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Affichage des articles associés au libellé Michael Haneke

Beyrouth et Boucles d’or

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  Exils # 149 (11/12/2025) Médecin assassin au miroir nietzschéen, Bernard Giraudeau, primé à Venise, sorti du réussi Poussière d’ange (Niermans, 1986), interprète avec un poignant brio ce toubib homicide et au bout du rouleau, repensons à Delon ( Le Toubib , Granier-Deferre, 1979), ersatz d’Ulysse de retour à Paris, longtemps avant les attentats, Virginie Efira ( Revoir Paris , Vinocour, 2022). Claire, l’héritière, c’est-à-dire une juvénile et convaincante Laure Marsac, je vous renvoie au même endroit vers mon petit portrait énamouré, fréquente en adolescente un cabaret libanais, prend la place de Pénélope, « peau blanche » fascinante parmi un milieu interlope. Idéaliste dessillée, danseuse presque incestueuse et un peu « pisseuse », au propre et au figuré, cf. Gainsbourg & Linda Blair ( L’Exorciste , Friedkin, 1973), elle sauvera (embrassera) in extremis son perturbé (barbe à) papa, épilogue en forme de pietà, tandis qu’une dame « (dé)voilée ...

Casse-tête aztèque

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  Exils # 36 (06/06/2024) You've got your orders better shoot on sight Your finger's on the trigger but it don't seem right […] Night is falling and you just can't see Is this illusion or reality? Status Quo, In the Army Now   Kubrick au Mexique ? Oui et non, nuançons. Donc du cadre, du steadicam , de la dolly , des mecs en uniforme, que l’on (dé)forme et réforme, (presque) à l’infini, (jusques) à la folie, putain de « poulains » – une pensée pour la « Baleine » de Stanley – à dompter, in fine à (dé)monter, le suave et salaud Sierra (sosie de Martin Sheen) de ce vrai-faux Full Metal Jacket (1987) (de là-bas) s’avère vite « être de la jaquette ». Moins instructeur hurleur que le mémorable R. Lee Ermey, moins amusant, davantage avenant et ambivalent, il conseille à Luis (sosie de David Carradine), une main sur sa cuisse, d’abord d’étrangler sa copine, ensuite de la sodomiser. À la fin du film, il mettra sa tactique en pratique...

Exit Plan : Happy End

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jonas Alexander Arnbyde. Ce plan de sortie définitive commence donc comme du Lovecraft, message d’outre-tombeau filmé de façon frontale en vidéo ; il se poursuit par un panorama panoptique éclairé en clair-obscur, digne d’affoler ou apaiser le spécialiste Foucault. Toutefois ce métrage pas si sage, fiévreux en creux, ne se soucie   d’euthanasie, de lointain hôtel tendre et cruel, à rendre celui de Shining (Kubrick, 1980) calme et tranquille. Constamment empathique, discrètement ironique, Exit Plan (2019) s’apparente à un survival feutré davantage qu’à un mélodrame outré, en cela participe du film horrifique, exercice de catharsis, traversée des létaux supplices vers les vitaux délices. Assureur sur la vie, eh oui, homme aimable, mec aimé, Max se sait désormais condamné, une plus grosse tumeur que la sienne, tu meurs, lui aussi. Aussitôt scanné, IREM immaculé, le voici envolé, le safari en Afrique, cadea...

Les Bonnes Intentions

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  Un métrage, une image : Les Neiges du Kilimandjaro (2011) Dépouillée par Grégoire Leprince-Ringuet, requinquée par Pierre Niney, Ariane Ascaride désire « comprendre » comment (dys)fonctionne le « monde dans lequel elle vit » avec son ex -syndicaliste de mari. La séquence de hom (m) e (s) invasion pouvait s’inspirer du sadisme réflexif de Haneke ( Funny Games U.S. , 2007), cependant Guédiguian ne s’attarde guère sur les misères du petit « propriétaire », à une chaise attaché, du sol relevé, épaule en compote. Il filme en forme faible les conséquences d’une violence plutôt économique que physique et psychologique, même si Denise, la fine Maryline Canto illico , en larmes sister de l’aide-ménagère, se « pisse » dessus, met du temps à digérer, dépasser, l’événement traumatisant et imprévu. Dès l’orée sévissait la sauvagerie policée, remarquablement cadrée, montée, d’un licenciement sous le signe du hasard et de la nécessité placé, ti...

