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Affichage des articles associés au libellé Gérard Kikoïne

Attention les yeux !

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  Un métrage, une image : La Vitrine du plaisir (1978) L’ opus apologétique, dépourvu de la plus petite perspective critique, reprend le plan du parcours initiatique, réutilise la structure é(n)culée du récit (trop) joli, voi(r)e en voix off : du gonzo journalistique au gonzo pornographique, il suffit ainsi d’un pas, pour Pascale en tout cas. Ni portrait spécialisé, façon Exhibition (Davy, 1975), ni mélo en trio, à l’image de L’important c’est d’aimer (Żuławski, 1975 aussi), La Vitrine du plaisir , aka Tout pour jouir ! , se donne donc des airs de vrai-faux documentaire, participe du périple publicitaire, met en abyme Gérard Kikoïne, lequel dirige son équipe en fellinien marionnettiste, en écho au Federico concon de Satyricon (1969, année érotique, Gainsbourg ne se goure), fais-ci, fais-ça, comme ceci, comme cela, couci-couça, le silence du son direct, on l’éjecte. La scribouilleuse un brin boudeuse, bien de son temps d’antan, résidente de capitale hivernale, va déjà à v...

La Marche nuptiale

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  Un métrage, une image : Docteur Jekyll et M. Hyde (1931) Longtemps avant Bob Clark ( Black Christmas , 1974) ou John Carpenter ( La Nuit des masques , 1978), Rouben Mamoulian commence cette remarquable et remarquée (rare Oscar concédé à un film horrifique, la brillante performance de Fredric March l’explique) relecture de Stevenson (scénario de Percy Heath & Samuel Hoffenstein, auteur du Magicien d’Oz , de Laura , d’un diptyque pour le délocalisé Duvivier) via un virtuose et troublant travelling avant, en POV bien épaulé par Karl Struss   ( Le Dictateur , Les Feux de la rampe , La Mouche noire ) à la direction de la photographie & William Shea (plusieurs Lubitsch) au montage, tandis que Wally Westmore ( Les Dix Commandements + six titres pour Hitchcock, dont Sueurs froides ) s’occupera de maquiller l’acteur en homme des cavernes victorien, de Miriam Hopkins amant puis assassin, excitante et innocente putain (merci à l’époque bénie du Pré-Code Hays), sa...

Le Sexe qui parle : L’amour est une fête

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Réputation usurpée ? Item à recommander… Film schizophrénique jusque dans sa forme, cf. les inserts directs, les doublures de césure, mélange des régimes érotiques/pornographiques, voilà un portrait de femme tourmentée, à la libido divisée. Victime d’attouchements en famille, prostrée par un presque parricide, Joëlle ne jouit plus. Pire, son sexe se met soudain à causer, à l’insulter, à la diriger, à la mener par le bout du nez, à prendre son pied, à raconter à son mari médiocre, démuni, son passé osé, masturbatoire, blasphématoire. L’adolescente suce ainsi un tennisman, se déflore en compagnie de Pinocchio, avale en tandem un surveillant surmembré, s’enfile sur un curé au confessionnal, fichtre. Ensuite, désormais, elle glisse un billet parmi l’intimité touchée d’une blonde inconnue, suivie dans la rue, s’occupe via sa voie buccale de son assistant sidéré, pratique un onanisme somnambulique, en petit public hypocrite, stupéfait, prend en main deux spectateurs de sal...

Dr. Jekyll and Mr. Hyde : Caché

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L’identité comme maladie, la drogue répit, le film expérience réflexive.     Instant troublant, insolite, au bord du risible, annonciateur de The Thing (John Carpenter, 1982) : durant son sommeil très troublé, le docteur meurtrier matérialise sa hantise sous la forme en surimpression d’une araignée démesurée, à tête humaine, la sienne, la malsaine, qui contourne le lit, monte dessus, recouvre son corps ; on pense au Cauchemar de Johann Heinrich Füssli (1781), voire à Ça de Stephen King (1986). Davantage que Robert Louis Stevenson, la transposition de Clara S. Beranger, scénariste stakhanoviste pour Cecil B. DeMille, évoque Oscar Wilde, moralité muette de tentation cédée, assumée, in fine suicidée, bague létale de Renaissance empoisonnée incluse. Elle permet de découvrir John Barrymore, frère de Lionel, grand-père de Drew, acteur-comédien au profil aquilin, surnom de profession. Saluée à l’époque, sa prestation persiste à impressionner presque cent après, va...

Edge of Sanity : Susana la perverse

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  « Connais-toi toi-même » conseillait Socrate – et quid du diable à domicile ? Je l’ai dit, je le dis, et je le répète : les femmes, je suis contre... tout contre. […] Je ne peux m’en passer car la femme est une drogue des plus violentes et des plus coûteuses. Guitry Docteur Jekyll un jour a compris Que c’est ce Monsieur Hyde qu’on aimait en lui Mister Hyde, ce salaud A fait la peau, la peau du Docteur Jekyll Gainsbourg Voyeurisme infantile de « scène primitive » et introductive durant une orageuse nuit au creux d’une écurie, avec pendaison par les pieds, fessée rousseauiste administrée par l’étalon au milieu des étalons, défiguration de gourgandine moqueuse d’humiliation : nul de s’étonnera que l’honorable médecin se réveille en sursaut sous le choc de ce souvenir-cauchemar-fantasme. Épargnons au lecteur l’énumération des adaptations du court roman de Stevenson pour situer celle-ci, sortie en 1989, juste avant les ré...

Brigitte Lahaie : Les Films de culte : L’Étalon noir

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Elle s’immobilise, elle se démultiplie, elle se souvient puis s’enfuit dans tes nuits. Quarante-cinq euros, écot de « financement participatif » en ligne – appel pour autorisation exceptionnelle de la banque : voici ce qu’il faut faire, quand tu ne possèdes pas de cellulaire – et, plus d’une année après, réception en Colissimo à domicile. Un livre d’environ deux kilos, aux extrémités du dos tassées (on imagine la délicatesse proverbiale du traitement postal) ; trois DVD avec boîtier (duo de documentaires redondants associé à Ta gueule, je t’aime ! de Serge Korber, réalisateur « traditionnel » et « spécialisé ») + deux doublons dans des pochettes en plastique ; des reproductions de planches-contacts explicites ; une image de bain botticellien au mauvais goût très années 80 ; l’inventive typographie rougie de Je brûle de partout  ; un projet de couverture synthétique, tel un manifeste d’art « naïf » en partie...