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Affichage des articles associés au libellé Franc Roddam

Fast Frankenstein

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  Exils # 161 (27/01/2026) Tandis que sur Netflix le Frankenstein (2025) du très surfait Guillermo del Toro débute sur une banquise glaciale de risibles CGI, voici possible en ligne de revenir aux origines de l’imagerie, d’en souligner plusieurs surprises, avec ces quelques lignes consacrées au Frankenstein (1910) de James Searle Dawley. Ancien comédien, dramaturge méconnu, scénariste et réalisateur pour Edison & Porter, journaliste in extremis , le cinéaste stakhanoviste possédait une vision monoculaire mais son adaptation « libre » indeed demeure nette et claire, belle infidèle dont le chaudron chipé aux sorcières de naguère s’avère en vérité un étonnant creuset, où mélanger le T-1000 de Cameron ( Terminator 2 : Le Jugement dernier , 1991) et Le Cauchemar de Füssli, Cocteau ( Le Sang d’un poète , 1930) & Carpenter ( Prince des ténèbres , 1987), Mary Shelley, probable connaisseuse de la toile précitée, et Robert Louis Stevenson ( L’Étrange Cas du Docteur ...

Black Jack : Family Life

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  Jeunesse en détresse, route en déroute ? Voyage sans bagage, digne d’hommage…    Film d’enfance en souffrance, de folie prophétie, (ré)écrit seul cette fois-ci, fi de Paul Laverty, Black Jack (1979) manque de rythme, de mouvement, s’avère néanmoins charmant, émouvant. Kenneth Loach, qui ne pratiquait pas encore l’apocope, adapte un bouquin de Leon Garfield, admirateur a priori mineur de Dickens & Stevenson, confie la direction de la photographie à Chris Menges ( Le Camion de la mort , Cokeliss, 1982, Mission , Joffé, 1986 ou The Reader , Daldry, 2009), remarquez les remarquables contre-jours et clairs-obscurs, les surcadrages et l’utilisation à bon escient de la profondeur de champ ou plus souvent de son écrasement, confie le rôle-titre à Jean Franval, la même année chez Giovanni ( Les Égouts du Paradis , 1979), bientôt mémorable Vitalis d'un Sans famille à la TV, recrute itou David Rappaport, petite silhouette muette, plutôt que précieux compagnon du ...

Julia

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  Un métrage, une image : Le Cercle infernal (1977). Au commencement, l’étouffement d’une enfant, suivi d’une trachéotomie qui rougit ; à la fin, un fauteuil, un travelling révélateur, une boucle bouclée, en effet : Full Circle (Loncraine) déploie une panoplie un peu rassie de piaule pas drôle, de spiritisme à domicile, de passé incapable de (tré)passer. On peut par conséquent l’apprécier en « film fantastique », les anglophones préfèrent parler de supernatural , puisqu’en plus adapté du spécialiste Peter Straub, pas encore en partenariat avec Stephen King, par la paire des co-scénaristes Bromley Davenport ( Xtro , 1983) & Humphries ( Quadrophenia , Roddam, 1979). Les cinéphiles sensibles, plutôt les admirateurs de la remarquable Mia Farrow, adouberont davantage le mélodrame maternel, pointeront la culpabilité d’une survivante vaillante et in fine défaillante. Cependant, en vérité subjective, il ne s’agit ni d’un « film de fantômes » ni ...

Blue Steel : Magnum Force

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kathryn Bigelow. Cinéaste inégale – l’estimable Démineurs (2009), le dispensable Zero Dark Thirty (2012), le sympathique Point Break (1991), l’anecdotique Le Poids de l’eau (2000) et pas si marginale – des femmes derrière la caméra, on en dénombre même aux USA –, Kathryn Bigelow signe ici un troisième film intéressant, à défaut de passionnant. Co-écrit par Eric Red, le scénariste de Hitcher (Robert Harmon, 1986) et du sien Aux frontières de l’aube (1987), Blue Steel (1990) ferait se croiser La Femme flic (Yves Boisset, 1980) et American Psycho , le roman moqueur, sinon majeur, de Bret Easton Ellis, paru en 1991, pas son adaptation à la con selon Mary Harron (2000). Prise en sandwich , presque au sens propre, sale, salé, de l’expression, puisque ses deux scènes sexuelles, duo de différents amants, l’un réchauffant, l’autre refroidissant, à l’opposé s’enchaînent, l’impeccable Jamie Lee Curtis compose une p...

