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Affichage des articles associés au libellé Hubert Charuel

La Ferme du pendu : Au nom de la terre

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  Propriétaire terrien ? Propriétaire, t’es rien… Regain (Pagnol, 1937) se terminait sur un couple en train de semer, sur le point de récolter, d’accoucher, bouleversait via ses travellings vibrants, la belle BO du fier Honegger ; La Ferme du pendu (Dréville, 1945) s’achève sur un vieil homme esseulé, terrassé, au sens propre, figuré, trépas depuis longtemps programmé, n’en déplaise au neveu juvénile, qui l’appelle, invisible, qui convainquit in extremis sa maman s’en allant de le laisser là, auprès de son oncle conquis, sur cette terre obsédante, épuisante, suaire austère sillonné de sueur, de labeur, tout au long des décennies, tant mieux, tant pis. Commencé au milieu d’un cimetière, le métrage méconnu mérite son exhumation, se dédie à une destruction, celle d’une fragile fratrie où les « affaires » se foutent des femmes, où un cocufieur finit fou, où un frêle frangin file, devient mécanicien. La tante précitée elle-même s’enfuit à la ville, rentre...

Valley of Shadows : La Cabane dans les bois

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Un enfant, des sortilèges, oublions Colette & Ravel, suivons Aslak & Jonas. Une scène assez superbe cristallise ce premier métrage un peu trop sage, poli, alangui, conte de fées rétif au fantastique et plutôt porté sur le drame de deuil fraternel : une barque dérive sur un lac arthurien avec à son bord un bambin endormi bientôt confronté à un spectre familier. Porté par la partition inspirée de Zbigniew Preisner et la voix d’au-delà de Lisa Gerrard, l’esquif lyrique arrive sur l’autre rive, celle de Kiyoshi Kurosawa, au royaume des morts à écouter, à pardonner, Zippo allumé puis éteint. Au matin, l’enfant toujours ensommeillé, porté en pietà , secouru par des membres de la Croix-Rouge, reviendra en sens inverse, vers sa mère esseulée, délaissée, veuve de mari, de fils, évanouie aussitôt sous le choc de l'annonce faite off par les policiers impuissants. Un gosse grandit donc au cours d’une nuit, d’une traversée de forêt infernale, mentale, modélisée d’après les il...

Le Sang des bêtes : Abattoir 5

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Fonction heuristique du cinéma, au risque de couper l’appétit à la cinéphilie jolie.        Dans l’envoûtant Les Yeux sans visage (1960), Pierre Brasseur, chirurgien meurtrier d’une fille défigurée, finit dévoré par ses propres chiens délivrés. Dans Le Sang des bêtes (1949), point de chenil ni d’assistante dévouée, énamourée, moins encore de revanche d’espèce, rien que la rationalisation, la banalisation, d’une extermination, comme les camps du même nom, car ce court film courageux, malicieux, ose se souvenir d’Auschwitz et se confronter à une difficile figuration. Dès l’innocente brocante de Vanves, on pense aux biens spoliés, rassemblés en pyramides dans des pièces vides, recyclables ou pas. Le métrage de Franju nous apprend d’ailleurs que les sabots deviennent engrais, que des religieuses, cadrées de dos, récupèrent les gélatineux amas de graisse, Dieu sait ce qu’elles en font ensuite. En quatre temps ou stations, presque au sens christi...

Kaw : Le Corbeau

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Moins drôle que Corman, moins sérieux que Saura, sans le fromage de La Fontaine. Après l’élevage de The Breed , le plumage de Kaw  : poursuivons dans l’imagerie animalière vénère, cette fois à coup de corbeaux dopés à l’ESB sévissant précédemment sur la ville provinciale d’Evermore, Poe s’en marre encore. Comme dans Petit paysan , un exploitant tente de dissimuler aux autorités la maladie transmissible ; originalité relative du script , il s’agit d’une famille de Mennonites moins portés sur l’érection de grange que les Amish selon Peter Weir, revoyez fissa Witness . Le patriarche à la barbe de prophète, ou de père Noël peu amène, possède un puits à la Ring où planquer le cadavre de la laitière, vite rejointe dans sa tombe humide par une prof « d’anthropologie culturelle » éprise de photographie, accessoirement souris du shérif démissionnaire et sur le départ par amour, bonjour. Hélas pour lui, les mauvais esprits rajoutent pour nous, tout va aller de mal e...

Petit paysan : La Vache et le Prisonnier

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Hubert Charuel. Le problème avec la paranoïa, paysanne ou pas ? Elle peut comporter une part de vérité, tandis que la peur par anticipation paraît provoquer son objet, le matérialiser dans la réalité, tant celle-ci se définit aussi, surtout au cinéma, par sa subjectivité. Petit paysan , dès ses premiers plans au surréalisme symbolique et humoristique, acmé de cuisine onirique envahie par les bovidés, nous plonge dans l’esprit d’un exploitant laitier tourmenté, d’un monomaniaque de la traite, du troupeau, du véto, ici sa sœur, bonheur-malheur, trop occupé pour croquer les miches de la boulangère pourtant craquante et passant ses rares nuits de répit à ressasser les mises en ligne monologuées, mondialisées, d’un homologue au bord de la camisole. Tout se passe comme si l’horrifique Isolation fécondait l’eschatologique Take Shelter , référence affirmée de l’intéressé, avec pour résultat ce mé...