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A Touch of Zen : L’Art de la guerre

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de King Hu. Après le scorpion darwinien de Sam Peckinpah dans La Horde sauvage , l’araignée bouddhiste de King Hu (une double pensée aussi pour la toile enfantine et l’ogre puritain de La Nuit du chasseur , les insectes grouillant dans l’herbe américaine de Blue Velvet ). Imagerie liminaire et métaphorique d’un monde enragé, d’un combat à mener contre le Mal et/en soi-même. L’affolement d’une multitude de plans, montage ivre comme le « chat » masqué de l’hirondelle dorée (notre moine saignera d’or, croyez-le ou non). Montagne majestueuse, pluvieuse, paysage calligraphié rempli de brume et de vide, d’ombre et d’immobilité. Cette terre antique s’anime d’un mystère cinématographique, d’une bouleversante présence immanente ouverte sur la transcendance. La musique nous invite, l’absence humaine guide vers le fort fantomatique, ruines à ciel ouvert supposées hantées. Du foyer (maternel, ...

The Restless : Mourir d’aimer

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À la mémoire de Michael Cimino Se souvenir de vivre, renaître et endurer, mourir rayonnante…  Pour écrire sur ce film à sa hauteur (en apesanteur), pour essayer d’égaler sa beauté calligraphiée, pour guider le lecteur (la lectrice placeuse en Suisse, un seul être etc. ) au sein de l’Entre Monde, version bouddhique du purgatoire chrétien, pour célébrer l’ivresse et le ravissement procurés à chaque plan, il faudrait être poète, prêtre, amoureux ou assassin (pas celui de HHH), il conviendrait de respirer dans des états de conscience/d’existence radicalement modifiés, qui osent le risque de la transcendance, qui excluent à plus ou moins long terme de la société. Un chef-d’œuvre, ce premier long métrage raboté à cent minutes (le cinéaste s’en veut encore d’avoir pensé que le public comprendrait tout en dépit des scènes coupées) ? Un opus parfait, cette production sud-coréenne tournée en Chine avec une équipe internationale ? Bien sûr que non et tant mieux –...

Zu, les guerriers de la montagne magique : Les Trois Royaumes

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On ne raconte pas Zu , on en fait l’expérience, avec l’intégralité de son corps, esprit et cœur. Le texte suivant se voudrait à l’unisson d’un impétueux courant… « Pour moi, penser est une activité physique, l’esprit, un muscle. Il faut apprendre à penser vite, à 360° et de façon non linéaire » – Tsui Hark Un constant sourire de spectateur ravi : Zu avant tout une comédie (même les truites d’une cascade y rient !). Redécouverte d’un titre mythique, visionnage en DVD ( collector ) de la première fois. Couverture et dossiers, naguère, dans la pionnière et luxueuse revue HK Orient Extrême Cinéma ( tous les numéros précieusement conservés). Des légendes qui ne tiennent pas/plus : non, le film ne va pas trop vite (rythme idoine et organique) ; non, il ne s’avère pas incompréhensible pour le quidam occidental (arabesques narratives brodées sur la simplicité du motif). Une ouverture à la Capra, proches Horizons perdus . Après le brouillon br...

L’Hirondelle d’or : Le Prince et la Danseuse

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Sous la dynastie Ming, une jeune femme recherche son frère, enlevé par des bandits que dirige un moine apostat ; un mendiant ivre va l’aider dans sa mission et la révéler à elle-même. Voici, en douze tableaux d’une exposition exotique et familière, le duo d’un prince et d’une danseuse asiatiques, pris entre les caresses de la soie et les arabesques du sang.      Sur la vitre au verre dépoli, lac immobile aux nervures iridescentes, apparaît le logo de la célèbre société de production des frères de cinéma, qui en rappelle un autre [1] , dans sa forme triangulaire de coquillage ou de bouclier portant deux initiales occidentales et un soleil central, pour éclairer le public populaire de Hong Kong et d’ailleurs, avec des adaptations d’opéras chinois puis le renouveau du film de sabre [2] , lancé par un hirondelle d’argent sonnant et trébuchant, même si, agacé par la lenteur pointilleuse de son réalisateur, le studio ne fera plus appel à lui, transforman...