Jukai : Dolls
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Gabrielle Lissot. Tout commence par des halètements, pas ceux d’un accouchement, mais d’une course hors-champ. Une femme fuit dans la forêt (des suicidés), ou court après quelque chose, quelqu’un. Dans sa main, une bobine de fil (rouge), celui du film qui se dévide, celui d’Ariane qui, paraît-il, lie la mère à son enfant, réminiscence du sésame mythologique pour ne pas se perdre dans le labyrinthe (des passions, rajoute Pedro Almodóvar). Elle porte une robe à pois et des chaussures de ville, elle arbore un visage et des articulations de poupée, davantage inspirée par la théâtralité mutique des marionnettes du bunraku que par les anatomies brisées/sexualisées de Hans Bellmer. Cette femme-poupée ne va pas se casser (elle se casse d’une autre manière, altière), elle va enfanter, son ventre dévoilé le promet. Au sein d’une jungle en noir et blanc à la King Kong (tronc à l’horizontale au-dessus ...