Articles

Affichage des articles associés au libellé Alan Parker

Le Pantin et la Femme

Image
  Exils # 102 (15/04/2025) Comme Bergman ( Fanny et Alexandre ) & Kieślowski ( Le Décalogue ), Pialat ( La Maison des bois ) & Lynch ( Twin Peaks ), Comencini manie en cinéaste la temporalité, la proximité de la télé. Que vaut donc cette version condensée, en salle distribuée, en français doublée ? Elle démontre d’abord que la qualité du regard ne dépend de la quantité de l’écran : leçon de réalisation, sinon d’adaptation, bravo à l’incontournable co-scénariste Suso Cecchi D’Amico, (re)lisez mon portrait, Les Aventures de Pinocchio (1972) bénéficie ainsi et aussi d’une direction artistique – costumes + décors de Piero Gherardi ( La dolce vita , Fellini, 1960) – et photographique – Armando Nannuzzi éclaire ensuite le Jésus itou cathodique de Zeffirelli – assez admirable, mélange réussi de réalisme et de fantastique, de rudesse et de douceur. Avec son casting hétéroclite, aux caméos drolatiques, citons Stander en marionnettiste, De Sica en magistrat, Adorf en...

Vague à Liam

Image
  Exils # 47 (18/07/2024) Saints and Sinners (Lorenz, 2024) s’ouvre une scène qui rappelle celle d’ Agent secret (Hitchcock, 1936) puis le clin d’œil des Incorruptibles (De Palma, 1987). Faire exploser des enfants, ça se fait donc depuis longtemps, à Gaza ou pas, mais le terrorisme ou le capitalisme (et le gangstérisme, alter ego illégal et létal) ne prémunissent contre les risques du sentimentalisme. Du désobéissant Tony Montana ( Scarface , De Palma, 1983) à la passionaria de l’IRA, il suffit d’un film non distribué en salles hexagonales, disponible en ligne, dirigé avec solidité, dépourvu de personnalité, par le collaborateur au long cours, à plusieurs postes, d’un certain Clint Eastwood. Résumons l’horizon à l’usage du cinéphile hâtif : ici se croisent Assassin(s) (Kassovitz, 1997) et Impitoyable (Eastwood, 1992), sous la forme (de plate-forme) d’un western européen, point urbain, en effet peuplé de pécheurs et de saints, plutôt que des zombies de Romero racontant...

L’Odysseydou

Image
  Exils # 17 (29/01/2024) Voici la vie dure du pourtant prénommé Seydou. Commencé sur un sommeil malmené, à cause d’une sœurette guillerette à la perruque suspecte, de ses amies en chorale bancale réunies, l’ultime film du réalisateur des recommandables Gomorra (2008) et Dogman (2018), du dispensable a priori Reality (2012) se termine sur un plan presque poignant, visage souriant et larmoyant du capitaine d’opérette, repéré en pleine mer, surplombé par un sécuritaire hélicoptère, accord de contraires à la John Woo itou. Du rêve au réel, le prix à payer s’avère vite élevé, traversée du désert mortuaire et suspension en vraie-fausse prison incluses, comme si le Leone du Bon, la Brute et le Truand (1966) croisait la (dé)route du Pasolini de Salò ou les 120 Journées de Sodome (1976). « Naïf » adolescent de seize ans, dixit sa maman se démaquillant, de tout son cœur le recadrant, notre Candide du Sénégal ne songe qu’à se faire la malle, histoire d’aider la précitée, e...

Le Ventre de l’architecte

Image
  Un métrage, une image : Liebestraum (1991) L’ultime film de Kim Novak la portraiture en patiente très patraque, en gémissante génitrice, in fine en flingueuse au passé, à l’agonie aujourd’hui, tandis qu’elle expire, une jeune femme soupire, grande et petite morts encore mêlées, merci au montage alterné. En dépit de la présence de Pamela Gidley ( Twin Peaks: Fire Walk with Me , 1992) & Bill Pullman ( Lost Highway , 1997), d’une ambiance étrange, de mauvais rêves presque réels, voire l’inverse, d’une perversité secrète et souterraine, on songe davantage à quelques compatriotes de l’aussi scénariste et instrumentiste Figgis, aux claviers comme Badalamenti, eh oui, qu’au spécialiste David Lynch, par exemple à Peter Greenaway ( The Belly of an Architect , 1997), Alan Parler ( Angel Heart , 1987), Nicolas Roeg ( Bad Timing , 1980). Climatique ou léthargique, suivant l’adoptée perspective, moins estimé, à succès, que Stormy Monday (1988), Internal Affairs (1990), Leaving...

