Lapsus : My Beautiful Laundrette
Le sang « ne part pas » et nous non plus, captivé(s) par les funérailles mentales. En trois mots : du beau boulot que ce huis clos, davantage proche de Memento (le Temps discontinu selon Nolan) que de Tarantino (nulle logorrhée ni second degré, malgré un humour noir constant). Karim Ouaret, trentenaire avignonnais, réalisateur multicartes (clips, publicités, téléfilms), livre un court métrage impossible à confondre avec une esquisse trop diluée dans la durée ou un long avorté. Lapsus , film maîtrisé du premier au dernier plan, constitue l’équivalent audiovisuel d’une nouvelle, image(s) d’un monde en soi se suffisant remarquablement à lui-même. Le solipsisme s’avère d’ailleurs le sujet autant que la forme de cette réflexion en action(s) ludique et dramatique sur les délices et les délires de la perception. Film aimablement méta, à la fois de et sur le cinéma, l’ opus revisite un imaginaire (et une imagerie) de polar (ou de graphic novel ) américain et le réinv...