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Affichage des articles associés au libellé Lina Wertmüller

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

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  Un métrage, une image : Madeleine, anatomia di un incubo (1974) Pourvu d’un sous-titre à la Preminger ( Anatomy of a Murder , 1959), d’une coda en écho au Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), l’ item amène, du guère remarqué ni remarquable Mauri, ressemble à une séance, sinon à une séquence, de psychanalyse appliquée, puisque la patiente, pas si démente, expose dès l’orée sa psyché pour le moins tourmentée. Le prologue ad hoc , rêve éveillé, visualisé, aux roseaux en train d’onduler, aux aiguilles à tricoter, aux clones , pas en cloque, perruqués, à semer, à (se) sermonner, en forêt de conte de fées défait, bagnole brûlée, procession sinistre de poupon en plastique, ralenti compris, légitime à lui seul la découverte en VO de cet ouvrage d’outrage, de mirage, d’avortement, de dessillement. Apparemment mariée à un armateur marseillais, à un mateur doué du don d’ubiquité, Madeleine cauchemarde, rencontre illico un étudiant en philo, voici l’homme, c’est-à-dire le P...

La Cité de la violence : The Shooter

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  Décontraction, observation, conclusion, détonation… Charlie sourit plus ici que dans l’ensemble de sa filmographie, mais une menace méta, une menace de cinéma, envahit ses vacances avec Vanessa. Comme la victime, estivale aussi, du début de L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971), le Heston de Bronson, prénommé Jeff, amitiés au Samouraï (1967) de Melville, idem tueur taciturne, flanqué d’une « femme fatale », surtout pour lui, suicide compris, se donne à voir au carré, à travers le viseur de celui désirant l’assassiner. Collaborateur régulier de Leone et en sus, déjà, de Sollima ( Le Dernier Face à face , 1967), puis de Valerii & Scola ( Mon nom est Personne , 1973 + Une journée particulière , 1977), le title designer Iginio Lardani suit le couple sous peu en déroute, je t’aime, moi non plus, je t’aime, je te/me tue, transforme le home en snuff movie, confère des couleurs psychédéliques,  so seventies , au petit exercice de tourisme morbide, effectué ...

L’Affaire Mattei : Le Goût de l’Italie

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  Trente métrages , trois images, deux visages, un rivage … À l’italianophile Jacqueline Io ho paura (Damiano Damiani, 1977) Petit polar politique, à propos de la pornographie, au propre, au figuré, d’une Italie alors terroriste-terrorisée, ponctué de saisissants effets de réel mortel et placé sous le signe duel de la duplicité, tandem de juges, juste ou injuste, pour policier déplacé, apeuré, justicier, assassiné, où le valeureux Volonté, flanqué des cosmopolites Adorf & Josephson, démolit, doté d’une dépressive fragilité, les « hommes forts » de sa filmographie, chez Petri & Rosi… Il nido del ragno (Gianfranco Giagni, 1988) D’un labyrinthe à l’autre : dans une Budapest spectrale, une secte tisse sa toile… Certes longuet, pas assez personnalisé ni développé, du fantastique toutefois soigné, beau boulot du directeur photo, musique à la Herrmann, avec spécialiste traumatisé, secrétaire singulière + bébé humain-arachnéen. Et Stéphane Audran, comme souvent, é...

Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l'été : The Lobster

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lina Wertmüller. Bercé par la bien belle bossa du maestro Piero ( Piccioni ), le spectateur auditeur découvre donc une comédie mélancolique, un item touristique, un opus politique. Une année après Film d’amour et d’anarchie (Lina Wertmüller, 1973), au sujet duquel j’écrivis aussi, la réalisatrice reprend le même couple impeccable mais à présent prend la mer amère. Mariangela Melato & Giancarlo Giannini possèdent tous deux des yeux verts, des silhouettes sveltes, pourtant « la Lina » ne les « casta » pour cela, quoique. Ces castaways annoncent ceux de Castaway (1986), justement, certes délestés des inserts infects de Nic Roeg. Pas de pourriture des corps pour perturber la parenthèse utopique, supposée « enchantée », époque oblige, plutôt l’improbable rencontre entre des avatars « à la dérive » d’Adam & Ève, de Robinson & Vendredi. Comme si La Mégère appriv...

Le Mauvais Chemin : L’Héritier

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Suite à son visionnage sur la chaîne d’ARTE, retour sur le titre de Mauro Bolognini. I cheated myself Like I knew I would I told you I was trouble You know that I’m no good Amy Winehouse Film inanimé, film désincarné, Le Mauvais Chemin (Bolognini, 1961) se place, dès sa première séquence, sous le signe (du destin, de croix) funeste de la terre, funéraire autant que financière. Au royaume de l’argent, les corps ne s’offrent pas longtemps, les sentiments ne valent rien, coûtent beaucoup, se paient au prix de la vie, pardi. Le roman original, écrit par Mario Pratesi, s’intitule L’eredità , par conséquent, nous y voilà : La viaccia s’avère un exercice (de style), presque passéiste, sinon costumé, de naturalisme transposé, reposant sur une trame très usée, à base de « maladie », d’héritage à outrages. Comme chez le gras Zola, des silhouettes suspectes servent à illustrer l’emprise du déterminisme, de l’atavisme, y compris a contrario , à coup d’alté...

La prima linea : Tu ne tueras point

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Renato De Maria. Reformulons le Camus du Mythe de Sisyphe  – il n’y a qu’un problème politique vraiment sérieux : c’est le terrorisme . Ce phénomène pérenne, global, nanti d’un vernis d’idéologie, mélange instable de « morale du ressentiment » nietzschéenne, d’utopie juvénile et de narcissisme suicidaire, sinon sacrificatoire, possède une mystique à part. Face au « forces de la réaction » en place, il vise toujours le spectaculaire, la sidération, l’absurde et le désastre. Film éminemment mélancolique, La prima linea illustre un désenchantement, une prise de conscience des conséquences réelles, intimes, de la violence. Dépourvu du moindre glamour , d’un romantisme complice, il humanise et démythifie les assassins très humains d’un groupe moult connu en Italie, dans le sillage de scission des Brigades rouges sang. Le scénario transpose l’autobiographie de Sergio Se...