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Affichage des articles associés au libellé Statut du montage

Photos interdites

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  Un métrage une image : Silent House (2012) L’épouvante en plan-séquence ? Pourquoi pas, pas comme ça… Au sein malsain d’une maison vide, pas l’homonyme de Michel Polnareff, presque, se déroule en définitive le mélo (anti)pédo d’un item méta, cf. les affreuses photos, censées être destinées à « l’assurance », tu penses + un Polaroïd littéralement éclairant. L’ opus du couple point prolifique Kentis & Lau, par ailleurs auteur du supérieur Open Water (2004), mélange donc deux imageries very États-Unis, celle du hom(m)e invasion , celle du rape and revenge , associe domicile et esprit, piaule à retaper, psyché à réparer. Fi de la précision de Répulsion (Polanski, 1965), vous voici, moins d’une interminable heure et demie, en compagnie chaotique de la sympa Sarah, fifille à son papa, rapido tourmentée, illico cloîtrée, au cœur et au creux d’un passé indépassé, traumatisé, malvenu, à évacuer en écho à la vente prévue. Comment surmonter, d’un shooting...

Le Livre d’image : Five Fingers

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jean-Luc Godard. Vieillard invisible, désormais doté de la voix off de l’ordinateur cacochyme de Alphaville (1965), Godard ne raconte plus une contre-histoire du cinéma, il dé/remonte un magma similairement mémoriel, cosmopolite, par conséquent polyglotte, il manie, in extremis , l’orientalisme, le démystifie. Placé sous le double signe de la « superposition », musicale ou non, cf. l’explication du contrepoint, de la destruction, litanie des conflits, fragilité de la chose filmée, du sujet, de l’objet, Le Livre d’image (2018) illustre à sa manière celui, juste littéraire, fi d’iconographie, de sa compagne Anne-Marie Miéville, intitulé Images en parole . Ici, comme en peinture estampillée moderne, le matériau se métamorphose en thème, en motif, sens musical en sus. Ici, les discours accordés, contradictoires, dialoguent en stéréo, variation, pourquoi pas, sur les duos d’opéra. Une main cristallise ...

Ghost Rider : Notes sur la marotte de Garrett Brown

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Filmer avec un niveau ? Tracer un itinéraire et pacifier la guerre. Sylvester Stallone monte un escalier de musée, boxeur en route vers la gloire ( Rocky , Avildsen, 1976) ; Jack Nicholson se perd dans le labyrinthe végétal d’un hôtel enneigé, ogre impuissant à la poursuite de son fils voyant ( Shining , Kubrick, 1980) ; John Travolta traverse une foule en liesse, au ralenti et donc incapable de sauver sa Sally ( Blow Out , De Palma, 1981) : derrière ces trois instants emblématiques, sinon opératiques, du cinéma américain de la fin des années 70, du début des années 80, entre optimisme et pessimisme, conte de fées et mélodrame, étude de caractère et imaginaire méta, portés par trois fortes individualités, sublimés par le lyrisme irrésistible, si sudiste, des compositeurs Bill Conti & Pino Donaggio, étayés par un sous-texte à propos du prolétariat, du passé qui ne passe pas, de la paranoïa, se tient littéralement un homme à la caméra, ave Vertov, un inventeur féru de...

Five Easy Pieces : Notes sur la discontinuité

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Ne pas se démonter, conserver une vision d’ensemble, associer les singularités. Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Michel Audiard & Bernard Blier, Les Tontons flingueurs , 1963 Que vous le sachiez ou non, nous vivons tous au temps du fragment. Depuis l’atomisation du monde par la science, sens duel, la matière elle-même semble se dissoudre à l’œil lavé, sidéré, surtout en laboratoire de physique quantique. Cellules cancéreuses en multiplication affreuse ou cellules musicales magistrales de Bernard Herrmann ; cellulaires bien nommés, de nomades emprisonnés, ou unités de lecture substituées aux chapitres des romans à succès produits outre-Atlantique : quatre exemples parmi d’autres de la propension à privilégier la pièce, facile ou pas, de préférence petite, miniaturisée, limitée dans l’espace et le temps, décompte approximatif parfois très précis puisque des articles en...

Swimming with Sharks

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Kevin Spacey ? Pas tout à fait. Soyons désinvoltes N’ayons l’air de rien Noir Désir, Tostaky L’américaine Molly Cavalli (à notre connaissance, aucun lien de parenté attesté avec la transalpine Valeria, célébrée ici même), hardeuse soyeuse abonnée aux plaisirs saphiques, courageuse plongeuse à l’échancré maillot immaculé, chercha, voilà, à « chevaucher » un requin taquin – mal lui en prit, car elle faillit y perdre son pied pourtant pourvu de palme, aux orteils joliment rosés. L’espace un brin trop large entre les barreaux de la cage immergée permit en effet une intrusion inopportune et le squale se régala, sans toutefois demander un rabiot de saligaud. De trois mètres de long, dit-on, le requin-citron devait ignorer qu’il s’agissait en réalité d’un tournage promotionnel en Floride pour une boîte (pas de sardines) d’ adult entertainment drolatiquement intitulée CamSoda. La performeuse se hâta de sortir du cercueil sous-marin et s’en sortit plutôt bien...

Les Vestiges du jour : Temps et Cinéma

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Face au retard essoufflé du lapin d’Alice, montre en patte, le « septième art » (funéraire) nous confère toujours une avance (sur recettes) sur l’avenir et par conséquent donne à voir l’expérience itérative de notre propre trépas unique. Le Temps hors cinéma On ignore combien de minutes vous prendra la lecture de cet article vite écrit (vivons lentement, pensons rapidement), mais entre le premier mot et le dernier – Poe réclamait de le connaître, voire de commencer par lui, de remonter le récit, sinon l’écriture de celui-ci –, un moment devrait advenir, surviendra – cold fact , voilà, pour reprendre les termes du Rodriguez de Sugar Man . Pas si « froid », factuel, avéré, cependant, car la physique quantique (ou son extrapolation) postule une sorte d’éternité aux mille possibles coexistant, aux réalités associées, en parallèle, passé, présent, futur soumis à la mémoire, à la conscience, à l’imagination. Tout, dès lors, se réduirait, se révélerait in...

Chemin de croix : La Religieuse

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Dietrich Brüggemann. Au risque de faire in fine ressembler ce blog à une annexe de la vidéothèque du Vatican (rétrospective salée de Mario Salieri tous les soirs à minuit, supputons), il nous faut, mes bien chers frères (humains, priez Dieu qu’Il nous absolve), mes bien chères sœurs (du X ou d’ailleurs, descendantes de Marie Madeleine en ligne, droite ou non), louer (le Seigneur) à présent et pour l’éternité (pour les siècles des siècles, amen ) ce Chemin de croix auquel nous allâmes, confession de cinéphile athée, un brin à reculons, tant l’idée de nous infliger une heure quarante de discours fondamentaliste (sinon sa récusation-démonstration) relevait du masochisme, ne nous tentait guère, même au prix des joies brûlantes de l’Enfer (où l’héroïne de The Devil in Miss Jones se morfond et s’amuse intimement avec son python). Mais notre instinct, qui jamais ne nous trompa, contrairement à l’Adversaire (pas ce...