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Affichage des articles associés au libellé Michele Placido

Sogni d’oro + Bianca : Non ho sonno + L’uomo che guarda

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Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE, retour sur les titres de Nanni Moretti. D’une œuvre à la suivante, apparaissent des correspondances évidentes, d’équipes techniques, de répliques, d’interprètes, de silhouettes et même de pâtisseries chocolatées de provenance autrichienne, fichtre. Mais à la comédie méta égotique se substitue un vrai-faux giallo mélancolique. De manière explicite, Sogni d’oro (Nanni Moretti, 1981) et Bianca (Nanni Moretti, 1984) possèdent une coda presque à l’identique, lycanthropique, à flics, où l’anti-héros, et non l’ alter ego , pénètre directement au creux de l’écran, perspective vide, au propre, au figuré, prononce sa propre épitaphe, désespérée, désabusée : « Je ne veux pas mourir ! », « C’est triste de mourir sans enfants ». Le diptyque partage en plus une caractéristique psychique constitutive, néanmoins Moretti, secondé par les directeurs de la photographie Franco Di Giacomo & Luciano Tovoli, ne perd jamais le spectateur, préfère plu...

Stereo : Amnesia

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Maximilian Erlenwein. Récit cerveau, dès l’intro, à moto, en techno, Stereo (2014) rappelle David Cronenberg, pas celui du film homonyme (1969), plutôt celui de A History of Violence (2005). Toujours trompeuses, les apparences rurales, idéales, dissimulent à peine un passé dont la griffe ne cesse de se planter en plein cœur des protagonistes, le Jacques Tourneur de Out of the Past (1947) ne nous contredira pas. Stereo se souvient aussi du Memento (2007) de Christopher Nolan, histoire sans cesse inversée, en différé, d’un enquêteur se découvrant in fine meurtrier, en rime à un certain Œdipe. Moins parricide et incestueux, davantage violent et misogyne, Erik, pas vraiment viking, père par procuration, mécanicien à l’excitante odeur de cambouis, accessoirement motard accumulant les amendes, se divise assez vite, aperçoit, court après puis discute avec le cynique Henry, prénom probablement emprunté au bon tou...

La prima linea : Tu ne tueras point

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Renato De Maria. Reformulons le Camus du Mythe de Sisyphe  – il n’y a qu’un problème politique vraiment sérieux : c’est le terrorisme . Ce phénomène pérenne, global, nanti d’un vernis d’idéologie, mélange instable de « morale du ressentiment » nietzschéenne, d’utopie juvénile et de narcissisme suicidaire, sinon sacrificatoire, possède une mystique à part. Face au « forces de la réaction » en place, il vise toujours le spectaculaire, la sidération, l’absurde et le désastre. Film éminemment mélancolique, La prima linea illustre un désenchantement, une prise de conscience des conséquences réelles, intimes, de la violence. Dépourvu du moindre glamour , d’un romantisme complice, il humanise et démythifie les assassins très humains d’un groupe moult connu en Italie, dans le sillage de scission des Brigades rouges sang. Le scénario transpose l’autobiographie de Sergio Se...

Mauvaise graine : Frères de sang

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Travailler fatigue , affirmait le suicidaire Cesare Pavese ; sans doute, surtout pour des salaires de misère, cependant que vivre en hors-la-loi ne conduit qu’au trépas (« chez soi »)… Voici donc une tragi-comédie commise par Claudio Caligari (bouclage de trilogie), amicale et anémiée, sise à Ostie (une pensée pour Pasolini) au milieu des années 90, sur fond de drogue, colère, dégoût, amour, rédemption, chantier, normalité, famille recomposée, braquage au fusil déchargé, mort et naissance. Délinquants pas méchants ( Non essere cativo , incitent le titre en VO et la devise sur le t-shirt de l’ours en peluche), presque frères ou amants, ces vitelloni récompensés à Venise, salués par la critique transalpine, comme un double hommage au peu productif réalisateur décédé à la soixantaine, hésitent entre le naturalisme (sociologie du bord de mer automnal, de la came passant des pilules à la coke puis à l’héroïne) et le mélodrame (gamine malade bientôt nièce décédée, s...

L’Ange du mal : Miracle à Milan

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Sous-titre ironique pour un ratage quasi intégral… Il fallut par conséquent – tu l’achètes en solde, tu le visionnes en DVD, stronzo français – subir jusqu’au bout (admirez notre conscience cinéphile, à défaut de notre exécrable morale citoyenne) de ses cent six interminables minutes (auxquelles rajouter la demi-heure des suppléments superfétatoires, supplice moins longuet, toutefois, que le contemporain pensum en deux parties sur le transformiste Jacques Mesrine commis par Jean-François Richet) ce téléfilm de luxe (champs-contrechamps scolaires, shaky cam à la Ridley Scott durant les braquages) baigné dans un bleu paresseux (ça fait riche et sérieux, ça affiche la couleur supposée du polar) et un glamour (les costards de marque, la came à s’injecter les yeux révulsés, les gonzesses à démailloter dans la piscine de parvenu, le fric comme un abus de friandises propice à de piètres rêves de réinvention existentielle et brésilienne, les truands entre eux, toujours un peu h...