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Affichage des articles associés au libellé Peter Yates

Petits meurtres entre amis

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  Un métrage, une image : Assassinats en tous genres (1969) Comédie carrément comique, divertissement vraiment divertissant, The Assassination Bureau doit beaucoup au couple impeccable de Diana Rigg & Oliver Reed, à un casting choral irréprochable, mentions spéciales à Curd Jürgens, Philippe Noiret, Telly Savalas, à la bella Annabella Incontrera, à une direction artistique très soignée, digne d’être saluée, au même titre que le script , modèle de rythme et d’humour ironique. Ceux-ci reviennent en vérité à un seul type, à savoir le production designer et scénariste Michael Relph, qui produit aussi, qui réalisa quelquefois. Collaborateur régulier et partenaire privilégié du réalisateur concerné, l’homme de talent polyvalent adapte donc un roman commencé par Jack London puis terminé par Robert L. Fish, polardeux dont le Mute Witness publié la même année, en 1963, devint Bullitt (Yates) en 1968. Relph transforme le matériau d’origine, limité à l’Amérique nordiste, en ...

Blood Diamond

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  Un métrage, une image : Vivre pour survivre (1984) Famille en fuite, soldats de sous-bois, ralenti de condamnation, travail sur la bande-son : le prologue presque impressionne, on peut penser, pourquoi pas, à Ne vous retournez pas (Roeg, 1973) puis au Vieux Fusil (Enrico, 1975), puisque Jean-Marie Pallardy, caméo en mari, se fait fissa et in fine enflammer, dut avoir très chaud, au propre, pas au figuré, en écho au cascadeur de la coda, idem incendié pour de vrai, point d’effets numériques, du feu affirmé, choc et chic. Ensuite, ça se calme, mais ça ne désarme, le « feu blanc » du diamant géant, irradiant, telle la boîte (de Pandore, d’accord) atomique de En quatrième vitesse , Aldrich, 1955), attise la décuplée convoitise, celle d’Olaf, manageur de mine amical, à combinaison spatiale, à Gordon Mitchell minéral ; celle de Sophia, transalpine émasculatrice, démunie de merci ; celle itou d’un policier ripou, auquel Fred Williamson, qui paraît beauc...

Dune : Les Épices de la passion

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lynch. « The spice must flow », le flux du film aussi, c’est-à-dire celui du récit de la si sereine Virginia Madsen, descendante impériale remplaçant au firmament l’immortelle maman de L’Homme éléphant (1980). « The dream unfolds », affirme (saint) Paul, spectateur autant qu’acteur de sa « légende », « messie » de « prophétie », « dormeur » mis en demeure de « se réveiller », de vivre/suivre sa destinée, « élection » disons épicée. « Travelling, whitout moving », comprendre « replier l’espace », « voyager sans se déplacer », en d’autres termes, aller au ciné, se mouvoir, s’émouvoir, de manière immobile, face à l’épiphanie d’une mécanique quantique. Mélodrame militaire, opus œdipien, métrage méta, ce Dune (1984)-là, n’en déplaise au tandem Alejandro Jodorowsky & Denis Villeneuve, séduit, déç...

Élémentaire, mon cher... Lock Holmes : Le Prête-nom

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La pipe et la plume ? La loupe et l’épée… Vraiment divertissant, ce divertissement renverse donc les rôles, entre Watson & Holmes, s’autorise davantage, puisqu’il associe Pirandello & Stevenson. Si le dissimulé, l’infâme Mister Hyde, représente la part sombre de Londres, piétine, de manière malsaine, le puritanisme hypocrite (pléonasme) de la période victorienne, au-delà matérialise la monstruosité intime, guère magnanime, de l’humanité divisée, l’anonyme Reginald Kincaid en incarne une version douce, se contente d’être un coureur de jupons concon, un buveur obstiné, un joueur endetté. Marionnette peu malhonnête, du « docteur en criminologie », insupporté par son succès, du romancier de ses aventures vécues, très romancées, l’obscur cabot va devoir se réinventer, merci Moriarty, c’est-à-dire devenir le divin (et endeuillé) détective, se transformer fissa en son fameux modèle. Le personnage pourvu d’un auteur, suspendu en hauteur, saura se hisser sur les...

Over the Top : Aigle de fer

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Routier sympa, pneu à plat… Pour mes parents Over the Top (Menahem Golan, 1987) possède une réputation médiocre, euphémisme diplomatique, néanmoins, malgré ses limites manifestes, cet aimable mélodrame maternel-masculin ne mérite point d’être massacré, en tout cas pas par moi, même emmuré à cause du maudit corona . Commencé sur une route en lacet survolée en hélicoptère, sur un sourire de l’esseulé Sylvester, il se termine idem , précédé par une étreinte en public, chic. Entre ces deux instants, plusieurs (me) paraissent intéressants, sur plusieurs plans. Filmé avec un professionnalisme impersonnel par l’estimable Menahem, à/pour l’occasion producteur devenu réalisateur, Over the Top en effet dépeint un portrait pertinent de son principal interprète, ici en sus co-scénariste, esquisse un instantané du ciné US, c’est-à-dire de la psyché étasunienne alors sous mandature reaganienne, dresse en outre une surprenante dystopie sexuée, je vais tout vous expliquer. Père parti, ...

Le Choc des Titans : La Gorgone

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Désincarcérer le Kraken ? Se réjouir avant de mourir…      Au fellinien Michel Feur, mon Charon The stars line up The stars line up for us tonight The stars line up The stars line up tonight to see To see who we are baby Let’s write our names High up inside the sky Marianne Faithfull Lui-même fabricant barthésien de mythes contemporains, le cinéma ne pouvait pas se passer de la mythologie antique, réservoir culturel de récits matriciels remplis de sang, de sueur, de sperme et de larmes, à l’instar de la Bible, similaire fournisseuse a fortiori morale, sinon moralisatrice, d’histoires sensationnelles pour scénariste stérile. Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981) illustre celle de Persée, abandonné à sa naissance tel un certain Moïse, sa mère en détresse exilée sur la mer mauvaise par son grand-père vénère au creux d’un cercueil de saison, de flottaison, la pauvre Danaé ainsi punie par son piètre papounet, promis au rapide trépas...

Krull : Un peuple et son roi

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Colossale connerie à concasser ? Modeste trésor à transmettre. En découvrant Krull (1983) hier soir, surpris, séduit, je pensais à Ladyhawke (1985), aux extérieurs aussi tournés en Italie. Réel réalisateur, à l’instar de Richard Donner, Peter Yates sait en effet enraciner sa fantasy au sein de la réalité, au propre, au figuré. Une   bande-annonce d’époque, malheureuse car menteuse, transforme le film en ersatz désargenté de Star Wars (Lucas, 1977), en mélasse médiévale anachronique, gare aux lasers faméliques. En vérité, Krull s’avère un conte de fées sur la fraternité, une allégorie jolie sur l’exercice du pouvoir, démocratique ou tyrannique, une œuvre adulte, remplie de calme tumulte, adressée non pas à l’enfant peut-être encore l’intérieur du spectateur, disons disparu depuis des décennies, mais à sa part d’enfance, c’est-à-dire à sa capacité conservée de s’émerveiller, de s’immerger au milieu du merveilleux, de suspendre son incrédulité, d’animer en feedba...