Lost Highway
Un métrage, une image : Les Putes de l’autoroute (1991) Tu devines vite qu’avec un tel titre, voici une virée de trivialité. Le prologue caracole, club coloré, chansonnette suspecte, déjà méta, refrain résumé, explicite et emblématique : « J’suis la hardeuse à tout l’monde/Au bout du sexe, je suis immonde ». À la suite de cette vraie-fausse bande-annonce, censée exciter le spectateur, tant pis pour l’auditeur, prestation reprise plus tard, ne perdre à aucun prix, Marc Dorcel musique et produit, une image du métrage, diluer la durée, recycle cynique, comme un écho d’archéo aux boucles classées X de jadis, le film commence au moyen d’une mise en abyme au carré, d’une mise en scène de l’obscène encore sonore, double décor. Au creux de l’habitacle, au fil de la nuit, de la cibi, une troupe de types se divertit, presque s’astique, en écoutant la gymnastique d'un confrère camionneur enculeur, caméo miso de Michel Ricaud. Boire ou baiser, il faut préférer...