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Affichage des articles associés au libellé Marcel Proust

Fachos falots

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  Exils # 96 (24/03/2025) Parmi ses « mémoires » au titre auto-réflexif ( Tambour battant ), Schlöndorff revient vite sur La Servante écarlate (1990), en résumé sur un roman « très souvent naïf », son adaptation par le lapidaire Pinter, cf. sa synthèse impressionniste de la Recherche proustienne, autre marotte de l’ancien assistant de Malle & Melville, lire à ce sujet les pages dédiées au dispensable Un amour de Swann (1984) et au hold-up de Delon, sa validation par une distante Atwood, un casting discutable, déboires avec Duvall & Dunaway, seule la discrète McGovern, déjà violée par De Niro chez Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), mérite une épithète amène, auquel il fallait préférer Madonna & Sting, Scacchi aussi. Ceci ne suffit, l’échec économique de l’entreprise indépendante, plus méconnue que l’homonyme série à succès, que devait produire en sourdine une certaine Sigourney Weaver, démissionnaire puisqu’occupée par le rôle tant...

L’Angélique et l’Hypnotique

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  Exils # 26 (20/03/2024) Pour Catherine presque Portinari L’Eucharistie inversant, cannibalisme adjacent, le cinéma désincarne le monde, le réduit à un (im)pur esprit. Parmi la forêt des films, pétrifiée, néanmoins animée, mobilis de l’immobilité, Nemo KO, jadis suites d’images pelliculées pas si sages, désormais fichiers de données numérisées, plus rien ne prend corps, ne (se) sent encore, y compris au creux des trois imageries, des belles âmes bien sûr honnies, de l’horreur, du mélodrame et de la pornographie, cependant censées carburer au sang, à la sueur, au sperme et aux larmes. Entre apparence de résistance au virtuel à la pelle, au simulacre matraque, et gadgets obsolètes, Odorama et tout le tralala, le ciné se bouche le nez, assume sa sinusite chronique, tant pis pour la poignée d’Italiens un brin malsains portés sur la coprophilie, revoyez vite avant de mourir, de vomir, les cadavres excrémentiels et exquis de Ferreri ( La Grande Bouffe , 1973) & Pasolini ( Sal...

L’Espoir

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  « La vie est autre que ce qu’on écrit » et l’avenir au Vieux-Port se retire…     Ampoulé dès l’orée, « avant-dire » de « dépêche retardée », de « Noël 1962 » datée, où décocher une flèche au révisionniste Valéry, expliquer une « édition entièrement revue par l’auteur », « adéquation » et « fluidité », allez, « patine » de « trente-cinq ans », tu m’en diras tant, Nadja ne ressemble à Aurélia , même si le bon Breton, sillage de Gérard, théorisa aussi au sujet du « Rêve » et de la « Vie ». Ce petit récit vite écrit, assez illustré, désormais très documenté, notre modernité en ligne, à domicile, permet en outre de retracer l’écourté CV de Léona Delcourt, assortit ses dessins, découpages, collages, de la grâce mylènefarmerienne d’un visage, associe ainsi « subjectivité », « objectivité », littéraire/pictural name-dropping et « neurop...

Les Âmes mortes

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    « Romantisme et pornographie », Rousseau et neurasthénie, « chagrin et destin »… Au lecteur amateur des opus précédents, Sérotonine semble fissa familier, suscite aussitôt une sensation de déjà-lu. Un écrivain (ré)écrirait en définitive un seul et unique livre ? Peut-être, possible, pourtant il ne s’agit ici, en aucun cas, crois-moi, d’une quelconque compilation à la con. Sérotonine ainsi ne se réduit à – classement chronologique – la somme tissée en patchwork de Extension du domaine de la lutte , Les Particules élémentaires , Plateforme , La Possibilité d’une île , La Carte et le Territoire , Soumission , dépasse l’addition, excède la contextualisation. Amusant, émouvant, jamais déprimant, toujours stimulant, ce roman carbure donc à l’hormone, à l’homme, in extremis au cortisol excessif. Affligé d’un affligeant et improbable prénom composé, classé un peu beaucoup « pédé », Florent-Claude se souvient de sa vie, au complice «...

Les Ragazzi : Les Garçons sauvages

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Marcher du côté sauvage (de la ville, de la vie), recommandait Lou Reed (et Nelson Algren) : ne craignons pas d’y rejoindre Pasolini, cet opus introductif en passeport précieux… Lost in a Roman wilderness of pain And all the children are insane All the children are insane Waiting for the summer rain Jim Morrison,  The End Le Frisé (Ricetto, en VO, pas ricotta ), petit enfant de putain , avec tes bouclettes à la Ninetto Davoli (amant, acteur) et ton lexique à la Sergio Citti (peintre en bâtiment, futur réalisateur, ami, voisin, « dictionnaire vivant » de l’écrivain), avec ton pantalon serré, avec ton passé absent, comme aboli, puisque tu vis dans l’instant, orphelin sans pain et créature existentialiste ou néo-réaliste (voire ultra ), premier communiant adolescent aux allures de prostitué roué, on te suit dans la banlieue romaine du romanesco (argot un peu vieillot de la traduction de Claude Henry en 1958, moins fidèle que la nouvelle signée Jean-Paul Man...