Francofonia : Alexandre le bienheureux
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alexandre Sokourov. Codicille inutile à L’Arche russe (2002), Francofonia (2015) retravaille le motif principal du patrimoine pictural, enjeu esthétique et historique, ludique et mélancolique. Si le précédent ouvrage se terminait sur une mer menaçante, celui-ci commence, à distance, par sa sœur tempétueuse, risquant de couler le cargo chargé de tableaux, rime interne, histoire qui se répète, à l’instar de l’Histoire toujours suspecte, dotée de sa grande hache à la Perec. On retrouve itou les marins eisensteiniens, les cercueils de Leningrad assiégée, ici évoquée via des images d’actualité assez saisissantes, je pense en particulier à ce plan d’un enfant décédé sur des marches d’escalier, presque une œuvre en soi, loin d’Odessa, située au bord de l’obscénité, en écho à une fameuse photo de « migrant » minot, échoué sur une plage turque, aux p(l)eureuses portes de l’Europe. « Que serions-nous san...