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Affichage des articles associés au libellé Marc Dorcel

Eyes Wide Shut

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  Un métrage, une image : Frustration (1971) La « femme de chambre » (étranger intitulé) fait du mauvais café, se fait à domicile son mental et in extremis meurtrier, suicidaire ciné, rêve éveillé (« dream » idem ) à faire rougir l’onaniste « Madame » soyeuse et songeuse, à main chercheuse et baladeuse, de Bashung ; toutefois Bénazéraf ne fait un mauvais film. Doté dès sa sortie d’un sous-titre explicite, géographique et un brin rimbaldien,  Les Dérèglements d’une jeune provinciale , affligé désormais, en édition DVD, d’une jaquette suspecte, miséreuse et racoleuse, le confidentiel et conflictuel Frustration s’affirme en sourdine tel le troisième volet moins renommé d’une trilogie apocryphe de féminine psyché très tourmentée, commencée par Polanski ( Répulsion , 1965) puis poursuivie par Buñuel ( Belle de jour , 1967). Se substitue donc à une Deneuve dédoublée, au propre et au figuré, la patiente et pertinente, un peu perruquée, un soupçon prostituée, gentiment congédiée...

Lost Highway

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  Un métrage, une image : Les Putes de l’autoroute (1991) Tu devines vite qu’avec un tel titre, voici une virée de trivialité. Le prologue caracole, club coloré, chansonnette suspecte, déjà méta, refrain résumé, explicite et emblématique : « J’suis la hardeuse à tout l’monde/Au bout du sexe, je suis immonde  ». À la suite de cette vraie-fausse bande-annonce, censée exciter le spectateur, tant pis pour l’auditeur, prestation reprise plus tard, ne perdre à aucun prix, Marc Dorcel musique et produit, une image du métrage, diluer la durée, recycle cynique, comme un écho d’archéo aux boucles   classées X de jadis, le film commence au moyen d’une mise en abyme au carré, d’une mise en scène de l’obscène encore sonore, double décor. Au creux de l’habitacle, au fil de la nuit, de la cibi, une troupe de types se divertit, presque s’astique, en écoutant la gymnastique d'un confrère camionneur enculeur, caméo miso de Michel Ricaud. Boire ou baiser, il faut préférer...

L’Étranger

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  Un métrage, une image : Trois vies et une seule mort (1996) Film à sketches , financé par feue La Sept ? Matrice apocryphe, allez, de Lost Highway (Lynch, 1997) ? Opus pirandellien, plutôt plaisant, dépaysant, en définitive à la dérive, bien vain ? Tout ceci, oui, et surtout, a posteriori , une apologie du récit, « crédulité » déconseillée, celui d’un homme, de ses drôles de rhizomes, de ses vies revisitées, visualisées, avérées ou rêvées, à envier ou à éviter. Shéhérazade cherchait la chute, conteuse qui séduit, suscite le sursis ; au sein de l’autarcie assourdie du studio de radio, à l’image de celle du métrage, Bellemare enfile les fils de biographies en fuite, tisse une tapisserie de panoplies, de tromperies, de parallèles puis de perpendiculaire d’épilogue crépusculaire. Si Les Mille et Une Vies de Billy Milligan de Daniel Keyes se soucie de psychologie, Le Festin nu (Cronenberg, 1991) de fiction, d’autofiction, de création, de de...

Banco

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  Un métrage, une image : Casino : No Limit (2008) Le descendant de Dorcel, DG + VRP du petit empire de son papounet, disait jadis à LCI « poursuivre un triple objectif qualitatif », impératif d’un film « attractif pour le plus grand nombre et pour toutes les générations – pour cela, il ne doit pas être répugnant, ni bidon, ni ridicule », comment veux-tu, si tu recules… Le fric ici s’affiche, objet-sujet d’économie libérale, non plus libidinale, de logique commerciale, comptable, de voyage estival : 230 000 euros de budget , 2 h 30 de durée, 14 actrices, 12 scènes classées X, distribution à l’unisson dans 56 pays, en sus (moi bien) d’une projection à la presse et de communication numérique un zeste, Ibiza, on y reva, de longues années après More (Schroeder, 1969), d’accord. Tout ceci sert à financer du locatif, par exemple yacht et villa , voilà, production values de parvenus, diégétiques, cinématographiques, se verra réutilisé selon d...

La Fidélité

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  Un métrage, une image : Les Bas de soie noire (1981) Un huis clos, un piano : nous (re)voici bel et bien chez Burd Tranbaree, c’est-à-dire le cinéaste de l’aussi autarcique et mélodique Clarisse (1979). En partie auto-produit via sa société Shangrila, of course baptisée d’après un fameux Capra ( Les Horizons perdus , 1937), flanqué du soutien financier d’Alpha France, la boîte adroite de l’incontournable Francis Mischkind, musiqué par le plutôt inspiré Paul Vernon, pseudonyme de naguère d’Alain Goraguer, encore éclairé par Pierre Fattori, Les Bas de soie noire ne donne pas l’occasion d’à nouveau apercevoir l’épouse « soumise » et in fine violée « à l’insu de son plein gré » Brigitte Lahaie, mais celle de découvrir la gracieuse et malicieuse Christine Schwarz, performeuse éphémère d’une autre époque ad hoc , ici bien servie selon les « suspects habituels » de ce type de productions, dont le solide tandem Allan & Aveline. Il s’...