Enquête sur un monde solitaire : Les Galettes de Pont-Aven

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  Conrad & Cohen, Garbo & Bécaud ? Toi, moi, elle, île… Bien trop long, plus de six heures, Seigneur, desservi par une illustration musicale très dispensable, ponctué de plans topographiques anecdotiques, assorti de stroboscopie assez hors sujet, à la Noé ( Irréversible , 2002), encore en noir et blanc mais aussi en couleurs, haut les cœurs, ce montage de témoignages rend hommage au « tissu associatif » tendu contre le « naufrage » social, métaphore à bon port, car cadre(s) de Bretagne. Un mois avant l’effarement du (premier) confinement, lui-même modèle d’isolement dément et mondialisé, aux effets collatéraux que l’on connaît, notamment en matière de « violences conjugales », topic du titre, manifestant(e)s à Lorient et flics à trique, pendant une période d’environ deux ans, l’auteur local de L’eau douce qui coule dans mes veines (2013) filme de façon frontale, à la suite d’une citation explicite des increvables Misérables , les «...

La Nuit du 12 : La Femme flambée

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  Grenoble, ignoble, femmes, flammes, de Lynch, Wallace, Damiani démuni… Genrer tous les actes, c’est considérer que les gens n’ont pas d’âme. On ne condamne pas les hommes, on condamne les sales types. Et il y a aussi des femmes mauvaises. Cécile Bois Ce téléfilm régionaliste, digne d’une diffusion du samedi soir sur France 3, s’avère vite un sommet, in extremis situé au sommet, à vélo, guère rigolo, le « hamster » s’aère, de misérable misandrie assumée, assénée, formulée, formatée. Lequel « crama » Clara ? Inutile, en définitive, de se crever à investiguer, s’en rendre malade, parler pendant deux heures inter-minables, champs-contrechamps décourageants, interroger les habituels suspects (les antiracistes racialisent, les antisexistes sexualisent), rappeur crâneur, qui confesse au commissariat, sans « beat », pas sans bite, son désir d’incendier son ex , aux doléances de « princesse », « que des mots », plaidoyer pro ...

Des hommes d’honneur

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  Un métrage, une image : Meurtre à la Maison-Blanche (1997) « Tout le monde ment dans cette histoire » résume, nocturne, désabusé, Wesley. L’ incipit du plan à la grue, à obélisque et drapeau, fait le topo, donne le tempo, alors que le prologue, à « bureaucrate » patraque, very vénère, quasi suicidaire, pas assez, car cran de sûreté, rappelle le pétage de plombs en public, idem à main armée, de Chute libre (Schumacher, 1993), que Kopelson coproduisit aussi. Contemporain des Pleins Pouvoirs (Eastwood, 1997), précédant de peu Snake Eyes (De Palma, 1998), Meurtre à la Maison-Blanche ne possède ni la cruauté sucrée du premier, ni la désillusion rédemption du second. Le bien nommé Little, petit cinéaste d’ opus dispensables, en dépit d’une prédilection pour la conspiration, à la sauce seventies , d’un usage modeste, au creux de couloirs, du souple steadycam , manque de style et d’âme, mais l’ item , quand même, dit quelque chose de pas si morose...

Performance

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  Un métrage, une image : Les Crimes du futur (2022) Le prologue de plage et d’épave paraît presque une promesse, revisite le mythe, au soleil hellénique, comme un écho, a contrario , de Chromosome 3 (1979). L’émule de Médée cependant disparaît, repasse au pressing , « coupable » en liberté, encore écœurée au souvenir du « ver gluant », c’est-à-dire de l’esseulé enfant, intrus d’utérus, telle jadis Geena Davis, accouchée par Cronenberg mis en abyme, durant le cauchemar maternel de La Mouche (1986). Quant au mutique minot, dévoreur de poubelle près du lavabo , étouffé sous un oreiller, salut à Beineix ( 37°2 le matin , 1986) & Haneke ( Amour , 2012), il finit au frigo, il se fait autopsier au cours d’un show . Il faut préciser au lecteur peut-être effaré que le fiston en question possédait a priori un système digestif capable de lui faire avaler, voire apprécier, le plastique, solution ironique à la problématique des déchets de la modernité. L...

Les Invisibles

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  Un métrage, une image : I See You (2019) Un film de cinéaste, pas souvent, pas assez, pléonasme ? Un film de scénariste, pourrait-on formuler, en l’occurrence celui de l’acteur Devon Graye, coup d’essai, coup point raté. Le prologue, avec son ado à vélo, sa ruralité pasteurisée, petites chutes d’eau, long pont à étoilés drapeaux, en drone survolée, laisse déjà deviner un certain malaise, gaffe à la forêt, au vol improvisé. Soudain surgit le visage vieilli de Helen Hunt, psychiatre patraque, mère adultère, « briseuse de famille qui dois payer pour ton crime », lui crache en rage, au petit-déjeuner, son grand garçonnet, les fraises et les pancakes provoquent ensuite chez le mari flic une colère similaire, par la fenêtre fermée passe aussitôt le cellulaire. Du thriller pédophile, on passe peut-être au suspense fantastique, suppute le spectateur sans peur, de se tromper, d’être (dé)trompé, puisque une présence se ressent à l’intérieur de cette maison tout ...

