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Affichage des articles associés au libellé Nicolas Cage

Les Choses de la vie : Intersection

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  Absence de ceinture de sécurité, impact décuplé… On le savait avant Deleuze, l’image de ciné, oui ou non sonorisé, manifeste du mouvement, du temps, mais pas seulement, en outre elle rend émouvant le premier, elle développe ou réduit le second en durée. Les métrages se soucient aussi d’espace(s), de paysages, de visages, de carambolages ; ils multiplient en plus les paroles et les points de vue. Tout ceci se discerne, s’étudie, dans une scène célèbre des Choses de la vie (Sautet, 1970). Le même événement, un routier, rural accident, trois véhicules impliquant, s’y déroule à deux reprises, en replay similaire et cependant différencié. Le camionneur magnanime, rétif à charger la victime, concède un « il roulait à sa vitesse », ainsi résume le rythme et affiche le subjectif. En gris, blanc, rouge, remarquez les couleurs des carrosseries, sans feu rouge, surgit une tragédie ressentie au ralenti. Cette leçon de cadrage, de découpage, de montage, de minutage, en sus ...

Chasse à l’homme : Le Grand Carnaval

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  Mascarade en Louisiane… Avant le western atomique de Broken Arrow (1996), voici celui, un brin bakhtinien, de Chasse à l’homme (1993). Le cinéaste passe ainsi de l’Asie aux USA, de Hard Boiled ( aka À toute épreuve , 1992) à Hard Target et son épilogue over the top , rigolo et virtuose. Pas de colombes au firmament de La Nouvelle-Orléans ? Une poignée de pigeons les remplaceront. L’exilé de son plein gré filme sa fusillade finale de brillant ballet avec plusieurs caméras, cela se voit, non pas à la mode américaine, classique, d’antan, pour se « couvrir », se donner (à monter) du champ, via la variété des (angles) plans, plutôt par personnalité, intrépidité, générosité. Ce qui aussitôt séduit, durant cette séquence délestée de violence, puisque leçon de sa représentation, nuance, outre son énergie jolie, sa lisibilité assumée, le beau boulot du directeur photo Russell Carpenter, collaborateur de Cameron, oscarisé à l’occasion de Titanic (1997), la maîtr...

Pay the Ghost : Little Children

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Charlie sans chocolaterie, carnaval infernal, culpabilité de paternité… Le père frémit, il presse son cheval, Il tient dans ses bras l’enfant qui gémit ; Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse : L’enfant dans ses bras était mort. Goethe, Le Roi des Aulnes Délesté d’une sortie en salles hexagonales, réservé à la VOD, Pay the Ghost (Uli Edel, 2015) s’apparente, en effet, à un affreux téléfilm fantastique inoffensif, comme en produisent/diffusent « à la pelle » les spécialistes cyniques de la stakhanoviste Syfy, aïe. Cette transposition d’un bouquin de Tim Lebbon, Britannique prolifique, se caractérise par son insipidité, son aspect désincarné, formaté, prémâché, par ses effets spéciaux et ses jump scares au rabais, ressassés. Côté casting , Sarah Wayne Callies, venue de la TV, on le devinait, s’avère inexistante, transparente, écrasée par un rôle de mère endeuillée, d’épouse séparée. Quant à Joseph LoDuca , compositeur mineur, mais estimable, ...

Color Out of Space : Meteor

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Rendre les armes à Arkham, un réservoir pour se revoir… À la mémoire de Stuart Gordon (1947-2020) Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Pascal, Pensées Film fol, Color Out of Space (Richard Stanley, 2019) représente l’une des meilleures adaptations de Lovecraft, car il sait conserver le caractère hallucinatoire de son écriture, préserver sa subjectivité radicale, fatale, de récit insane tissé par un témoin guère serein, au bord de la tombe. Il s’agit aussi, sillage des images novatrices des sixties - seventies , d’un film méta, du déploiement à contretemps de l’essoufflement contemporain, du recyclage mesquin, de la rance bien-pensance, des puissances sensorielles du cinéma, la projection pensée (ou le visionnage envisagé) en expérience (personnelle) des limites (perceptives) cinématographiques. Moins métaphysique et poétique que Kubrick ( 2001, l’Odyssée de l’espace , 1968), davantage drolatique et tragique, le second Stanley dresse en sus un mélo...

Halloween : Jason X

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Revenir à Haddonfield ? Presque « trop vieux pour ces conneries », hein, Danny ?   J’aime Jamie Lee Curtis et j’aime John Carpenter, mais cette bande-annonce fait peur, et pas pour de bonnes raisons, non, non, non. Co-produit par JC et le petit épicier à succès Jason Blum, responsable des lucratives pitreries de  Paranormal Activity , le film signé David Gordon Green (Inferno) – qui ça ? Ah, oui, le mec derrière la caméra pour le dispensable  Joe  avec Nicolas Cage – paraît un redoutable concentré de gérontophilie à main armée, de jeunisme décérébré, de révisionnisme narratif,  exit  le lien familial au filigrane incestueux unissant Laurie Strode & Michael Myers. Cela ne te suffit point, amateur d’horreur ? Voici en Scope un couple d’enquêteurs casse-couilles à la  Conjuring , à l’accent britannique exotique, voilà un asile géométrique, vrai-faux échiquier au centre du bâtiment d’insanité, un meurtre de toile...

Génération perdue : Pédale dure

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Les Goonies contre Dracula ? Sans doute et bien davantage que ça. The Lost Boys débute où s’achève Sudden Impact  : sur un manège de chevaux de bois – le cinéma comme trauma , élucidation des ténèbres, parabole laïque, ludique et mélancolique. Itou tourné à Santa Cruz, Californie, éclairé par Michael Chapman (DP sur Taxi Driver ou Hardcore , signataire de l’estimable et préhistorique Le Clan de la caverne des ours ) substitué à Bruce Surtees, Génération perdue (un salut littéraire à Scott Fitzgerald) commence donc dans le même parc d’attractions qui vit Dirty Harry revenir d’entre les morts, fantôme magnanime (et maritime) pour tueuse en série auparavant violée en réunion. Telles des montagnes russes, le métrage désormais culte alterne effroi et joie, malheur et humour. La nouvelle vie des fils de divorcés s’apparente à une bande dessinée horrifique et sociologique. À l’instar d’Éric Rohmer, Joel Schumacher réalise des contes moraux et son quatrième effort s’harm...

Le Petit Nicolas : Lettre ouverte à Nicolas Cage

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Message de bouteille virtuelle, en rime aux signaux des Amérindiens de mélo martial. Dear Nic, Je ne pense pas que vous lirez cette épître guère biblique, tant pis pour la francophonie, cependant j’éprouve le désir de l’écrire et l’envie d’évoquer votre grandeur passée, alexandrin en supplément. Je viens de subir, pardon, de visionner en streaming et en VF votre dernier méfait, intitulé The Watcher , qui sortira chez moi directement en DVD en juin prochain. Hélas, ce Looking Glass assez dégueulasse ne saurait s’apparenter à celui de l’Alice de Lewis : derrière le verre, que voyez-vous, voyeur invalide, sinon un autre ratage, un outrage aux bonnes mœurs cinéphiles ? Depuis plusieurs années, vous sabotez votre carrière avec une constance de kamikaze qui provoque le respect autant que la stupeur. À cette énigme à la fois vous appartenant et cristallisant la médiocrité généralisée de la cinématographie US actuelle, voire mondiale, répond celle de mon entichement à ...