Rendez-vous

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  Un métrage, une image : Sonia et l’Amour des femmes (1981) Après un prologue en plan-séquence plutôt surprenant, une maîtrise de l’utilisation du zoom démontrant, pendant lequel une blonde puis une brune se font du bien au sein d’une baignoire, gare au retard, Dominique Aveline se voit vite évacué en violeur de pénible parking ; à la victime ensuite consolée, voire revigorée, par ses soins lesbiens, Sonia s’enquiert, réconfortante et claire : « Vous aimez les femmes ? » L’étudiante étonnante lui répond en action, avant de se faire fissa conduire à l’université, allez, ce soir chez moi rendez-vous, mon chou. Hélas une ex sonne à sa place, qu’à cela ne tienne, sur le billard veinard, les deux belles en tandem écarte la queue, les boules et roule ma poule. De son côté, illico arrivée, Corinne s’improvise ou davantage se révèle experte, à travers mise en amorce une plante verte, duo de fofolles au sol, en 69, rien de neuf, ceci on reproduit au lit...

Les Possédés

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  Un métrage, une image : Gunblast Vodka (2001) Filmée à l’esbroufe, fondée sur du snuff , filmique malbouffe, rien de neuf, cette comédie policière, en définitive pas si putassière, disposait, « sur le papier », d’un certain potentiel, même structurée « à la truelle », déployée en parallèle, presque un plan, un instant, dans chaque camp. Buddy movie délocalisé du côté de Cracovie, davantage de Wrocław, Gunblast Vodka voudrait bien, mine de rien, associer la satire au thriller , faire sourire la spectatrice et le spectateur, aussi leur faire peur, en sus se moquer de l’antisémitisme, surtout polonais, se soucier d’une muse dédoublée, décédée, kidnappée. Connaissant, reconnaissant, ses classiques, il vole au Voyeur (Powell, 1960) sa caméra-couteau,   à Leroi & Ninn leurs filles tout sauf faciles, victimes en cuir. Le cocktail du méconnu Jean-Louis Daniel ne s’avère cependant substantiel, boit vite la tasse, hélas, décline son identité trafi...

Histoire d’O + Histoire d’O, numéro 2 : La Débandade + Maîtresse

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Initiale infernale, d’orifice à offrir, de tandem cinématographique à fuir…   Comment minorer un roman majeur, l’amoindrir en modèle de cinéma bourgeois ? En pasteurisant Pauline, pardi, en modifiant le possible suicide en final féministe, fichtre. Toutefois les reflets en soft focus pouvaient presque fonctionner, car raccord avec la dimension onirique du conte initiatique, mystique, avec le parcours éprouvant, voire bouleversant. Hélas, l’érotisme inoffensif, la superficialité de publicité, le fastidieux défilé des vains mannequins, caractéristiques de pseudo-style, lassent fissa et le film ne s’en remet pas. Histoire d’O (Just Jaeckin, 1975), illustration d’une transposition de Sébastien Japrisot, dont l’Elle vengeresse et « névrosée » de L’Été meurtrier (Jean Becker, 1983) renverse et victimise la volontariste et extrémiste O, se voit donc co-éclairé par Robert Fraisse, qui dirigera dix-sept ans après la photographie du fumiste L’Amant (Jean-Jacque...

Il n’y a pas de rapport sexuel : Distance, obéissance, jouissance

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Coronavirus  ? Coitus interruptus . Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Emmanuel Macron It’s hard to love there’s so much to hate Hanging on to hope when there is no hope to speak of And the wounded skies above say it’s much too late So maybe we should all be praying for time George Michael Écrivons en économiste : la pandémie du coronavirus impacte le cinéma en général et celui classé pornographique en particulier. Auparavant, au temps d’avant, instant amusant, nostalgie jolie, après une scène sexuelle qui laissa des traces sur un canapé immaculé, ensuite souillé, peut-être au sperme, à la cyprine, à la sueur, que sais-je, l’aimable « MILF » Marina Beaulieu dut se justifier auprès du réalisateur nettoyeur de s’être bien sûr lavé les mains, nom d’un chien. Hélas, sur un tournage de ce type, tel geste recomma...

La Ruée vers Laure : Deux ou trois choses que l'on sait de Laure Marsac

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Politique des acteurs, et surtout des actrices… Revue récemment, de façon trop brève, hélas, dans le diptyque TV de Josée Dayan, Entre vents et marées , qui rendait justice au romantisme de la côte bretonne, à défaut d’autre chose, et dans un rôle plus étoffé (une adulte solitaire abusée autrefois par son père), porté avec brio , pour un épisode du Sang de la vigne (petit cru que ce psychodrame matriarcal avec un Pierre Arditi en roue ivre ), Laure Marsac nous apparut, telle l’héroïne onirique de Verlaine, « ni tout à fait la même/Ni tout à fait une autre ». Ses traits désormais ornés d’une étrange et touchante beauté, celle des blessures et des joies adultes, de l’expérience du monde et de la traversée d’une vie, elle parvient à conserver sa douceur blonde, l’intensité de son jeu et de sa voix (surgissent, inopinées, quelques correspondances avec une certaine Sophie Marceau), sa part d’enfance inguérissable et irrésistible, la variété de son registre, aussi, double...