Articles

Affichage des articles associés au libellé Peter Hyams

Les Ombres et les Rayons

Image
  Exils # 193 (29/04/2026) Dans ses mémoires de boire et déboires, « Tony » Hopkins trouvait « anglais » ces récits de ciné, où renoncent les gens de tous les jours, surtout en amour, conformisme clivant, fissa « déchirant ». En ce sens, Guerre et Passion (1979), intitulé français à la Tolstoï, le titre d’origine se limite au topographique, rue du début puis perspective in extremis , se définit film britannique, en sus de la nationalité de l’équipe, du lieu de sa fabrique. Le mélodrame martial évoque davantage Lean intime que le glamour militaire d’ Officier et Gentleman (1982). Mélancolique et pudique, il expédie une scène sexuelle en deux plans point malaisants, comme disent les objecteurs de conscience d’aujourd’hui, torses dissimulés, mains enlacées, durant moins longtemps que le londonien bombardement. Après un prologue de « romcom »,   attaque et contre-attaque de simulacres, se tisse en montage alterné, bombes à larguer, infi...

Society

Image
  Un métrage, une image : No Place to Hide (1993) Mélodrame méconnu, déguisé en thriller de microsociété à faire peur, renié en tandem par ses deux principaux interprètes, Chute en enfer , intitulé français à fissa refuser, frise assez souvent le risible, néanmoins mérite quelques lignes. Le scénariste/cinéaste Richard Danus vient de la TV, on pouvait vite le deviner, en dépit d’une poignée de plans charriés au steadicam chaloupé. Il signe ici son unique incursion au ciné, donc en compagnie de Kris Kristofferson & Martin Landau, meilleurs ennemis de police complice. Tandis que Drew Barrymore, juvénile encore, incarne une adolescente diariste et endeuillée, soi-disant indécemment (dés)habillée, O. J. Simpson portraiture un ami d’une masse muni, ancien footballeur américain, à la colonne cassée, en fauteuil roulant désormais, sorte de Lazare (re)levé trop tard, blague un brin raciste et mort héroïque en prime. Cramé par la critique, pourvu d’un petit et piètre script , désav...

L’Invasion des profanateurs : Arnaques, crimes et botanique

Image
  De la déprime et du speed , de la graine et plus de haine… Car Je est un autre. Rimbaud L’Invasion des profanateurs  (1978) possède déjà les défauts de L’Étoffe des héros (1983), il manque de rythme, de style, il dure deux heures, Seigneur. Viré par Eastwood du plateau de Josey Wales hors-la-loi (1976), qu’il co-écrivit, Kaufman en dépossédé paraissait toutefois la personne idoine pour à nouveau adapter la moralité d’altérité de Jack Finney. Ensuite auteur d’un diptyque pseudo-littéraire de peu de valeur, le décoratif et dispensable L’Insoutenable Légèreté de l’être (1988)/ Henry et June (1990), le Phil cinéphile s’acoquine au sieur Richter ( Dracula , Badham, 1979, Brubaker , Rosenberg, 1980, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin , Carpenter, 1986), afin d’édifier les foules au sujet de leur déshumanisation supposée, de leur aliénation, étrangeté au propre, au figuré, de saison, allons bon. En vérité, sa sienne invasion synthétise et spatialise...

Folies d’avril

Image
  Un métrage, une image : Le Suspect idéal (1997) Sans son casting ad hoc , pas en toc, Deceiver décevrait, ressemblerait à un ersatz en définitive assez fadasse et futile de Usual Suspects (Bryan Singer, 1995). Mais muni de Tim Roth ( La Légende du pianiste sur l’océan , Giuseppe Tornatore, 1999), de Chris Penn ( Nos funérailles , Abel Ferrara, 1996) & Michael Rooker ( Henry, portrait d’un serial killer , John McNaughton, 1986), le petit exercice de style des jumeaux Jonas & Josh Pate prend une autre dimension, acquiert presque une autre ambition, que le jeu un peu oiseux du chat et de la souris de son incertain, malsain et ad nauseam recommencé récit. Une prostituée Elizabeth prénommée se fait donc trucider puis en deux découper, amitiés macabres à la fameuse Elizabeth Short, of course . Pourtant pas de « dahlia noir », plutôt un partagé désespoir, ludique ou tragique, puisque le premier flic doit du fric au bookmaker Mook, caméo en prime d’Ellen B...

