérer, le droit situé de son côté, tant pis pour l’opinion publique et celle de son mari, entrep...