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Affichage des articles associés au libellé Chris Walas

The Kiss : The Story of Joanna

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Tante rebutante et sirène guère sereine… Débuté tel L’Exorciste (William Friedkin, 1973), le Congo belge alors substitué à l’Irak du Nord, poursuivi en rime à La Malédiction (Richard Donner, 1976), une traversée de vitrine à la place d’une décapitation vitrée, The Kiss (1988) inclut aussi des menstrues adolescentes à la Carrie au bal du diable (Brian De Palma, 1976) et une créature serpentine, de forme excrémentielle, qui rappelle un peu les sangsues scatologiques de Frissons (David Cronenberg, 1975). Ce shocker méconnu, en partie exotique, (re)connaît par conséquent ses classiques, cite Blonde Venus (Josef von Sternberg, 1932), mais il fait mieux que les refourguer, il les retravaille et développe son propre univers, dont la moralité de pérennité paraît dialoguer à distance avec La Féline (Paul Schrader, 1982) et La Nurse (William Friedkin, 1990), autres contes de fées défaits pour adultes, à base de métamorphose familiale, de sorcellerie sacrificielle, le second d’...

La Peau douce : Hommage aux maquillages

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Le latex te laisse perplexe ? Revisite quelques classiques, épouvantables et sublimes. À la mémoire de Benoît Lestang. Le masque démasque, tandis que la nudité déguise, demandez aux comédiens grecs, japonais, aux hardeuses US. Le corps constitue l’effet spécial suprême, même lorsqu’il prend la pose, il ne cesse sa métamorphose. Si nos vies pouvaient se visionner en accéléré, burlesque grotesque, tragédie teintée de comédie, nous verrions s’accomplir pour ainsi dire à l’extérieur, dans toute son ampleur, la ruine quotidienne, ce processus assuré de destruction dont parlait Fitzgerald dans La Fêlure (1945), pas encore transposé par le Fincher de L’Étrange Histoire de Benjamin Button (2008). Les albums photographiques, recueils d’entomologie intime, en donnent une bonne idée, toutefois trop figée, trop proche du tombeau. Le cinéma, par définition art funéraire et embaumeur de bonheur(s), miroir fantomatique, spatial, temporel, ranime les rides, magnifie les maladies,...

Tel père, tel fils : L’Échange

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Hirokazu Kore-eda. Mon Dieu comme l’on s’emmerde à ce téléfilm manichéen, méticuleux, œcuménique, qui plut pourtant à tout le monde ou presque, notamment à Spielberg de passage à Cannes, tu m’étonnes, achat des droits du remake ricain inclus. Insoutenable suspense scénaristique : le père friqué, aussi froid qu’un sushi surgelé, va-t-il in fine comprendre, dessillé par son Petit Prince à lui, que le cœur compte davantage que le sang ? Saura-t-il surmonter son traumatisme d’enfance, dire maman à sa belle-mère hilare, sans chichis, dépasser le point de vue passéiste de son papounet peu respecté ? Les deux couples divisés par une fausse erreur médicale – ah, la garce d’infirmière repentie échangea les chiards à leur naissance, vengeance de classe et morale du ressentiment nietzschéo-marxiste, heureusement, cela nous vaudra quelques dommages et intérêts, philosophe le pragmatique géniteur régressif spéci...

La Mouche 2 : Martin

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Insecticide ? Parricide. Cette suite opportuniste et sincère, surprenante et ennuyeuse, inoffensive et perverse commence comme La Boum et finit comme Freaks . Accompagné d’artisans de talent, Chris Walas réalise une romance mâtinée de vengeance, à l’évidence destinée à un public pubère. A contrario du caractère adulte du Cronenberg , le remake d’un ersatz des années 50 sorti en 1989 se savoure, voire déçoit, tel un drame œdipien. Dans le sillage de Spielberg, Richard Donner ou surtout Joe Dante, notre émérite spécialiste des effets spéciaux portraiture une enfance orpheline et une adolescence accélérée à l’aune de la monstruosité, d’une altérité désormais intégrée, incarnée. Avec son père truqué à la Philip K. Dick, par ailleurs à la tête d’un avatar biologique du célèbre complexe militaro-industriel, avec sa créature réjouissante et ratée de drive-in , avec sa coda cruelle au fond d’une écuelle, le métrage accuse son âge et charme/irrite par son passéisme. Tel Truman,...