Miami Vice

Image
Un métrage, une image : Deux super-flics (1977)  Pour mon père On sourit assez souvent, estival, indulgent, à ce divertissement, en effet « bon enfant », comme si soudain, de façon impossible, Sur les quais (Elia Kazan, 1954) croisait Scarface (Brian De Palma, 1983). Un chômeur mutique rencontre un « clandestin » charismatique. Les affamés de Floride contredisent fissa que « l’habit ne fait pas le moine », démontrent que l’uniforme fait le (vrai-faux) flic. Bye-bye au braquage du fourgon blindé, a priori rempli du fric du supermarché, vive les délices de la sudiste, sinon raciste, police. On s’en souvient, le Charlie Chaplin du  Kid (1921) affrontait un officier, signature de la nature anarchiste de l’imagerie humoristique. Ici aussi, on devine vite la rive du mélodrame, car notre tandem récalcitrant, faisant tout pour se faire virer, vient in fine en aide à une famille « d’étrangers », terme à relativiser, surtout ...

Grease : Travolta et moi

Image
Du miel à la truelle ? Diptyque de pépites… N’en déplaise aux spécialistes, au critique Kant, le sublime peut aussi procéder du risible, au lieu de flanquer l’effroi, de flanquer les foies, au moins parfois, surtout au cinéma, surtout à gomina. Le dispensable Grease (Randal Kleiser, 1978) présente ainsi deux instants assez intéressants, sinon séduisants, unisson de chansons de (désespérée) dévotion et de (mauvaise) réputation. Certes, de supposées lycéennes s’y voient interprétées, double sens, par d’avérées trentenaires, en duo à distance, solidaire, mais la magie, pas seulement musicale, muséale, sentimentale, opère, la « suspension d’incrédulité » possède une certaine solidité. Opus d’adolescence(s) et d’apparence(s), Grease se mire au miroir ludique, liquide, du désir, de la nostalgie, des identités sexuées de communautés archétypisées, des images-mirages d’un autre âge, à la fois subjectif et collectif. Par conséquent, il devient cohérent que l’esseulée,...

Dream House : L’Invraisemblable Vérité

Image
Investir, réinvestir, se livrer, se délivrer… Dream House (Jim Sheridan, 2011) débute donc par une démission : le solide et mélancolique Daniel Craig se casse de sa maison d’édition à la con, mausolée enneigé pris en contre-plongée. Le voici vite chez lui, en famille, à nouveau domicile, home sweet home fissa victime de hom(m)e invasion . En vérité, Will n’écrit pas un roman, il le vit à cent pour cent, et le cinéaste, au côté du scénariste David Loucka, prend bien soin de semer des indices – gare au miroir d’interrogatoire – à l’attention du spectateur attentif, une fois de plus prié d’expérimenter la subjectivité du ciné, sinon la sienne, petit exercice existentiel. À la moitié de sa durée, l’ opus par conséquent se renverse, inverse son point de vue, au lieu d’une révélation confère une confirmation – la dream house s’avère davantage qu’une maison de rêve, une maison rêvée, en réalité, où la réalité, justement, se retourne tel un gant. Dessillé à la Œdipe, Peter se...