Giorgino

Image
  Orwell à la truelle ? La Bête et la Belle… Le machinisme et le sentimentalisme de Metropolis (Lang, 1927) se devaient de séduire Giorgio Moroder, musicien cinéphile, producteur à succès, un temps résident allemand, comme d’ailleurs Donna Summer, itou auteur d’accompagnements appréciables à destination de Midnight Express (Parker, 1978), La Féline (Schrader, 1982), Flashdance (Lyne, 1983), Scarface (De Palma, idem ), Electric Dreams (Barron, 1984), Over the Top (Golan, 1987) ou Fair Game (Orfini, 1988). Sa version pas à la con, « presented with a contemporary score, sound effects and colour », « re-construit et adapte » un métrage, ne l’endommage, lui rend hommage, rendit vénère les auto-proclamés experts et autres fiers thuriféraires. Droits acquis, surenchéris sur Bowie, tant mieux, tant pis, le natif d’Ortisei co-signe avec le parolier Pete Bellotte les intertitres et les sous-titres, accélère la cadence, donc le défilement, remercie aussi ...

La Grande Menace : La mort est mon métier

Image
  L’ultime chapitre du journal eschatologique… Thriller télékinésique disposant des présences puissantes de Burton & Ventura, de la magnétique Lee Remick, La Grande Menace (Gold, 1978) possède une évidente dimension méta : il s’agit d’un film classé catastrophe au sujet d’un supposé fauteur de catastrophes. Le romancier Morlar porte la mort dans ses productions, jusque dans son nom. Sa moralisatrice misanthropie lui donne des airs de mauvais messie et son désir homicide à sa façon résonne avec celui de Bronson ( Death Wish , Winner, 1974). Victime à domicile, menace à l’hôpital, il (se) survit et décide au/en final de faire s’effondrer une cathédrale, de détruire une centrale. Un flic français, flanqué d’une psychiatre patraque puis coupable, voire l’inverse, reconstitue son CV vite visualisé, essaie de le stopper. Après le matricide de La Malédiction (Donner, 1976), l’actrice américaine ici se suicide, très ou pas assez lucide, tandis que Morlar, a priori , selon ce...

Les Loups de haute mer : Commando pour un homme seul

Image
  Chercher la femme, ne rechercher l’infâme… Fable féministe fardée en film d’action, sinon de science-fiction, car Roger Moore misogyne, puisque Tony Perkins terroriste, Les Loups de haute mer  (Andrew V. McLaglen, 1980) cristallise les contestations sexuées de la décennie en train de se terminer, les développe d’une façon positive et apaisée. À contre-emploi, sans doute il s’en délecta, le regretté Roger les « femelles » ne peut supporter, en raison de raisons familiales puis conjugales formulées, indices pour expliquer, pas pour justifier. Il s’avère cependant capable de reconnaître les qualités du Premier ministre, interlocutrice complice, a contrario de facto de l’infecte Margaret : « Cette femme vaut bien deux hommes », en effet, tout comme le vrai-faux « garçon » survivant, dissimulé, frigorifié, auquel il devra la vie, sous la douche chaude, il se surprend de ses seins, donc de son sexe, vive la vapeur, vive la valeur, il l’admet d...

Hair + Pink Floyd The Wall : Expendables

Image
  L’unique et l’inique, le numéro et le morceau… Sur le fond en reflet de chansons à succès, écrites pour contester, les séquences font s’affronter l’individu et la collectivité, les solitaires et la masse. Dans les deux cas, complémentaires, contradictoires, il convient de donner à voir un double processus d’impuissance et de dépossession, l’affreuse façon dont l’armée américaine puis l’éducation anglaise transforment fissa les soldats et les élèves en « chair à canon », en « chair à pâté », au sens cette fois littéral, le figuré congédié. Si Forman filme une arrivée en retard, un sauvetage survenu trop tard, une coupure temporelle, de croix et de chevelures une ribambelle, Parker plonge parmi l’esprit point serein ni malsain d’un petit poète humilié en public, à proximité de ses condisciples antihéroïques. Chez le premier, l’aboiement des supérieurs prépare le terrain psychotique de Full Metal Jacket (Kubrick, 1987), la soute de déroute d’un avion vert, ou...

