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Affichage des articles associés au libellé James Cameron

Fast Frankenstein

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  Exils # 161 (27/01/2026) Tandis que sur Netflix le Frankenstein (2025) du très surfait Guillermo del Toro débute sur une banquise glaciale de risibles CGI, voici possible en ligne de revenir aux origines de l’imagerie, d’en souligner plusieurs surprises, avec ces quelques lignes consacrées au Frankenstein (1910) de James Searle Dawley. Ancien comédien, dramaturge méconnu, scénariste et réalisateur pour Edison & Porter, journaliste in extremis , le cinéaste stakhanoviste possédait une vision monoculaire mais son adaptation « libre » indeed demeure nette et claire, belle infidèle dont le chaudron chipé aux sorcières de naguère s’avère en vérité un étonnant creuset, où mélanger le T-1000 de Cameron ( Terminator 2 : Le Jugement dernier , 1991) et Le Cauchemar de Füssli, Cocteau ( Le Sang d’un poète , 1930) & Carpenter ( Prince des ténèbres , 1987), Mary Shelley, probable connaisseuse de la toile précitée, et Robert Louis Stevenson ( L’Étrange Cas du Docteur ...

Il faut qu’on parle de Kevin

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  Exils # 82 (17/02/2025) Selon cette seconde version – je ne reparle de la première, relisez-moi ou pas – d’un « souvenir gênant de l’espace », dixit la réplique du chef des scientifiques et méchant de service, Noir du soir à la barbe blanche, personnage à présent « malaisant », un changement majeur modifie la perspective, en partie piqué au Piranhas (1978) de Sayles & Dante : exit la météorite, place à l’ artefact . Si de jeunes gens incarnent encore de grands adolescents ; si l’ensemble se déroule toujours sur fond de « guerre froide » et de menace mélasse à refroidir, au propre et au figuré ; si la « foi » et la confiance font à nouveau la force, il ne s’agit plus ici de xénophobie fifties , mais d’une manipulation de masse fictive et prophétique. Les hommes en blanc, soi-disant bienveillants, démasqués, menaçants, autant que les militaires d’hier, d’ E.T., l’extra-terrestre (Spielberg, 1982) ou Starman (Carpent...

Les Bonheurs de Sophie

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  Exils # 30 (19/04/2024) D’un château l’autre, disait Céline : après le (tout) premier, du comte Cagliostro, en 1979, ensuite celui déjà dans le ciel (1986), proie de pirates, voici la piaule de Howl, le personnage au nom très connoté de la romancière anglaise Diane Wynne Jones, devenu en France Hurle et au Japon Hauru. Emily Brontë doublerait ainsi Allen Ginsberg, hurlement (et Hurlevent) en tandem  ? Plutôt l’écho illico des Aventures fantastiques du baron Münchhausen (von Báky, 1943), plaisante pièce montée européenne, allemande et non alsacienne, préférable à l’épuisant et indigeste pudding suiviste de Gilliam (1988), sorti pendant un autre conflit, la Seconde hécatombe substituée à l’Irak patraque, au creux duquel retrouver, outre le magicien italien précité, supposé, le même mélange pas si étrange de guerre et de paix, de féminisme soft et de reversement du vieillissement, et d’airs explorés, d’amants éplorés. Miyazaki connaissait-il tout ceci ? Peu imp...

Volcano

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  Un métrage, une image : Stromboli (1950) Doté d’un sous-titre explicite, introduit selon une citation biblique, porté par la partition précieuse de Renzo Rossellini, presque celle d’un péplum sentimental, Stromboli constitue donc un conte molto catho, donne à (re)voir un chemin de croix laïc, tragi-comique, dont l’épilogue en forme d’impérative épiphanie bouleverse sans cesse, du haut inferno de ses soixante-douze années restaurées. Ingrid en espadrille vaut bien Empédocle et son (im)possible suicide, n’en déplaise aux adeptes des violences faites aux femmes, qui ne supporteront la rouste express , mâle malaise, aux énamourés des animaux, qui pleurnicheront à l’occasion d’une épique pêche au thon, après le trépas pas sympa d’un lapin fissa dessoudé à cause d’un furet. Film monde jamais immonde, plus immersif que les mers à millions de James Cameron,  Stromboli parvient à capturer la morsure du réel, la violence de la vie, l’ombre du jour et la clarté de la nui...

