Les Mutins du Yorik : Les Marins perdus
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Georg Tressler. « Avoir faim, c’est humain. Être sans papiers, c’est inhumain » : trois ans après le surfait Les Demi-sel (1956), Tressler retrouve Horst Buchholz pour une croisière qui ne s’amuse pas, qui peut se résumer par la double réplique supra , dont l’actualité se vérifie aujourd’hui, y compris dans la langue, sous forme de substantif. Sous ses allures de série B soignée, à l’allemande, entre mecs, tant pis pour la juvénile et jolie Elke Sommer, mémorable chez Mario Bava, par deux fois, ici entrevue au début, pieds nus, prénommée Mylène, chef de gare de dernier regard, d’hospitalité, de soleil, se dissimule à peine, en subjective vérité, une fable kafkaïenne sur le fatum . Comme Joseph K., Philip Gale, délesté de son livret de navigateur, d’une poignée de billets, par une prostituée rusée, taciturne, cesse d’exister, de décider, subit un sort acharné, embarque à bord d’un « tombeau f...