L’Africain

Image
  Un métrage, une image : Condemned to Live (1935) Derrière le titre un brin sartrien, comme en écho aux travaux de Cyril Collard ( Condamné Amour ) ou Emil Cioran ( De l’inconvénient d’être né ), réside une relecture du L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. La scénariste Karen De Wolf revisite le vampirisme de Tod Browning ( Dracula , 1931) et le délocalise au cours du prologue exotique, au creux et au cœur de ténèbres à la Joseph Conrad et au son de tams-tams à rendre l’âme. Racisme de contexte colonialiste, après la xénophobie jolie du père Bram Stoker ? Disons davantage la géographie fantasmatique d’une intérieure Afrique, en effet. Sa mère jadis mordue par une maousse chauve-souris, eh voui, le bon professeur Kristan, sans doute en sus un bon chrétien, en tout cas une type impeccable, un modèle indispensable, un (futur) mari admirable, se révèle vite et en série un meurtrier maladif et amnésique. S’il n’investigue sur lui-même,...

Les nains aussi ont commencé petits

Image
  Un métrage, une image : The Terror of Tiny Town (1938) On se souvient que le fabuleux Freaks (Browning, 1932) connut quelques tracas de réception, de remontage, pour la MGM, dommage, tandis que le The Terror of Tiny Town de Newfield & Buell se vit distribué sans souci et en sus avec un certain succès par la Columbia, bravo, les gars ; autres temps, autres mœurs, cependant tandem sorti à la veille d’un double malheur, celui de la prise de pouvoir par Hitler, celui de la mondiale Seconde Guerre. Impossible à (re)produire aujourd’hui, en pleine période du politiquement correct abject, du communautarisme à tout crin (de poney ), de la vaseuse victimisation, ce titre s’avère assez sympathique, voire curieusement émouvant. Parler à son sujet de « cinéma d’exploitation » relève du truisme à la con, surtout en système capitaliste, au vampirisme cynique de « ressources humaines » et naturelles, car le cinéma qui n’exploite pas n’existe simplement p...

Black Candles : Orgie en noir

Image
  Soufre et sperme, cire et sang… Madame rêve ad libitum Comme si c’était tout comme Dans les prières Qui emprisonnent et vous libèrent Alain Bashung En vive voiture, en pleine nuit, en petite compagnie, son Robert, latiniste désabusé, ancien du séminaire, avec elle arrivé en Angleterre, sa belle-sœur esseulée, endeuillée, séductrice, conductrice, Carol se met à songer : Black Candles ( aka Los ritos sexuales del diablo , José Ramón Larraz, 1982) met en images d’un autre âge son rêve érotique, exotique, à la semblance britannique, à la trompeuse panoplie patronymique, de production hispanique. Comme la Laure/Lily un brin Marat, plutôt assoupie, because pause de baignoire, pré-histoire dans le brouillard, de Femme fatale (Brian De Palma, 2002), elle se réveillera, elle revivra les événements d’avant, spectatrice puis actrice du film de sa vie, voui. Mais moins optimiste que la prolongée, précipitée, apaisée, punaisée coda du De Palma, celle de ce métrage-là res...

Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l'été : The Lobster

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Lina Wertmüller. Bercé par la bien belle bossa du maestro Piero ( Piccioni ), le spectateur auditeur découvre donc une comédie mélancolique, un item touristique, un opus politique. Une année après Film d’amour et d’anarchie (Lina Wertmüller, 1973), au sujet duquel j’écrivis aussi, la réalisatrice reprend le même couple impeccable mais à présent prend la mer amère. Mariangela Melato & Giancarlo Giannini possèdent tous deux des yeux verts, des silhouettes sveltes, pourtant « la Lina » ne les « casta » pour cela, quoique. Ces castaways annoncent ceux de Castaway (1986), justement, certes délestés des inserts infects de Nic Roeg. Pas de pourriture des corps pour perturber la parenthèse utopique, supposée « enchantée », époque oblige, plutôt l’improbable rencontre entre des avatars « à la dérive » d’Adam & Ève, de Robinson & Vendredi. Comme si La Mégère appriv...