La Foire des ténèbres : Carnival of Souls

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Manège sacrilège, marasme de marketing … Le Diable se dénomme (aussi) Disney, si vous en doutez (encore), découvrez le documentaire mortifère d’Arnaud des Pallières, intitulé Disneyland, mon vieux pays natal (2001). S’il convient d’éviter de retracer sa genèse agitée, désormais bien documentée, il s’agit ici de souligner, d’affirmer que La Foire de ténèbres (Jack Clayton, 1983) miroite son argument, que Bradbury & Clayton ressemblent aux deux (transparents) enfants, qu’ils rencontrèrent et affrontèrent leur propre Mr. Dark (patraque), en la personne démultipliée des executives du studio de Mickey. VRP du parc, ami de Walt, Ray se fit recadrer sur l’écran, tandis que Clayton, lui-même infidèle, because recours à un co-scénariste à la rescousse, en catimini, méfions-nous de nos amis, remercions nos ennemis, se faisait filouter du fameux final cut , tradition locale de pragmatisme plutôt que de sadisme, stratégie de révision sans autorisation, en partie expliquée par le...

Embryo : Dobermann

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« Apprenti sorcier » à L.A. + bouillabaisse presque marseillaise. Ce téléfilm de luxe millésimé 1975 constitue un sommet de ciné réactionnaire. Résumons : le généticien veuf, sa moitié décédée à la suite d’un accident où il tenait le volant, parvient à sauver le troisième membre d’une portée, la femelle hélas renversée, rate perforée, par ses soins nocturnes et pluvieux. Grâce à des injections de « galactogène placentaire » et d’une hormone secondaire, le clébard croît et notre toubib n’en croit pas ses yeux, stupéfait par les progrès cognitifs du canidé. Il ignore, le pauvre, que le doberman trucida aussi sec un roquet le menaçant de ses aboiements d’inconscient. Peu après, enhardi par son succès, le voici en train de reproduire un processus similaire sur un fœtus humain, récupéré auprès d’un confrère complaisant. Manque de chance, le rejeton de la suicidaire anonyme grandit aussi vite, brille en société, expérimente le sexe avec le scientifique, av...

The Grudge 2 : Hantise

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Voyage à Tokyo sans trémolos ni Ozu – l’oserez-vous ?... Ce film mal-aimé (au succès commercial éclair, éphémère) s’avère cependant bien aimable. Certes, Takashi Shimizu semble passer le plus clair de son temps (et de sa filmographie) à s’auto-remaker. Bien sûr, les actrices paraissent très âgées pour interpréter des lycéennes (internationales), même en classe de terminale. Évidemment, tout ceci peut rappeler Ring , Kayako en avatar faiblard de Sadako, chevelure de nuit, à la Mizoguchi ( Les Contes de la lune vague après la pluie , oui) et contorsions craquantes (littéralement) incluses. Et alors ? Notre cinéaste, à défaut de prendre des risques (formels), ne prend jamais le spectateur pour un imbécile (constatation faite aussi par la clairvoyante Sarah Michelle Gellar dans l’un des sympathiques suppléments), peu importe sa nationalité. Rencontre assez convaincante entre l’Est et l’Ouest, entre l’Asie et les États-Unis, The Grudge 2 ne manque pas d’avérées qualités,...

Chair pour Frankenstein : Les Enfants du silence

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La porte d’entrée dantesque d’un diptyque à vous « filer la trique », à vous en faire « mal aux zygomatiques » ? Pas vraiment, heureusement, horriblement et merveilleusement…  Nul cinéaste ne l’ignore : chaque film s’avère une expérience in vivo , l’élaboration d’un corps à partir d’éléments épars, la mise au monde par procuration d’une créature revenue d’entre les morts. Le tournage, les postes et les collaborations, la distribution-projection et la nature funéraire du « septième art » en font le terrain de jeux naturel des héritiers plus ou moins reconnus de Mary Shelley, le terreau fertile dans lequel enraciner leurs innombrables variations du récit matriciel. Oser passer derrière une caméra revient donc à jouer au baron, au Re-Animator , à rassembler des morceaux de chair, des peaux de pellicule, des tas d’octets, à concurrencer Dieu, mort, absent ou instrumentalisé, davantage que ses petits camarades au box-office . Que cette m...