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Affichage des articles associés au libellé Leonard Kastle

Bodhi et Body

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  Exils # 162 (28/01/2026) Découvrir Pourquoi Bodhi-Dharma est-il parti vers l’orient ? (Bae Yong-kyun, 1989) vingt-sept années après sa sortie s’apparente presque à de l’archéologie, consiste à revenir aux origines de la vague occidentale du cinéma sud-coréen, débutée au terme du siècle. Derrière la caméra se dissimule un homme-orchestre capable d’occuper tous les postes principaux, à l’exception de la composition et de l’interprétation. Né en 1951, Bae consacre beaucoup de temps, un peu moins de dix ans, à ce film quasi unique, comme l’on dit d’un fils, tels La Nuit du chasseur (Laughton, 1955) ou Les Tueurs de la lune de miel (Kastle, 1970), en écho au minot orphelin à dessein. Le peintre aux études accomplies à Paris puis le professeur d’enseignement supérieur catholique fréquenta autrefois l’université de Dongguk, établissement bouddhiste situé à Séoul, c’est-à-dire la même qu’un certain Choi Min-sik, l’acteur majeur d’ Ivre de femmes et de peinture (Im Kwon-taek, 2002)...

Naissance des pieuvres

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  Un métrage, une image : Une vraie jeune fille (1975) « Je n’aime pas les gens, ils m’oppressent », « Je me déshabillai, hideusement », « Je ne peux pas admettre la proximité de mon visage et de mon vagin », « Mon sexe laissait sur la pierre une boue gluante », « Je m’enculai avec la bouteille contenant la vinaigrette pour bronzer », « Je regardai son vit, agonisant comme un poisson mort » : la comédie noire de Catherine Breillat ferait presque passer À nos amours (1983) de Maurice Pialat pour une sitcom à la gomme et les douceurs polissonnes de David Hamilton, à présent pourries, merci Flavie, pour d’insupportables tromperies. La co-scénariste de Bilitis (Hamilton, 1977), de Police (Pialat, 1985), de Zanzibar (Pascal, 1988), signe ainsi un premier essai remarquable et quasi remarqué, puisque invisible de longues années, en raison d’une faillite, des situations explicites. Certes, voici déjà le dispensable d...

Don’t Go in the House : Firestarter

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Allumettes suspectes, jeux audacieux... They’re taking her children away Because they said she was not a good mother Lou Reed Burn with me tonight Sia Moins catho, quoique, curé inclus, crucifix à foison, davantage disco que Driller Killer (Abel Ferrara, 1979), moins onirique et sentimental que Maniac (William Lustig, 1980), pareils précieux portraits de tourmenteurs très tourmentés, Don’t Go in the House (Joseph Ellison, 1980) ne ressemble pas non plus à un ersatz de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), en dépit d’une morbide maternité partagée. Le peintre à la perceuse, on s’en souvient, entendait des voix, le pauvre, et Joe Spinell, on s’en rappelle, scalpait parce qu’abusé par sa maman putain, nom d’un chien. Ces éléments acoustiques, psychanalytiques, se reconnaissent entre les quatre murs de la mortelle masure, mais cette sorte de chaînon manquant ne manque pas de charme personnel, possède sa propre beauté horrifiante, horrifiée, remarquons le trava...

The Killer Inside Me : Un croquis de Peter Lorre

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Meilleur le méchant, plus réussi le film, soutenait, en substance, Alfred Hitchcock – ce que démontra, avec éclat, Peter Lorre, toujours et encore…  Un homme petit, dégarni (ou carrément chauve), à la voix fluette, plaintive, monocorde et haut perchée, aux yeux aussi ronds que son visage lunaire, risquant, à chaque seconde, semble-t-il, de le dévorer, en témoignage « microscopique » d’un tourment intérieur exorbité/exhibé (appréciation de Graham Greene, grand fan de l’acteur) : Peter Lorre incarna ses rôles avec tout son corps et toute son âme, connut l’exil, la célébrité, les addictions et l’oubli ; sa vie en accéléré traverse le siècle dans son extermination industrielle, dans le miroir de Weimar puis de « l’usine à rêves » hollywoodienne, trajectoire singulière et exemplaire, assortie d’amis renommés, d’épouses quittées, de films souvent inférieurs à la hauteur du talent, et la rediffusion récente, au solitaire et insomniaque Cinéma...