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Affichage des articles associés au libellé Laurence Olivier

La Dernière Chevalerie

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  Un métrage, une image : Les Chevaliers de la Table ronde (1953) Le style statique et impersonnel de Thorpe subit ici une sorte de transfiguration, à l’unisson de la dimension mystique de la narration : on s’attendait à un sommet d’académisme hollywoodien, nous séduit une démonstration de classicisme serein. Certes certains cinéphiles, cyniques ou lucides, se gausseront de (re)découvrir l’aventurière Ava Gardner en nonne immaculée déguisée, cette balance maccarthyste de Robert Taylor en étalon de vraie-fausse trahison, donc adoubé modèle de fidélité. Cependant ceci ne saurait suffire à réduire à l’égard du film habile la fameuse suspension d’incrédulité, ni amoindrir ses trop peu remarquées qualités. Premier métrage de la MGM en Scope et stéréo, in situ tourné, par une grève – de mécontents figurants, fi des fournisseurs de carburant – à peine dérangé, retardé, Les Chevaliers de la Table ronde bénéficie ainsi d’une convergence de gens de talent(s), qu’il s’agisse ...

La Lame nue : Présumé coupable

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  Alibi , librairie, hasard, rasoir… Le patronyme de l’impeccable Cooper, vite vaincu à cause du cancer , apparaît en premier, pourtant l’obscur opus appartient bel et bien à la douce-amère Deborah Kerr. Pour savoir vraiment ce que signifie frémissant, il convient de découvrir la fascinante performance de l’actrice assez sublime du Narcisse noir (Powell & Pressburger, 1947), Quo vadis (LeRoy, 1951) ou des Innocents (Clayton, 1961). Si l’on ne peut pas ne pas penser au compatriote Hitchcock, puisque poison du soupçon, falaise funeste, faux coupable, flash-back patraque, chantage attesté, salle à bain malsain, escalier cascadé, la vérité, qui fait ici défaut, qui « sonne toujours faux », affirme la mensongère némésis, à la maladresse ironique, magot cramé, marches manquées, réside ailleurs, à l’intérieur des intérieurs d’un mélodrame domestique, autarcique, de classe sociale, de casse maritale, encore écrit et traduit par Joseph Stefano, le scénariste et adaptateu...

Hamlet : Les Princes

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Svend Gade & Heinz Schall. 1 « Je ne suis pas un homme et je ne peux être une femme ! » : tout ceci, infini, très théâtral, ne saurait effacer l’émouvant souvenir androgyne de La Reine Christine , et star poussiéreuse alors maquillée comme Conrad déguisé en Cesare, Asta croisa d’ailleurs Greta dans une rue sans joie ; pour du saphisme, on repassera, pour du cinéma, aussi, tant pis ; déplorons la hideur de l’accompagnement musical. Plutôt seul/silencieux que mal accompagné, en effet… 2 « Ton cœur d’or était celui d’une femme ! » : le pauvre Horatio, un peu paupérisé du ciboulot, vient enfin de comprendre que l’étudiant (de Copenhague, pas de Prague) s’avère une étudiante, certes moins souriante que celle de Sophie Marceau. Lorsque Mademoiselle Nielsen, instigatrice de l’entreprise un brin narcissique, rabat désespérément sur sa gorge un pan de co...