China Moon : En direct sur Ed TV

Image
  « Ne pas perdre le nord » ou ramer vers sa mort… China Moon (Bailey, 1994) commence comme Chinatown (Polanski, 1974), par un adultère photographié ; on le doit d’ailleurs au directeur de la photographie de American Gigolo (Schrader, 1980), La Féline (Schrader, 1982), Le Pape de Greenwich Village (Rosenberg, 1984), Mishima (Schrader, 1985), Un jour sans fin (Ramis, 1993), Dans la ligne de mire (Petersen, itou), Pour le pire et pour le meilleur (Brooks, 1997), Incident au Loch Ness (Penn, 2004) ou Les Producteurs (Stroman, 2005). Puis il se poursuit tel La Fièvre au corps (Kasdan, 1981), Floride idem , meurtre du mari, instrumentalisation sentimentale. Bailey travaille en tandem , puisque son épouse Carol Littleton, accessoirement monteuse de La Fièvre au corps , encore, E.T., l’extra-terrestre (Spielberg, 1982), Grand Canyon (Kasdan, 1991), Ce que veulent les femmes (Meyers, 2000) ou Un crime dans la tête (Demme, 2004), assemble l’ensembl...

La Passagère : Douces flammes de Darlanne Fluegel

Image
Une blonde et un privé ? Un brun privé d’espoir, pas de mémoire. Dieu réunit ceux qui s’aiment. Édith Piaf Je me souviens, bien sûr, de Darlanne Fluegel dans Police fédérale Los Angeles ( To Live and Die in L.A. , William Friedkin, 1985) ; je la recroisai, hier soir, dans Haute sécurité ( Lock Up , John Flynn, 1989) ; je découvre, aujourd’hui, en différé, qu’elle décéda en décembre 2017, à domicile, à Orlando en Floride, des suites d’un Alzheimer, rime amère, écho d’hosto, à « notre » Annie Girardot. Soixante-quatre ans, ceci peut certes sembler un peu prématuré, pour passer de l’autre côté, néanmoins l’ancien mannequin pennsylvanien ne chôma pas, durant une vingtaine d’années apparut itou dans Les Yeux de Laura Mars ( Eyes of Laura Mars , Irvin Kershner, 1978), Il était une fois en Amérique ( Once Upon a Time in America , Sergio Leone, 1984), Deux Flics à Chicago ( Running Scared , Peter Hyams, 1986), Coup double ( Tough Guys , Jeff Kan...

Relic : La Nuit au musée

Image
Soupe d’entourloupe, cargaison à la con, soirée sinistrée. Ratage total, plantage interminable, co-production cosmopolite commise par l’estimable Peter Hyams, Relic (1997) possédait pourtant un argument pertinent, une thématique à base de mythe et de génétique. Et si, derrière les récits, les superstitions, se tenaient l’évolution, la mutation ? Débuté en Amazonie intime, presque à la Joseph Conrad, par un bad trip sarcastique, le sorcier sourit de l’hallucination du pigeon, ce métrage d’un autre âge, relique cinématographique au croisement du mécanique et du numérique, la créature exotique de Stan Winston alors dédoublée, informatisée, en plan large, en déplacement rapide, se poursuit en huis clos à Chicago, vrai musée transformé en décor de studio, oblique vers le film classé catastrophe, cohorte de petits privilégiés à évacuer, surtout le maire et sa dame, merci aux mécènes, amen , avant de virer au survival enflammé, au moins au sens propre, tant pis pour le figuré...

Un espion de trop : Terreur sur la ligne

Image
Faux numéro ? Titre tiré « de derrière les fagots » à déguster aussitôt. La bombe humaine Tu la tiens dans ta main Tu as l’détonateur juste à côté du cœur La bombe humaine C’est toi, elle t’appartient Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin C’est la fin Téléphone, 1979 Dans Un espion de trop (1977), Don Siegel reprend la paranoïa de L’Invasion des profanateurs de sépultures (1956) et module le tandem /la duplicité de Two Mules for Sister Sara  (1970) : de bons citoyens américains se révèlent des Russes terroristes, suicidaires, et Barbara joue un double jeu d’agent double, espionne du KGB puis de la CIA. Le scénario cosmopolite, ludique, ironique, de Peter Hyams & Stirling Silliphant, d’après un roman de Walter Wager, par ailleurs père putatif de 58 minutes pour vivre , possède une structure itérative et duelle, puisque nous assistons aux mauvaises actions des automates téléguidés du stalinien Donald Pleasence et à sa tr...