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Affichage des articles associés au libellé Pieter Van Hees

Les Mutins du Yorik : Les Marins perdus

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Georg Tressler. « Avoir faim, c’est humain. Être sans papiers, c’est inhumain » : trois ans après le surfait Les Demi-sel (1956), Tressler retrouve Horst Buchholz pour une croisière qui ne s’amuse pas, qui peut se résumer par la double réplique supra , dont l’actualité se vérifie aujourd’hui, y compris dans la langue, sous forme de substantif. Sous ses allures de série B soignée, à l’allemande, entre mecs, tant pis pour la juvénile et jolie Elke Sommer, mémorable chez Mario Bava, par deux fois, ici entrevue au début, pieds nus, prénommée Mylène, chef de gare de dernier regard, d’hospitalité, de soleil, se dissimule à peine, en subjective vérité, une fable kafkaïenne sur le fatum . Comme Joseph K., Philip Gale, délesté de son livret de navigateur, d’une poignée de billets, par une prostituée rusée, taciturne, cesse d’exister, de décider, subit un sort acharné, embarque à bord d’un « tombeau f...

Left Bank : La Flèche brisée

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            Viser le cœur au risque de rater la cible cinéphile. Après Anne en Allemagne, Marie en Belgique : tel Blood Trails , Left Bank épouse un parcours féminin, celui d’une coureuse et non plus d’une coursière, usant encore du triangle puisqu’elle se trouvera in fine tiraillée entre deux hommes, Bobby son amant, Dirk son ami. Une rivalité amoureuse ? Une opposition mystérieuse, placée sous le signe de l’occulte celte. Le film commence comme du David Lynch, se poursuit comme du Roman Polanski mâtiné de David Cronenberg puis s’achève comme du Catherine Breillat ; notons itou un soupçon des Dardenne, une pincée de Patrice Chéreau et une coda à la Kubrick. Filmé en Scope de manière assez impersonnelle, co-écrit par son directeur de la photographie, Left Bank revisite l’immeuble panique de Frissons mais en délaisse la mélancolie disons canadienne au profit d’un optimisme mesuré. Ici, la vie ne se termin...