Space Cowboys

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  Un métrage, une image : Les Mercenaires de l’espace (1980) Corman & Cameron, le premier produit, pardi, en casse presque son tiroir-caisse, le second cumule les fonctions, alors à l’orée de la carrière que l’on connaît. Derrière ou au-delà de la caméra, d’autres mecs de talent, se moquant du manque d’argent : le subtil scénariste John Sayles ( Piranhas , Dante, 1978, L’Incroyable Alligator , Teague, 1980, Hurlements , Dante, 1981, Le Clan de la caverne des ours , Chapman, 1986), aussi l’auteur du renommé Brother (1984) ou du beau Limbo (1999) ; le directeur de la photographie Daniel Lacambre ( La Carrière de Suzanne , Rohmer, 1963, Le Père Noël a les yeux bleus , Eustache, 1966) ; le compositeur James Horner ( Krull , Yates, 1983) et, last but not least , le réalisateur Jimmy T. Murakami, animateur émérite, amateur de tortues, surtout ninja, encore clipeur pour Kate Bush, sinon Elvis ( King of the Mountain ). Devant, sur l’écran, un casting choral i...

La Vraie Famille

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  Un métrage, une image : Aux frontières de l’aube (1987) Stephen King connaît-il Near Dark ? Sans doute, puisque les vampires de Docteur Sleep se déplacent aussi en camping-car, aucun hasard. L’intitulé français possède une pseudo-poésie, frise le contresens, ne rend justice au symbolisme du titre d’origine, pragmatique et programmatique : jadis éclaireur biblique, aujourd’hui candide en jean , Caleb se situe aussitôt à proximité d’une double obscurité, celle de la nuit, à « écouter », lui intime l’intime Mae, comme son cœur ouvert, offert, à l’avide buveur, dont l’étoilée « clarté » va l’« aveugler », celle de l’esprit, sommé de se soumettre à un « instinct » malsain, de donner la mort démuni de remords. Mais l’amoureux malheureux veut/vaut mieux qu’une immortalité imposée, qu’une longévité galvaudée, à demi stimulée par un sadisme de meute endimanchée. Vrai-faux western , Near Dark retravaille la bataille entre sauvagerie et civilisation, force et droit, immen...

Society

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  Un métrage, une image : No Place to Hide (1993) Mélodrame méconnu, déguisé en thriller de microsociété à faire peur, renié en tandem par ses deux principaux interprètes, Chute en enfer , intitulé français à fissa refuser, frise assez souvent le risible, néanmoins mérite quelques lignes. Le scénariste/cinéaste Richard Danus vient de la TV, on pouvait vite le deviner, en dépit d’une poignée de plans charriés au steadicam chaloupé. Il signe ici son unique incursion au ciné, donc en compagnie de Kris Kristofferson & Martin Landau, meilleurs ennemis de police complice. Tandis que Drew Barrymore, juvénile encore, incarne une adolescente diariste et endeuillée, soi-disant indécemment (dés)habillée, O. J. Simpson portraiture un ami d’une masse muni, ancien footballeur américain, à la colonne cassée, en fauteuil roulant désormais, sorte de Lazare (re)levé trop tard, blague un brin raciste et mort héroïque en prime. Cramé par la critique, pourvu d’un petit et piètre script , désav...

Eve of Destruction : Hommes, femmes, mode d’emploi

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  Veille de vide ? Divertissement lucide… Petite pépite portée par une dédoublée Renée Soutendijk, cet item méconnu mérite d’être reconnu, en raison de son scénario assez subtil, co-signé par Yale Udoff ( Enquête sur une passion , Nicolas Roeg, 1980), certes desservi par la mise en forme fonctionnelle de l’ ex -clipeur britannique Duncan Gibbins, auteur du (trio) molto hétéro Careless Whisper de George Michael , d’ailleurs décédé incendié prématuré, ton chat au milieu des flammes de California chercher tu n’iras. L’actrice irrésistible du Quatrième Homme (Paul Verhoven, 1983) incarne donc, littéralement, à chaque plan éclatant de sa beauté, de son talent, un robot bientôt loco et une scientifique pas si amnésique. Film féminin propice à séduire les cinéphiles féministes, Eve of Destruction (1991), à ne pas confondre avec la protest song homonyme immortalisée par Barry McGuire , appréciez au passage le jeu de mot anglais sur le prénom très connoté, aussi intitulé en f...

