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Affichage des articles associés au libellé George Michael

Le Méchant Photographe

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  Exils # 53 (03/10/2024) Connu du lectorat des anciens Cahiers du cinéma , dorénavant président de la Fondation Cartier-Bresson, Serge Toubiana introduit un bel album composé d’environ une bonne centaine de reproductions et assorti de quatre essais, dont celui du directeur de l’ opus et de l’organisme précité, le spécialiste Clément Chéroux. Tandis que les dames (Isabelle Bonnet & Cynthia Young) se soucient d’archives, de « scène de crime », de « presse tabloïde », d’ascendance (Daumier), de descendance (Cindy Sherman), les messieurs (David Campany en prime) désirent résoudre « l’énigme Weegee » ou retracent le rôle de « The Famous » sur le tournage de Docteur Folamour . « Il fotografo cattivo », tel l’appelle la presse italienne, en effet se piqua un peu de cinéma, effectua un caméo chronométré dans le dégraissé Nous avons gagné ce soir , apprécia Lolita et Les Sentiers de la gloire , assure-t-il à Peter Sellers qui lui e...

Eve of Destruction : Hommes, femmes, mode d’emploi

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  Veille de vide ? Divertissement lucide… Petite pépite portée par une dédoublée Renée Soutendijk, cet item méconnu mérite d’être reconnu, en raison de son scénario assez subtil, co-signé par Yale Udoff ( Enquête sur une passion , Nicolas Roeg, 1980), certes desservi par la mise en forme fonctionnelle de l’ ex -clipeur britannique Duncan Gibbins, auteur du (trio) molto hétéro Careless Whisper de George Michael , d’ailleurs décédé incendié prématuré, ton chat au milieu des flammes de California chercher tu n’iras. L’actrice irrésistible du Quatrième Homme (Paul Verhoven, 1983) incarne donc, littéralement, à chaque plan éclatant de sa beauté, de son talent, un robot bientôt loco et une scientifique pas si amnésique. Film féminin propice à séduire les cinéphiles féministes, Eve of Destruction (1991), à ne pas confondre avec la protest song homonyme immortalisée par Barry McGuire , appréciez au passage le jeu de mot anglais sur le prénom très connoté, aussi intitulé en f...

Il n’y a pas de rapport sexuel : Distance, obéissance, jouissance

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Coronavirus  ? Coitus interruptus . Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Emmanuel Macron It’s hard to love there’s so much to hate Hanging on to hope when there is no hope to speak of And the wounded skies above say it’s much too late So maybe we should all be praying for time George Michael Écrivons en économiste : la pandémie du coronavirus impacte le cinéma en général et celui classé pornographique en particulier. Auparavant, au temps d’avant, instant amusant, nostalgie jolie, après une scène sexuelle qui laissa des traces sur un canapé immaculé, ensuite souillé, peut-être au sperme, à la cyprine, à la sueur, que sais-je, l’aimable « MILF » Marina Beaulieu dut se justifier auprès du réalisateur nettoyeur de s’être bien sûr lavé les mains, nom d’un chien. Hélas, sur un tournage de ce type, tel geste recomma...

Gothic : La Villa

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Nuit d’orage remplie d’outrages… Or vivez de venin, sanglante géniture, Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture ! Agrippa d’Aubigné   « Seul un Anglais peut être aussi insupportable » plaisante le Shelley de Sands à propos du Byron de Byrne, qui déteste/insulte autant la Suisse que Welles déguisé en mémorable Harry Lime selon Le Troisième Homme (Reed, 1949), mais l’aimable Ken, scandaleux ou non, mérite mieux que le mépris, mérite mon estime, surtout en (dé)raison des titres suivants, souvent inspirés, inspirants : Love (1969), Les Diables (1971), Tommy (1975), Au-delà du réel (1980), Les Jours et les nuits de China Blue (1984), Le Repaire du ver blanc (1988), La Putain (1991). Certes, son segment de Trapped Ashes (Cunningham, Dante, Gaeta, Hellman, 2006) sentait en effet la cendre, et Gothic (1986) ressemble dans l’ensemble au sympathique-anecdotique La Note bleue (Żuławski, 1991), autre huis clos people , psycho, sado-maso, cet...

Dionysus : Le Chant des terres

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L’os dressé de Dionysos ? Un tendre feu lumineux. À Patrick Peillon, mélomane remercié En deux « actes » et trente-cinq minutes, DCD, tout sauf décédé, parvient à retrouver la valeur évocatrice de la musique, sa dimension mystérieuse, mélodieuse, de cérémonie intime. Certes, le tandem , il le reconnaît lui-même, ne prête point foi aux dieux, hélas pour ceux de l’antiquité grecque – en 1983, Paul Veyne s’interrogeait déjà, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante , répondait via la relativité de la vérité, de son « programme » historicisé, passons – mais qu’importe puisqu’il emporte l’auditeur vers des rivages crus abolis, au risque de l’inouï. N’écoutons pas les corbeaux révisionnistes remplis de cynisme : les découvertes de l’adolescence ne vieillissent pas toujours mal, Lisa Gerrard & Brendan Perry le démontrent assez superbement au sein de ce disque séduisant, stimulant, frémissant, auquel on pourrait peut...

Older : Avec le temps

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Deux « décades » après sa sortie, court retour sur le chef-d’œuvre du réellement regretté George Michael. A thing of beauty is a joy for ever: Its loveliness increases; it will never Pass into nothingness; but still will keep A bower quiet for us, and a sleep Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing. Keats, Endymion Plus âgé, affirme le titre du disque, quand la chanson éponyme interroge : Don’t you think I’m looking older ? En 1996, George Michael atteint l’âge christique de trente-trois ans et sort d’un procès avec Sony, arrangé à l’amiable, rassurons-nous, dans le sillage de l’insuccès commercial relatif, par rapport à Faith (1987), de Listen Without Prejudice, Vol. 1 (1990). Dix années après le dernier album de Wham !, Music from the Edge of Heaven , dont l’intitulé céleste pourrait significativement servir à définir celui abordé aujourd’hui, il obtient un nouveau contrat chez Virgin au Royaume-Uni, DreamWorks aux Ét...