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Affichage des articles associés au libellé Olivier Dahan

L’Expérience interdite

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  Un métrage, une image : K.Z.9, camp d'extermination (1977) « De même, le cinéma montrant sans cesse des scènes de massacre et d’atrocités, vous finissez par croire que vous   êtes vaccinés contre la mort. C’est du courage en toc. »   Bernard Werber, Le Livre du Voyage Voici un ouvrage lesté d’outrages, qui ne pouvait être produit que durant les excessives seventies , libertaires ou permissives, suivant l’adoptée perspective. Si mon homonyme décédé, donc ressuscité, peut-être que Mengele à ceci aussi pensait, décidait soudain de le commettre aujourd’hui, non seulement il ne trouverait aucun financement, a fortiori du côté du ciné d’Italie, en soins palliatifs, comme chacun sait, depuis disons une trentaine d’années,   mais en sus il lui faudrait affronter de multiples néo-ligues de vertu, plus ou moins bienvenues. Le réalisateur des pas si redoutables, presque recommandables, L’Autre enfer (1981), Scalps (1987), des plus discutables Virus cannibale...

Dawn of the Dead

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  Aube des macchabées ? Jour toujours de retour… Le mélomane Pialat le premier s’en empara, premier mouvement mis sur le générique de Police (1985), puis le rapide Peter Weir ( État second , 1993), au sein du sillage d’un succès de CD, puisque la désormais fameuse symphonie de Górecki sortit chez Nonesuch un an avant. Ces « chants de chagrins », d’autres cinéastes s’en servirent, citons le tandem anecdotique de Schnabel ( Basquiat , 1996) & Malick ( The Tree of Life , 2011),   plusieurs interprètes les servirent, pour le meilleur et pour le pire : la pionnière Stefania Woytowicz pâtit d’être trop opératique ; Zofia Kilanowicz , chanteuse en chaire, en présence du compositeur impassible, sinon souffrant d’un ennui poli, les dramatise et les glamourise ; Lisa Gerrard , contralto et non soprano, point trop n’en faut, s’égare, les adeptes de Dead Can Dance ne se marrent ; Beth Gibbons , assise, exquise, émancipée de Portishead, dirigée ...

L’Enfant à la voix d’or + Piaf : Respect

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  Oiseaux en stéréo, « précarité » repoussée au micro…   Après la parole suprême ( Ordet , Carl Theodor Dreyer, 1955), la « voix humaine », en écho, à la Cocteau, se donne à voir et à entendre, se met en scène et se médiatise, devient vite un vecteur poétique et politique ( L’Enfant à la voix d’or , Antonio del Amo, 1957 + Piaf , Guy Casaril, 1974). Via un vocaliste franquiste, une maman avec enfant, elle identifie l’individu, sur scène, dans la rue, l’expose au public, aux parents, aux habitants, aux femmes à leurs fenêtres, monnaie lancée de modeste gynécée. Elle crée par conséquent du « lien social »,   musical. La musique, ici, adoucit l’humeur des auditeurs, amenuise provisoirement le malheur. Il s’agit ainsi d’un miracle laïc, d’une épiphanie acoustique, instant d’apaisement, immobilité adoubée, l’oreille collée à la radio, ou sororité instantanée, aussi improvisée, à l’image du ramage, rappliquée illico . Si la technologie l’espace ...