Chasse à l’homme : Le Grand Carnaval

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  Mascarade en Louisiane… Avant le western atomique de Broken Arrow (1996), voici celui, un brin bakhtinien, de Chasse à l’homme (1993). Le cinéaste passe ainsi de l’Asie aux USA, de Hard Boiled ( aka À toute épreuve , 1992) à Hard Target et son épilogue over the top , rigolo et virtuose. Pas de colombes au firmament de La Nouvelle-Orléans ? Une poignée de pigeons les remplaceront. L’exilé de son plein gré filme sa fusillade finale de brillant ballet avec plusieurs caméras, cela se voit, non pas à la mode américaine, classique, d’antan, pour se « couvrir », se donner (à monter) du champ, via la variété des (angles) plans, plutôt par personnalité, intrépidité, générosité. Ce qui aussitôt séduit, durant cette séquence délestée de violence, puisque leçon de sa représentation, nuance, outre son énergie jolie, sa lisibilité assumée, le beau boulot du directeur photo Russell Carpenter, collaborateur de Cameron, oscarisé à l’occasion de Titanic (1997), la maîtr...

Atlantique, latitude 41° : Les Femmes… ou les enfants d’abord…

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Roy Ward Baker. On le sait, le ciné anglais excelle à esquisser les classes, héritage artistique et bien sûr sociologique. Aussi insulaire, il peut a priori dépeindre la mer amère. À raison renommé, le métrage remarquable et remarqué de Baker ( The Vampire Lovers , 1970 + La Légende des sept vampires d’or , 1974) cristallise ces deux courants stimulants, les appareille, sens duel, en plein océan. Si La Règle du jeu (Renoir, 1939), autre opus d’une société en train de sombrer, certes moins au propre qu’au figuré, s’avère un (s)avant-(dé)goût de la guerre, Atlantique, latitude 41°  (1958) se souvient à l’évidence du Blitz, tout en anticipant, au passé, la Grande Guerre, déjà (dé)passée. Délesté de sentimentalité, évidé de vains CV, écueils récurrents de l’imagerie catastrophique, cf. par exemple l’ idem maritime L’Aventure du Poséidon (Neame, 1972), doté d’un titre d’avertissement un brin moralisateur, A ...

Blue Steel : Magnum Force

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kathryn Bigelow. Cinéaste inégale – l’estimable Démineurs (2009), le dispensable Zero Dark Thirty (2012), le sympathique Point Break (1991), l’anecdotique Le Poids de l’eau (2000) et pas si marginale – des femmes derrière la caméra, on en dénombre même aux USA –, Kathryn Bigelow signe ici un troisième film intéressant, à défaut de passionnant. Co-écrit par Eric Red, le scénariste de Hitcher (Robert Harmon, 1986) et du sien Aux frontières de l’aube (1987), Blue Steel (1990) ferait se croiser La Femme flic (Yves Boisset, 1980) et American Psycho , le roman moqueur, sinon majeur, de Bret Easton Ellis, paru en 1991, pas son adaptation à la con selon Mary Harron (2000). Prise en sandwich , presque au sens propre, sale, salé, de l’expression, puisque ses deux scènes sexuelles, duo de différents amants, l’un réchauffant, l’autre refroidissant, à l’opposé s’enchaînent, l’impeccable Jamie Lee Curtis compose une p...

Dirty Dancing : Tous les garçons s’appellent Patrick

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Mièvrerie à mépriser ? Moralité à partager…    À Shula, à défaut d’Isadora Rien de dirty , ici, au contraire, une coda communicative, qui explique, en partie, un succès en salles et puis après. Dans Dirty Dancing (Emile Ardolino, 1987), on assiste et on participe à une petite révolution, à une grande réunion. Au creux des Catskills casher, la lutte des classes (et des religions) se pacifie, un père perd sa fifille fissa femme, un gentil (sens duel, psychologique + biblique) blouson noir (et un goy, bigre) professeur, aux faux airs de rockeur, regagne son honneur. Chorégraphiée par Kenny Ortega, rescapé du (pas si) relou Xanadu (Robert Greenwald, 1980), déployée par deux duos dédoublés, ceux de Jennifer Grey & Patrick Swayze, de Jennifer Warnes & (du bien nommé) Bill Medley , la séquence commence par un « spectacle de patronage » (putain de pirate !) épuisant, saisi en travellings d’ennui poli, passe au steadicam tandis que Johnny ...