Articles

Affichage des articles associés au libellé Mervyn LeRoy

Monnaie de singe

Image
  Un métrage, une image : Un jour au cirque (1939) Les multiples Marx n’amusaient guère Mayer, qui leur colla aux basques un Buster Keaton déjà sur le déclin, réduit au triste statut de gagman à distance, voire en concurrence avec ce type de comique(s). Éclairé par Leonard Smith, partenaire régulier du précité, de plus DP des Poupées du diable (Browning, 1936), d’un diptyque exotique ( Tarzan s’évade + Tarzan trouve un fils , Thorpe, 1936, 1939), sa direction artistique supervisée via l’incontournable et bien nommé Cedric Gibbons, At the Circus possède ainsi le professionnalisme impersonnel d’un produit MGM, en l’occurrence chapeauté par Mervyn LeRoy, pas encore aux prises avec les fauves de Quo vadis (1951).  Derrière la caméra, l’obscur Edward Buzzell, (dé)formé à Broadway ; devant, trois grands garnements, face à trois femmes fréquentées, fréquentables, certes à fond faire-valoir, mais jamais dérisoires : la fidèle Margaret Dumont, veuve joyeuse...

La Lame nue : Présumé coupable

Image
  Alibi , librairie, hasard, rasoir… Le patronyme de l’impeccable Cooper, vite vaincu à cause du cancer , apparaît en premier, pourtant l’obscur opus appartient bel et bien à la douce-amère Deborah Kerr. Pour savoir vraiment ce que signifie frémissant, il convient de découvrir la fascinante performance de l’actrice assez sublime du Narcisse noir (Powell & Pressburger, 1947), Quo vadis (LeRoy, 1951) ou des Innocents (Clayton, 1961). Si l’on ne peut pas ne pas penser au compatriote Hitchcock, puisque poison du soupçon, falaise funeste, faux coupable, flash-back patraque, chantage attesté, salle à bain malsain, escalier cascadé, la vérité, qui fait ici défaut, qui « sonne toujours faux », affirme la mensongère némésis, à la maladresse ironique, magot cramé, marches manquées, réside ailleurs, à l’intérieur des intérieurs d’un mélodrame domestique, autarcique, de classe sociale, de casse maritale, encore écrit et traduit par Joseph Stefano, le scénariste et adaptateu...

Quasimodo : La Gitane

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de William Dieterle. Programmation opportuniste de psychodrame médiatique, ce téléfilm friqué rassemble des gens de talent pour un résultat frisant l’inexistant. Walter Plunkett aux costumes, Darrell Silvera aux décors, Van Nest Polglase à la direction artistique, Joseph August à celle de la photographie, William Hamilton & Robert Wise au montage, Alfred Newman à la musique, Pandro S. Berman à la production + le magot de la RKO : tout cet estimable-respectable aréopage ne parvient point à transcender un opus pasteurisé, inoffensif, révisionniste. Sonya Levien, la solide scénariste de Quo Vadis (Mervyn LeRoy, 1951), autre adaptation davantage réussie de pavé prosélyte, ici accompagnée du romancier allemand Bruno Frank, ne se contente pas de remodeler la cathédrale hugolienne, jadis exécutée par un certain Balzac, à laquelle on peut préférer son homologue proustienne, passons, de la faire finir bien, Seign...

Vacances romaines : Kill Bill

Image
Un week-end à Rome, dixit Daho ? Une étape déconfite, diluée, malgré Audrey.     Débuts reconnus, oscarisés, d’Audrey, développement-renouvellement du littéral « Hollywood sur Tibre », dans le sillage des sandales prosélytes de Quo vadis (LeRoy, 1951). Au début, cérémonie de procession, escarpin symbolique, la royale Ann s’ennuie et nous aussi. Plus tard, piazza di Spagna, sur le célèbre escalier, munie d’un cornet glacé, elle interroge son compagnon d’occasion, à propos de la puérilité de ses projets pour la journée. Ensuite, à domicile, face au rédacteur en chef indocile de la feuille de chou d’exil, Joe résume l’absence éthique d’article stratégique : « Il n’y a pas d’histoire ». En effet, hélas, et le film lui-même paraît par trois fois signifier cela. En pilotage automatique, appliquant platement avec sa caméra une doxa inanimée, soignée, anesthésiée par sa star à la grâce de danseuse, au physique dessiné par les privations...

Le Roi des rois : Cecil B. Demented

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Cecil B. DeMille   Rabâcher la Bible revient à jouer du jazz  : thème et variations, structure et improvisations, standard et expérimentations. Il s’agit aussi de le relever le défi de la figuration, de donner à voir l’invisible, de faire du cinéma avec la foi. La littérature évangélique prophétise Rashōmon  : une même histoire, quatre points de vue différents, à la fois complémentaires et divergents. Pour toutes ces raisons, outre sa valeur cultuelle et culturelle, ce récit ne cesse de hanter le ciné occidental, milieu pollué par des épiciers à faire passer les fameux « marchands du Temple » pour d’innocentes brebis égarées, inconscientes de ce qu’elles font, de la façon dont elles défont un art mécanique et magique, organique et métaphysique, trivial et létal. Laissons les bonnes âmes laïques ou non leur pardonner leur péché pas véniel, laissons les petits comptables d’hier et d’aujou...

On murmure dans la ville : Loin de la foule déchaînée

Image
Consultation de communistes ? Parabole de la parole… En vérité, on murmura peu, on ne parla presque pas de ce métrage méconnu, via lequel Mankiewicz se moque de l’épidémie maccarthyste et de son meilleur ennemi Cecil B. DeMille. L’oubli d’aujourd’hui peut sembler injuste, il s’avère assez logique, tant le film paraît anecdotique, sinon inoffensif, surtout comparé à L’Aventure de Madame Muir , Ève , L’Affaire Cicéron , Jules César , La Comtesse aux pieds nus , Soudain l’été dernier , Cléopâtre , Le Limier ( Blanches Colombes et Vilains Messieurs n’intriguera que les curieux, tant pis et tant mieux). Quant à son humanisme assumé dans le sillage d’Auschwitz et Hiroshima – JLM adapte une pièce de Curt Goetz, scénariste de La Femme aux deux visages , co-réalisateur/acteur de Docteur Praetorius , première transposition à succès sortie un an plus tôt à Berlin –, il relève d’un idéalisme souligné dès les cartons d’introduction, tartines drolatiques donnant le ton et jetant le ...

The Pleasure Garden : Showgirls

Image
Comment commencer ? Au music-hall , à bonne école… Noter les « thèmes », souligner les « obsessions » – laissons à d’autres, que le ridicule critique ne tue pas (escalier en contre-plongée = Sueurs froides of course , au secours !), hélas, ces conneries auteuristes et psychanalytiques (ah, s’astiquer à l’aise via l’épée phallique à travers la porte ajourée) : il convient de visionner, apprécier puis écrire sur The Pleasure Garden sans penser à ce qui vient après, de se circonscrire au film en soi, à son ontologie jolie. Car il s’agit du tout premier métrage d’Alfred Hitchcock, avant qu’il ne devienne « Alfred Hitchcock » – une signature, une marque, une institution, un Artiste, un totem. Hitch, alors âgé de vingt-six ans, accepte la proposition du producteur Michael Balcon (il estimera le résultat assez américain) ; adieu les cartons, les intertitres, bonjour les péripéties relatives (dont un problème menstruel) du tourn...