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Affichage des articles associés au libellé Stuart Gordon

Fast Frankenstein

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  Exils # 161 (27/01/2026) Tandis que sur Netflix le Frankenstein (2025) du très surfait Guillermo del Toro débute sur une banquise glaciale de risibles CGI, voici possible en ligne de revenir aux origines de l’imagerie, d’en souligner plusieurs surprises, avec ces quelques lignes consacrées au Frankenstein (1910) de James Searle Dawley. Ancien comédien, dramaturge méconnu, scénariste et réalisateur pour Edison & Porter, journaliste in extremis , le cinéaste stakhanoviste possédait une vision monoculaire mais son adaptation « libre » indeed demeure nette et claire, belle infidèle dont le chaudron chipé aux sorcières de naguère s’avère en vérité un étonnant creuset, où mélanger le T-1000 de Cameron ( Terminator 2 : Le Jugement dernier , 1991) et Le Cauchemar de Füssli, Cocteau ( Le Sang d’un poète , 1930) & Carpenter ( Prince des ténèbres , 1987), Mary Shelley, probable connaisseuse de la toile précitée, et Robert Louis Stevenson ( L’Étrange Cas du Docteur ...

Voir Venise et crever

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  Exils # 80 (12/02/2025) Venise livide, avortements révoltants, prêtre pervers : Solamente nero (Bido, 1978) évoque davantage Mais… qu’avez-vous fait à Solange ? (Dallamano, 1972) que d’autres titres tournés in situ , plus connus et reconnus. Adieu donc à Lado ( Qui l’a vue mourir ? , 1972), Roeg ( Ne vous retournez pas , 1973), Visconti ( Mort à Venise , 1971), coucou à Hitchcock, auquel l’ item dérobe la coda de Sueurs froides (1958), annexe le dilemme de La Loi du silence (1953), l’assassin thompsonien de L’Ombre d’un doute (1943). Plutôt préoccupé de culpabilité décuplée, partagée, in extremis assumée, dédoublement stimulant + suicide en prime, que de mortalité matérialisée au sein malsain de la célèbre cité, Terreur sur la lagune constitue en l’état une étude de cas et de climat, démontre l’immoralité du moralisme, affirme en filigrane l’effroi de la fraternité. Variation vénéneuse sur le tandem d’Abel & Caïn, parce que les orphelins le valent bien,...

L’Eau et l’Électricité

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  Exils # 78 (30/01/2025) La prison suprême ? L’esprit, surtout surnaturel. Telle pourrait être en résumé la morale de ce métrage que Monsieur Darmanin devrait visionner. En attendant le huis clos de narcos, voici le Wyoming State Penitentiary, bâtiment abandonné, nouvel avatar de la bonne vieille maison hantée. Après un prologue en POV, en vérité souvenir cauchemardé, exécution d’électrocution, suivi d’une conversation de commission sous tension, ériger un établissement vraiment pertinent prendrait trop de temps et d’argent, les prisonniers rappliquent en autocars et un tandem de rebelles termine à l’humide mitard. Au cœur des écroués, le jeunot et déjà beau Viggo (Mortensen, who else? ), que tout le monde remarque, que « tous les mecs matent », a fortiori le directeur directif, voire expéditif, au sommeil solitaire très tourmenté. Quitte à occuper une épave, illico retapée par les principaux intéressés, autant la confier à un professionnel (r)éprouvé, sen...

Les Vieux

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  Story-board à la gomme, à fissa effacer ? Dessin du destin, élégie sans nostlagie…   En vieillissant, on se calme et on vote à droite ? Certes, peut-être, mais la vie va moins vite, le corps redécouvre la mort, le rétroviseur s’avère une vanité, habitacle d’Ecclésiaste. En 1985, Barron adoube donc trois norvégiens larrons. Le réalisateur de Electric Dreams (1984) ou Pinocchio (1996), le clipeur de Billie Jean , Rough Boy , Do You Really Want to Hurt Me , Karma Chameleon , For Your Eyes Only ( Rien que pour vos yeux , Glen, 1981), le producteur (exécutif) de L’Expert (Llosa, 1994), aussi, immortalise le trio illico , manie la rotoscopie, remporte un prix MTV. Il signera ensuite, toujours pour ce groupe, l’épilogue dépressif et punchy de The Sun Always Shines on T.V. , le lyrisme métamorphe de Hunting High and Low , un second Bond en BO ( The Living Daylights , Tuer n’est pas jouer , Glen idem , 1987). À Londres tourné, par le DP Oliver Stapleton éclairé,...

Bienvenue à Zombieland

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  Un métrage, une image : Flic ou Zombie (1988) Comédie macabre prodiguée par le réalisateur de Punisher (1989), autre histoire de justice dite expéditive, pour ainsi dire ressuscitée, endeuillée, d’un policier mort-vivant à main armée au suivant, Dead Heat , d’accord, cite et revisite Mort à l’arrivée (Maté, 1950), réchauffe une réanimation de saison ( Re-Animator , Gordon, 1985), redispose du buddy (voire body ) movie , cf. le modèle de L’Arme fatale (Donner, 1987), que d’ailleurs écrivit Shane Black, ici en caméo de patrolman . Mais le script de son frère Terry se signale aussi par sa sous-jacente mélancolie, je songe à deux scènes de terreur existentielle, celle du miroir mouroir en rime à son homologue de La Mouche (Cronenberg, 1986), celle de la putréfaction express d’une préposée aux rapports et relations publiques, sise au sein d’une salle de bains, tel jadis Shining (Kubrick, 1980). Au laboratoire bien et mal nommé Dante, à refroidir les dénonciateurs du d...

The Unseen : Junior

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Séjour de désamour, invitation d’élimination… 1980 again , cette fois-ci à l’occasion d’un film bien nommé, car méconnu, non vu, désormais visible, disponible en ligne, en VO point sous-titrée, en appréciable 480p. S’il se souvient de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), de Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) et, davantage étonnant, de Duel au soleil (King Vidor, 1946), The Unseen (Peter Foleg, 1980) possède son propre style, sa propre personnalité, prend congé du spectateur séduit, surpris, amusé, ému, par une pietà poignante, presque apaisée, qui n’appartient qu’à lui, qui paraphe l’argument de maternité tourmentée, à base d’inceste et d’avortement, rien d’hilarant. Je le dis, je le redis, l’imagerie horrifique (s’)autorise la tonalité drolatique, procède du discours mélodramatique, se place parmi une perspective d’épouvantes et de pleurs, de violence et de clémence, de détresse et de tendresse, double origine de son unique noblesse, mélange étrange de sa supér...

Beyond the Gates : V/H/S

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Le jeu et le je, le vieux et les adieux…    En surface, un hommage aux VHS de notre jeunesse ; en profondeur, un mélodrame œdipien qui se termine bien. Dans Beyond the Gates (Stewart, 2016), il convient donc de récupérer des clés, comme dans… Fort Boyard , mais on ne finance plus des associations, on sauve des âmes. Gordon & John déménagent le vidéo-club very vintage de leur papounet disparu. Ils s’aiment maladroitement. Le premier possède une petite amie somnambule, le second un copain insultant, misogyne. Entre les deux, un flic dangereux et un commerçant malaisant. En surplomb, en direct, en vidéo, en gros plan, une femme foutrement fatale. « Who’s the babe? » demande l’innocente Margot, prénom peut-être en clin d’œil à la regrettée Mademoiselle Kidder, et les spectateurs, tous en chœur, de répondre Barbara Crampton , who else? La muse de Stuart, l’égérie de Gordon, (dés)incarne une Eurydice in extremis sans malice, puisqu’elle délivre la morale...