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Affichage des articles associés au libellé Gustave Flaubert

Petite paysanne

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  Exils # 183 (24/03/2026) Souvenirs goutte à goutte (1991) se termine par un faux départ, une marmaille et des retrouvailles, conclusion en chanson, variante locale de la métaphore de The Rose , immortalisée naguère par Bette Midler. Comme jadis Janis Joplin, modèle du Rydell, la benjamine atteint ses vingt-sept ans, au sinistre club homonyme n’appartient cependant. Pas d’alcool, de drogue, de rock’n’roll , surtout de sexe : la vieille fille juvénile affiche une santé, une sociabilité à l’opposé de la chanteuse rocailleuse. Une dizaine de jours de vacances et la revoici au pays de son enfance, à la campagne estivale, solaire et solidaire, après les espaces plus contrastés, les milieux moins apaisés de l’école et de la famille. Au lieu de tenir un micro, la gosse point portée sur les oignons rêve des tréteaux, vocation éphémère vite contrariée par le père, homme en kimono guère rigolo et qui la baffa une seule fois, on (re)pense à Isabelle & Lino fissa ( La Gifle , 19...

À la rencontre de Forrester

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  Caste de concurrents, complices des maléfices, honte de la honte...   Pascal, Blaise et billet, philosophe de force, opinion, usurpation, vérité, devrait plaire à la pensive Jacqueline Waechter. Biographe à défaut de fée, Dreyfus née, Viviane Forrester signe en 1996 un essai à l’insolite et insolent succès que l’on sait, du Médicis récompensé, placé sous le signe, sinon l’emprise, de l’exclusion, l’élimination, la déportation, la programmation, de la catastrophe, en somme, termes très connotés, en toute conscience utilisés. Parmi un entretien contemporain, publié au milieu de L’Humanité , l’écrivain au féminin, peu fanatique de féminisme, de féminisation du lexique, se rappelait Rimbaud, communard à l’écart, vite devenu marchand, pas d’armes seulement, telle in extremis l’Alice de Lewis, présente ici aussi, revue et outragée par le pas bon Burton. Le titre de l’ item cite donc Soir historique des Illuminations , en conserve la valeur apocalyptique, en liquide la dimen...

Le Corbeau

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  Magicien du matin ? Légende sans danse… Pendant le prélude, Pauwels rappelle le célèbre mot de Hugo adoubant Baudelaire ; mais face à celui de Céline , documenté, donc condamné, l’antisémitisme de l’auteur des Fleurs , impulsif, intempestif, paraît presque inoffensif. Passé ce préambule d’épouvantail « génial », à prendre avec des pincettes, le Louis à lunettes et regard caméra ne reviendra vers les ouvrages outrages, cède toute la place et l’espace à « l’ermite de Meudon », oracle cadré au sternum ou à la taille, assis sur un fauteuil impérial, l’interlocuteur commentateur se contentant de quelques plans de coupe et sur la bande-son de ses successives questions. Auparavant, après le générique à l’imprimerie, télévisuel « village global » de Marshall McLuhan se souvenant du temps récent de la « galaxie Gutenberg », mise en scène, à demi en abyme, de l’outil alors utilisé pour la fabrication des livres en papier, ni numériq...

La Nuit bengali

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  Deux métrages, deux images : Charulata (1964) + Le Lâche (1965) Il convient de visionner d’affilée l’apocryphe diptyque, aussi funèbre que le célèbre Salon de musique (1958), remarquez le clin d’œil à la comédie musicale manière Mumbai, le concert à domicile, à coffre-fort de fric facile, le jazz d’impasse, de station-service pas si étasunienne, dommage, James M. Cain. Vaudevilles inversés, c’est-à-dire dramatiques, contes cruels découpés au scalpel, métrages méta aux accessoires sympas, lunettes et fenêtres suspectes, surcadrage d’exposition en plan-séquence, scénariste si triste, Charulata + Le Lâche ne se réduisent, n’en déplaise à leurs titres explicites, à leurs exégètes extatiques, d’hier et d’aujourd’hui, le principal intéressé compris, à des portraits de femmes, des études in situ , des moralités en circuit fermé. On reprocha parfois au réalisateur majeur un humanisme mimi, naïf, comme au confrère Kurosawa, admiré, admiratif ; rien de ceci ici, Dieu merci...

Toine

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  De la vaseline et un oignon : San-Antonio ? Oh non… Cela pourrait s’apparenter disons à une profanation, si l’on considérait la littérature comme sacrée. Cela pourrait passer aussi pour une assez sinistre plaisanterie, un exercice de révisionnisme risible, vide et stupide. A priori sensible aux critiques possibles, Fournier trois fois se justifie, prétexte de son patronyme homonyme, nous rejoue l’air déjà rassis du qui aime bien, châtie de même, amen , envisage l’ouvrage à l’image d’une recommandation à « lire ou relire » le renommé modèle, idem . Mais il s’agit, en vérité subjective, la mienne, la sienne, que double celle du diariste, de davantage, d’un drôle d’hommage, d’une recréation, voire récréation, au-delà d’une destruction. Composé de quatre parties de taille inégale, conclu selon un inventaire presque à la Prévert, Le Petit Meaulnes expose à petites doses, sous la forme d’un calendrier écrémé, étendu sur quarante-quatre années, avant et après de...

Maigret à Vichy : Un cœur simple

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  Tosca d’opéra, étrangleur de valeur… À Jacqueline, presque spécialiste Il existe un déterminisme du X : il faut copuler ; il existe un déterminisme de la police : il faut enquêter. Même en cure, à cause d’un peu d’usure, du cap patraque de la cinquantaine incertaine, le célèbre commissaire ne s’indiffère, de façon définitive ne se « met au vert ». Accompagné de son épouse disponible, complice, le voici à marcher parmi l’irréelle, voire « anormale » et « au ralenti » Vichy, à y collaborer, terme là-bas très connoté, vous en conviendrez, avec Lecœur, son ancien comparse perspicace, à rousse moustache, délesté de ses « troubles de conscience », idem de son désir de « connaissance ». Car Maigret ne peut s’empêcher de vadrouiller, d’observer, de s’interroger, de s’inquiéter. Au terme de cent quatre-vingt-quatre pages épurées, écrites avec économie, du dialogue et du récit maestria mesurée, quasiment à la Heming...