Articles

Affichage des articles associés au libellé Alexandre Sokourov

Francofonia : Alexandre le bienheureux

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alexandre Sokourov. Codicille inutile à L’Arche russe (2002), Francofonia (2015) retravaille le motif principal du patrimoine pictural, enjeu esthétique et historique, ludique et mélancolique. Si le précédent ouvrage se terminait sur une mer menaçante, celui-ci commence, à distance, par sa sœur tempétueuse, risquant de couler le cargo chargé de tableaux, rime interne, histoire qui se répète, à l’instar de l’Histoire toujours suspecte, dotée de sa grande hache à la Perec. On retrouve itou les marins eisensteiniens, les cercueils de Leningrad assiégée, ici évoquée via des images d’actualité assez saisissantes, je pense en particulier à ce plan d’un enfant décédé sur des marches d’escalier, presque une œuvre en soi, loin d’Odessa, située au bord de l’obscénité, en écho à une fameuse photo de « migrant » minot, échoué sur une plage turque, aux p(l)eureuses portes de l’Europe. « Que serions-nous san...

Ghost Rider : Notes sur la marotte de Garrett Brown

Image
Filmer avec un niveau ? Tracer un itinéraire et pacifier la guerre. Sylvester Stallone monte un escalier de musée, boxeur en route vers la gloire ( Rocky , Avildsen, 1976) ; Jack Nicholson se perd dans le labyrinthe végétal d’un hôtel enneigé, ogre impuissant à la poursuite de son fils voyant ( Shining , Kubrick, 1980) ; John Travolta traverse une foule en liesse, au ralenti et donc incapable de sauver sa Sally ( Blow Out , De Palma, 1981) : derrière ces trois instants emblématiques, sinon opératiques, du cinéma américain de la fin des années 70, du début des années 80, entre optimisme et pessimisme, conte de fées et mélodrame, étude de caractère et imaginaire méta, portés par trois fortes individualités, sublimés par le lyrisme irrésistible, si sudiste, des compositeurs Bill Conti & Pino Donaggio, étayés par un sous-texte à propos du prolétariat, du passé qui ne passe pas, de la paranoïa, se tient littéralement un homme à la caméra, ave Vertov, un inventeur féru de...

L’Arche russe : La Maison Russie

Image
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Alexandre Sokourov. Dans un entretien (disponible sur le site supra ) avec Michèle Levieux à l’occasion du Soleil , Sokourov se remémore : « Avec la vieille dame d’une vie humble, j’ai vécu le Japon de l’intérieur. Et en même temps, je consultais des archives. J’ai écouté les gens attentivement, observé leur comportement, comment ils pensent et comment ils rient. Lorsque j’étais dans la foule, j’essayais d’être invisible comme eux. Je leur montrais que je voulais recevoir d’eux ce qu’ils voulaient bien me donner. » Trois ans plus tôt, le voici en voix off dans les ténèbres, parlant d’un « grand malheur » obscur, se retrouvant illico dans les couloirs de l’Ermitage, à la suite d’un avatar de Virgile démarqué du marquis de Custine, ironique explorateur livresque de la Russie au dix-neuvième siècle. Boulevard du crépuscule meets Le Syndrome de Stendhal  ? Un peu, o...