Articles

Affichage des articles associés au libellé Billie Holiday

Une femme française

Image
  Un métrage, une image : Le Bagarreur du Kentucky (1949) Ce western sentimental et territorial, méconnu et mésestimé, s’avère vite un divertissement souvent amusant, toujours intelligent, un film d’amour et d’amitié, par la réalité miroitée, voire l’inverse. Wayne interprète et produit, implique son pote Oliver Hardy, paire improbable et cependant indiscutable, tous les deux dirigés par une vieille connaissance, George Waggener par ailleurs réalisateur d’un Le Loup-garou (1941) pas relou, tandis que le patron de Republic Pictures, studio désargenté, chaque cinéphile le sait, en profite pour cas(t)er sa compagne puis épouse, ouf. Le cinéaste-scénariste ressuscite ici une curiosité historique, à savoir l’acclimatation forcée, aux accumulées difficultés, de colons français.  Le Bagarreur du Kentucky bénéficie aussi du beau boulot du directeur photo Lee Garmes, partenaire ès lumière de Sternberg ( Shanghaï Express , 1932), Hawks ( Scarface , idem ), Korda ( Le L...

Do outro lado do azul : Aquarela do Brasil

Image
« Motus et bouche cousue » ? Mots tissés pour Andrea Motis… À Stéphane Barthélémy À la mémoire de João Gilberto Ni Astrud Gilberto ni Norah Jones, moins encore Billie Holiday, références fastidieuses, sinon hasardeuses, de presse classée spécialisée, revoici Miss Motis, jadis découverte par votre serviteur à l’occasion du sympathique mais anecdotique single He’s Funny That Way (2016). La jeune trompettiste, parfois saxophoniste, délivre ici un second CD à son image, à son ramage, à savoir droit et délicat. « De l’autre côté du bleu », au-delà du blues , peut-être du ciel, de ses merveilles oziennes, derrière la pluie de Dorothy, l’auditeur séduit déambule en compagnie d’une productrice espagnole qui écrit, compose, arrange et chante, en majorité en portugais. Bien entourée par une dizaine de musiciens masculins, dont l’incontournable Joan Chamorro , mentor et double bass , précisons la participation de sa sœur Carla, guitariste/vocaliste sur un ...

Gloomy Sunday : Je hais les dimanches

Image
L’Histoire et l’histoire, la solitude des esseulés, le salut des stoïciens… On connaît la chanson : en 1933, date maudite pour l’Allemagne, le pianiste Rezső Seress publie une composition appelée à lui allouer une pérenne postérité. La mélodie mélancolique en do mineur se voit équipée de paroles d’abord politiques, apocalyptiques, ensuite suicidaires, merci au poète séparé László Jávor. S’opère ainsi un passage significatif, d’une angoisse existentielle, contextuelle, d’exilé hexagonal, s’adressant au divin, à une lamentation sentimentale d’amant prometteur, je te rejoindrai vite, mon pauvre cœur. Précisons aussitôt que la réputation de pousse-à-la-mort s’avère usurpée, relève de la rumeur en vérité infondée, de l’argument commercial macabre. Il existait mille et une raisons de se suicider, en Hongrie ou à Paris, durant cette décennie, non ? Unisexe, la chanson du soupçon, tube tabou, enchanta des chanteurs, des chanteuses, se traduisit en français, en anglais, en ja...