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Affichage des articles associés au libellé Ole Bornedal

Il était une fois un meurtre : L’Ami retrouvé

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Voir, ne rien voir, succomber, résister… The air is so heavy and dry Strange voices are saying (What did they say?) Things I can’t understand Bananarama Bien sûr, on ne peut pas ne pas penser à Memories of Murder (Bong, 2003), influence assumée de cinéaste méconnu, au Sang du châtiment (Friedkin, 1987), cf. la fête foraine funèbre, à M le maudit (Lang, 1931), nationalité commune, mais Il était une fois un meurtre (Odar, 2010) ne saurait certes rivaliser avec ces prestigieux prédécesseurs. Il s’agit davantage d’un exercice de style en widescreen , qui frise parfois le luxueux téléfilm, le mélodrame classé sociétal, diffusion du vendredi soir sur chaîne franco-allemande. Titre taciturne dont l’intitulé français, outre adresser un clin d’œil au polar sud-coréen précité, sous-entend adroitement la présence d’un ogre de conte défait, Das letzte Schweigen se termine en effet dans le silence, en zoom avant au carré, boucle bouclée de porte d’immeuble (re)fermée s...

L’Exorcisme de Hannah Grace : Le Bunker de la dernière rafale

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Baballe ou Blondi ?   À la mémoire de Bruno Ganz I’m gonna I’m gonna lose my baby So I always keep a bottle near He said I just think you’re depressed This me yeah baby and the rest Amy Winehouse Le film commence fort, par un infanticide, une séance-séquence d’exorcisme en forme de crève-cœur, où Kirby Johnson, danseuse, gymnaste, se contorsionne en écho à la souple Jennifer Carpenter dans L’Exorcisme d’Emily Rose (Scott Derrickson, 2005), où elle décède, presque, étouffée sous un oreiller citant Esaïe tenu par son papounet, méthode définitive jadis pratiquée par Jean-Hugues Anglade sur Béatrice Dalle ( 37°2 le matin , Jean-Jacques Beineix, 1986) puis Jean-Louis Trintignant sur Emmanuelle Riva ( Amour , Michael Haneke, 2012). Trois hommes âgés debout, une jeune femme allongée, sanglée, le décor de chambre à coucher en clair-obscur pourrait se prêter à un gang bang incestueux, mon Dieu, mais l’on assiste plutôt à une cérémonie secrète, suspecte, s...

Herbert : Le Dernier Combat

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Thomas Stuber. Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu ? Que tout le temps qui passe Ne se rattrape guère Que tout le temps perdu Ne se rattrape plus Barbara Scope et caméra portée, OK . Pas de Rosetta à la sauce Dardenne mais un ex -boxeur amateur d’ ex -Allemagne de l’Est, pas vraiment favorisé par les Soviétiques, plutôt autrefois foutu en taule. Il accomplit ses ablutions puis tabasse un débiteur, gare au videur, gare à la vengeance différée, encapuchonnée. Sous la douche du gymnase, une méchante crampe le terrasse. Ce colosse cassé, atteint d’une variante de la maladie de Parkinson, un salut à Ali, via une VHS, explicitée par Google au cybercafé du coin, va se battre contre le sort de son corps durant une heure quarante. Pas de rédemption à l’horizon, pas de fin heureuse, miraculeuse. J’écrivais en janvier à propos de la permanence du mélodrame, y compris, logiquement, dans ...

Le Veilleur de nuit : Nick’s Movie

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Ne jamais craindre les corps, toujours se méfier du policier…  Cela commence plutôt bien, par un incipit en POV à la Michael Powell (celui du Voyeur , tant pis pour celui des Archers), par un assassinat de prostituée (Jack les éventrait) singeant une morte, quelle sotte, avec couteau de giallo reflété-surcadré dans un miroir, avec cacatoès occis inclus (pale létale de ventilo rigolo à la Apocalypse Now ). Puis plus rien, ou presque, ou si peu. Associé à Steven Soderbergh en scénariste « indigène », chaperonné par les frères Weinstein, Ole Bornedal se remake lui-même et nous emmerde assez vite, tant son film américain se signale par une inhabileté à mêler les tonalités, sinon les « genres » (qui n’existent pas pour moi, en tout cas au cinéma, vous allez finir par le savoir). Le Veilleur de nuit se voudrait au-delà du « film d’horreur » alpha, simple divertissement pour adolescents lobotomisés, vous comprenez, il vise la fable individuelle et...