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Affichage des articles associés au libellé José Bénazéraf

Eyes Wide Shut

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  Un métrage, une image : Frustration (1971) La « femme de chambre » (étranger intitulé) fait du mauvais café, se fait à domicile son mental et in extremis meurtrier, suicidaire ciné, rêve éveillé (« dream » idem ) à faire rougir l’onaniste « Madame » soyeuse et songeuse, à main chercheuse et baladeuse, de Bashung ; toutefois Bénazéraf ne fait un mauvais film. Doté dès sa sortie d’un sous-titre explicite, géographique et un brin rimbaldien,  Les Dérèglements d’une jeune provinciale , affligé désormais, en édition DVD, d’une jaquette suspecte, miséreuse et racoleuse, le confidentiel et conflictuel Frustration s’affirme en sourdine tel le troisième volet moins renommé d’une trilogie apocryphe de féminine psyché très tourmentée, commencée par Polanski ( Répulsion , 1965) puis poursuivie par Buñuel ( Belle de jour , 1967). Se substitue donc à une Deneuve dédoublée, au propre et au figuré, la patiente et pertinente, un peu perruquée, un soupçon prostituée, gentiment congédiée...

Toi, le venin

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  Un métrage, une image : L’Accident (1963) J’avale des couleuvres J’y suis pour rien j’y suis c’est tout Lili Frikh, Ch’uis P’tite Film ultime de Gréville, lui-même a priori porté sur la bibine, victime définitive d’un accident automobile, ce titre rarissime, pas même doté d’un succès d’estime, s’avère vite un vaudeville dépressif, un gros mélo, un thriller de langueur. La Russie se réduit ici aux symphonies de Tchaïkovski, au pedigree de la (mal) mariée, à un discours sur trente-trois tours, à de l’alcoolisme local, poire d’entonnoir au lieu de vodka, voilà. Les Slaves, faut croire, ça sait boire, picoler contre le désespoir, ou bien s’imbiber afin de le renforcer, allez savoir. Françoise passe et repasse, dans l’impasse, à un jet de pierre du cimetière, à proximité d’épaves, au propre, au figuré, métaphore formulée, dont une porte le prénom, allons bon, de l’épouse en proie au blues . Cependant Andréa ne se suicidera, laissant cela à Anna Karenina, elle desce...

La dolce vita

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  Un métrage, une image : «   Et Satan conduit le bal » (1962) Trois couples, une entourloupe, la route, la déroute : huis clos clair comme un tombeau, beau boulot de l’incontournable Raoul Coutard en dirlo photo, l’unique directive de Grisha Dabat, cinéaste éphémère, désormais centenaire, jadis scénariste de Bénazéraf & Pécas, ici sous l’égide de Vadim, qui adapte, dialogue, produit, commence sur un accident automobile, se termine sur un meurtre homonyme, il s’agit ainsi de la chronique d’une mort annoncée, durant quatre-vingts minutes congédiée, esquivée. Du côté de Collioure, ça papote à propos d’amour, ça s’ennuie, style Antonioni, le spectateur d’aujourd’hui un peu, aussi, ça se livre, voire se délivre, à des (dé)liaisons évidemment dangereuses ( Les Liaisons dangereuses 1960 , Vadim, 1959), où Ivan se plante, de dame, de macadam , supplante, même émotion, Valmont. Le pascal ou estival marivaudage vite dévie vers le naufrage, le chantage, la balle...

La Môme vert-de-gris

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  Un métrage, une image : La Fille de Hambourg (1958) Par et pour Jacqueline Ils boivent à la santé Des putains d’Amsterdam De Hambourg ou d’ailleurs Enfin ils boivent aux dames Brel Bientôt pornographe, le réputé Bénazéraf imagine un moment minuté, à réveil envolé, à manteau démodé, d’amitié tourmentée. Comme dans le contemporain Sueurs froides (Hitchcock, 1958), un idéaliste triste souhaite ressusciter le passé ripoliné, périt en proie à l’impitoyable « principe de réalité ». Le cinéaste anglais relisait Eurydice & Orphée ; l’estimable Allégret ne se moque de Tristan und Isolde. En coda, Maria se suicide aux somnifères, s’endort du « grand sommeil » en souriant, son amour invisible serrant, pendant que Pierre décède sur son palier, à quelques centimètres à peine de la porte bouclée. Auparavant, instant assez superbe et poignant, en sus symbolique, sinon didactique, il épongeait, contre son gré, la catcheuse malheureuse et boueuse...

Entre les jambes

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  Un métrage, une image : Last Seduction (1994) Qualifiée de « cathédrale sexuelle » par le spécialiste admiratif José Bénazéraf, Linda Fiorentino jubile à jouer (à) la « garce hypocrite », son avocat dixit  : en train de s’éclater au creux de l’habitacle nocturne, chevauchant son amant à l’arrière, de derrière, elle se marre à lui répondre « Je suis la reine des salopes ! », réplique explicite de lucidité ad hoc . Dans Jade (Friedkin, 1995), elle rira bien moins, elle finira plus mal, prisonnière de l’enfer conjugal. Pour l’instant, trois ans avant le presque divertissant Men in Black (Sonnenfeld, 1997), au passage l’un de ses dernières apparitions, la voici en voleuse machiavélique et quasi en fuite, ancienne directrice sans merci d’une société de télémarketing reconvertie en nouvelle directrice des relations publiques d’une société d’assurés sise à « Ploucville ». Du côté de Buffalo, pas de machos ni d’amer mari dému...