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Affichage des articles associés au libellé Statut de l'exploitation

Ma petite entreprise

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  Mouron de Pathé Gaumont, devancier d’UGC… Passée inaperçue du public post -pandémique, l’ouverture du capital du groupe CGR Cinémas, comprendre sa « mise en vente de l’ensemble », se voit dotée d’un dossier d’actualité, dénué de la moindre malice, paru parmi la revue professionnelle Boxoffice , dont la une, reproduisant l’affiche de Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Raimi, 2022), suscite aussitôt un titre alternatif, dédié à l’étude de l’étrangeté des multiplexes, de leur folie (pas si) inoffensive. À lire l’entretien du DG serein Bouyssy Jocelyn , tout va très bien, marquise, en dépit d’une « crise » qui s’éternise, d’un écosystème français en train de se métamorphoser, à la vitesse grand V, cf. illico l’édito. De La Rochelle à La Ciotat, d’aujourd’hui à autrefois, le succès, insolent ou stimulant, ne s’arrête pas là, se diversifie fissa. De père en fils, sous l’égide d’un ex -« opérateur projectionniste », on s’occupe donc de restaur...

Ensemble, c’est tout : Solitudes, assassinats, cinémas

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             7 x 11 = trois ou quatre raisons de ne pas renoncer ni succomber au grégarisme.   Même en salles, en période de festival, hors de la sphère des affaires, contrairement à une légende rassurante, le cinéma ne crée pas de « lien social » : il associe seulement des solitudes et réunit d’éphémères étrangers. En ligne, à l’instar des « réseaux sociaux » propices à l’autarcie, à la passivité réactive, porteurs d’une propension à la déliaison, il se situe sous le triple signe de l’immédiat, de la consommation, du commentaire. Il convient par conséquent d’élargir le champ d’application du e-cinema , de ne plus le réduire à la VOD, elle-même avatar du DTV. Nous désignerons donc de ce nom tout contenu filmique numérique mondialisé, qu’il s'agisse de streaming ou de téléchargement, lui-même produit différé, délocalisé, du serveur vers le PC, la clé USB. Ni gratuit, puisqu’il nécessite un abonnement à un fournisseur d...

Un jour sans fin

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Mélancolie du mercredi après-midi, le jour décrété des enfants petits et grands. Les hommes naîtraient/demeureraient donc « libres et égaux en droits », nous dit une docte déclaration citoyenne du siècle de Sade, avant de rajouter dans le même article premier une précision sibylline à propos de « l’utilité commune » des « distinctions sociales » (« Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change » reformulerait le Tancrède pragmatique du Guépard de Lampedusa puis Visconti). Ce double postulat ne concerne pas le cinéma – il concerne à peine les hommes et les femmes au-delà, ailleurs peut-être un peu moins qu’ici, certes. Chaque semaine, des dizaines de titres échouent dans les salles, échouent à y rester. Quand j’écris, je souhaite que tu me lises ; quand tu filmes, je désire le visionner, aussi laissons l’élitisme des happy few à l’auteurisme subventionné.   Existe-t-il un cimetière des longs métrages, à l’instar de...

Une hirondelle ne fait pas le printemps

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Sociologie du cinéma ? Subjectivisme financier de saison. Le Printemps du cinéma vient donc d’atteindre cette année sa majorité ; lancée en 2000, dans le sillage de la Fête du cinéma (elle-même organisée près de cent ans après la naissance du « septième art » version Lumière), par la puissante FNCF (synergie de syndicats émergée à la Libération, une vingtaine environ, « catégoriels » ou non, à Paris et en région, en charge de quasiment la totalité du parc français des salles), l’opération, étalée sur trois jours, du dimanche au mardi, vise à développer la fréquentation par un abaissement du prix du billet, disons de moitié (au lieu de huit, quatre euros). En dix-huit éditions, le visa (« choses vues » et entendues, indeed ) du « voyage immobile » (tous les cinéphiles personnifient le capitaine Nemo, même sans sous-marin) connut une inflation modérée, puisqu’il débuta au coût de trois euros et une poignée de ( dollars ) centime...