Alexandre

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  Un métrage, une image : Les Poings dans les poches (1965) Tramé à domicile, financé en famille, le premier film de Bellocchio passa aussitôt pour un brûlot, scandalisa molto, ne séduisit ni Buñuel ni Antonioni, tant mieux, tant pis. Redécouvert aujourd’hui en version restaurée, beau boulot de l’éphémère dirlo photo Alberto Marrama, ensuite au service de la TV, du documentaire dit engagé, il s’avère vite une comédie dramatique, un mélodrame drolatique, dont l’humour noir autorise une discrète tendresse, exorcise le désespoir, presque. « Quel supplice de vivre ici ! » s’écrie en sourdine le souriant Leone, candide débile désolé d’un autodafé de maternel mobilier, Marat de médoc, cadavre à la flotte. Plus tard, dessillée, sidérée, à la renverse tombée le long de l’escalier, donc alitée, sa sœurette suspecte, cf. la liminaire lettre, un peu anonyme, pas très maligne, conseillera de s’incruster au frérot Augusto, lui-même idem au courant des meurtriers agi...

Change pas de main

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  Un métrage, une image : Irina Palm (2007) Et si l’émancipation passait par le poignet ? Le conte de Noël gérontophile l’affirme. Maggie veut sauver Olly, certes, doit donc vite devenir une experte de la branlette, anonyme et rapide. Pourtant, son « sacrifice », pas un brin tarkovskien, quoique, quelle queue, devant la cabine à l’exotique et explicite pseudonyme, afin de financer les frais nécessaires aux soins du gamin, « malade orphelin » à traitement australien, gratuit, Dieu merci, l’avion, l’hôtel, non, en définitive lui coûte peu, ne lui coûte qu’une amitié minée, la traîtresse appréciait la fessée, il paraît, confidence ou confession en forme d’ultime remords, du « trouillard et pas fiable » feu Trevor, mari guère mimi de Maggie, qu’une grande engueulade filiale, in fine dépassée, douleur « surmontée », pécheresse pardonnée, par la belle-fille autrefois indocile, désormais à domicile, en larmes, remerciée. Bien sûr, so...

Insidious

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  Un métrage, une image : The Block Island Sound (2021) Personne pour confondre les frères McManus avec Carpenter, surtout celui de Fog (1980) et L’Antre de la folie (1995), car leur troisième effort ressemble fort à un téléfilm au format widescreen , à un petit produit presque insipide, tourné en numérique et destiné au pseudo-ciné en ligne, fix de Netflix, d’ailleurs ancien employeur du tandem amène. Quant au casting , il provient aussi, en majorité, de la TV, cela se sent assez souvent. Cependant tout ceci ne doit faire écran, dispenser d’écrire au sujet de tout ce que leur film peut offrir, à condition d’accepter son rythme languide, son environnement livide. The Block Island Sound se situe donc du côté du Rhode Island, c’est-à-dire délimite l’État malsain d’un certain Lovecraft. Sur place, en dépit de la capitale homonyme, point de Providence, dégagez Resnais, encore moins de monstre marin, d’« innommables » mais dénommés « Grands Anciens...

Soigne ta droite

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  Un métrage, une image : Gipsy Queen (2019) Enfant je m’endormais sur des K.O. de rêve Et c’est moi qu’on soutient et c’est moi qu’on soulève Et voici les vestiaires on débande mes mains Kid Marin vient me voir ça ira mieux demain Claude Nougaro, Quatre boules de cuir Dans Blonde Vénus (Sternberg, 1932), Dietrich se déguisait en gorille ; ici aussi, une autre étrangère se masque, se démasque, en sueur, essoufflée, via le vénère adversaire sonnée, enlacée, tu viens de péter les dents de mon copain, putain, lui-même imbibée Blanche-Neige, instant de sidération, ensuite de consécration. Auparavant, le proprio un peu alcoolo du Caveau, du combat autrefois truqué, du rêve depuis cassé, aujourd’hui, voici Ali, ragaillardi, le bien nommé tombeau, hambourgeois, point hindou, attribuait le rôle du « Congo » à un Noir furibard, idée en effet très « impolitiquement correcte », racisme festif, différencié du harcèlement filmé subi par son in...