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Affichage des articles associés au libellé Statut des actrices

Deux moi : Agnès Godey au miroir du métier

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La vie d’Adèle ? L’avis d’Agnès… Ne faites pas de photos, s’il vous plaît. Non, je suis une comédienne, vous savez, je sais faire des trucs bien. Ça, ici, je le fais pour bouffer, c’est tout, alors ne faites pas de photos. S’il vous plaît. Ne faites pas de photos. Romy Schneider, L’important c’est d’aimer (Andrzej Żuławski, 1975)   1.       Méthodologie sans Stanislavski Son prochain projet, à l’intitulé très républicain, rappelle Les Enchaînés (Alfred Hitchcock, 1946), sa blondeur rime bien sûr avec celle de Grace Kelly, Kim Novak, Janet Leigh, Tippi Hedren, classement chronologique, quatuor historique, mais Agnès Godey, même joliment photographiée par Carlotta (Valdes, viva Vertigo  !) Forsberg, se devine, s’affirme femme libre, muse multiple, working actress audacieuse, malicieuse, généreuse. Dans Parfum de femme : Connaissez-vous Agnès Godey ? , j’esquissais son portrait plutôt énamouré ; dans Dommage q...

Le Petit Nicolas : Lettre ouverte à Nicolas Cage

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Message de bouteille virtuelle, en rime aux signaux des Amérindiens de mélo martial. Dear Nic, Je ne pense pas que vous lirez cette épître guère biblique, tant pis pour la francophonie, cependant j’éprouve le désir de l’écrire et l’envie d’évoquer votre grandeur passée, alexandrin en supplément. Je viens de subir, pardon, de visionner en streaming et en VF votre dernier méfait, intitulé The Watcher , qui sortira chez moi directement en DVD en juin prochain. Hélas, ce Looking Glass assez dégueulasse ne saurait s’apparenter à celui de l’Alice de Lewis : derrière le verre, que voyez-vous, voyeur invalide, sinon un autre ratage, un outrage aux bonnes mœurs cinéphiles ? Depuis plusieurs années, vous sabotez votre carrière avec une constance de kamikaze qui provoque le respect autant que la stupeur. À cette énigme à la fois vous appartenant et cristallisant la médiocrité généralisée de la cinématographie US actuelle, voire mondiale, répond celle de mon entichement à ...

Je hais les acteurs : Paradoxes sur les comédiens

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Repoussons les récompenses régressives, misons sur une harmonie à maintenir. Le cinéma n’appartient pas aux spectateurs ni aux producteurs, aux réalisateurs, aux scénaristes : il appartient aux acteurs et aux actrices qui s’y risquent en Narcisse, qui paient leur provisoire immortalité au prix de leur mort filmée. Soixante ans d’auteurisme étasunien ou hexagonal ne sauraient masquer la populaire évidence de la présence-absence de l’acteur – j’utilise ici à dessein le masculin générique, pas de piètre procès en misogynie, merci –, matériau-héros de facto . Pour la majorité du public, « un film de » équivaut souvent et à raison à « un film avec », n’en déplaise à la cinéphilie élitiste, désormais numérisée, méprisant le quidam inculte, la populace du samedi soir et les béotiens incapables de rester assis jusqu’au générique de fin. Ceci se vérifie aussi dans la pornographie, cependant peu soucieuse de narration, de caractérisation, d’identification, pour...

La Fille qui avait tout : Un éloge d’Elizabeth Taylor

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Réflexions à double sens dans mon regard doré. Acting is, to me now, artificial. Seeing people suffer is real. I, along with the critics, have never taken myself very seriously. If someone’s dumb enough to offer me a million dollars to make a picture, I’m certainly not dumb enough to turn it down. No one is going to play Elizabeth Taylor, but Elizabeth Taylor herself. Liz Taylor ? J’adore, davantage que Dior à la guise de Charlize, mais pas de la même façon que Vaughan, le gourou autoroutier du Crash de J. G. Ballard, titillé par la star au point de vouloir l’emboutir en accident- performance ultime (Cronenberg adaptateur, autres temps, autres mœurs, se débarrassa de l’obsession personnalisée, un chouïa datée). Britannique en Amérique et l’inverse, nourrie de Science chrétienne puis convertie au judaïsme, voire au sionisme, elle joua longtemps et admirablement son propre rôle, elle sut même y inclure sa médiatique caricature, au fil impitoyable des ans. ...

Dommage qu’elle soit une putain

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Elle boit, elle fume, elle drague et en plus elle cause. When you prostitute yourself, you have to get paid for it. Marlene Dietrich Je suis une actrice. Je suis une prostituée. Je n’existe que par le regard et le désir d’un tiers. Je n’existe jamais par ni pour moi-même. Je me fuis sans cesse. Je ne cesse d’endosser de fausses identités. Je vis ma vie comme un rêve éveillé. Je m’éveille au moteur de la caméra. Je traverse des univers en pure passagère. J’évite les miroirs sinon ceux qui m’admirent. J’entends les compliments et je m’en accommode à la manière d’une drogue. Je suis incapable de rester allongée seule sur un lit. J’exige d’être divertie de mon néant. Je me hisse à chaque plan vers le firmament. Je pouvais naguère être enfouie en terre commune. Je sais désormais arpenter les tapis rouges. Je ne parle pas d’argent mais je connais le chômage. Je sais les heures insupportables où le téléphone se tait. Je connais les nuits blanches autant que les arriérés de l...