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Affichage des articles associés au libellé Statut de la folie

Chez les fous : Shock Corridor

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Fou de guerres à l’étranger ? Gare aux folies des Français… À Antonin Artaud, Marseillais marteau ou momo Je lui dis : Si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ? Il me dit : Parce que j’y gagne un argent fou ! C ’ est moi le banquier ! Raymond Devos Hunter Thompson n’inventa pas le journalisme gonzo , vade retro , sous-genre sous-développé du porno, et Albert Londres n’attendit pas le personnage imprudent du film fiévreux de Samuel Fuller, sorti en 1963, de la novélisation simultanée sous son nom, pour s’investir in situ . Pour « porter la plume dans la plaie », précepte personnel indispensable, transposable, le reporter s’exporte puis rapporte, importe son « point de vue documenté », à la Vigo, animé par une similaire colère, tamisé par un humour en rime. Paru en 1925, Chez les fous ne se déroule pas à Nice, en Guyane, en Italie, en Russie, en Asie, en Afrique encore coloniale, en Palestine...

Infection : Hippocrate

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Des miroirs, des fantômes, une pomme rouge puis verte... Film choral et bancal, au formalisme économique, Infection (Masayuki Ochiai, 2004) démarre en drame social, devient un thriller dit d’horreur, puis délivre une conclusion de phénoménologie de la perception. Dans le naturel décor de la body horror , des soignants désolants, surmenés, désargentés, vont donc devoir s’occuper d’un grand brûlé, d’un mystérieux malade mobile et immobilisé, sans cesse annoncé à la radio par un ambulancier doté d’une sirène presque à la ZAZ, en sus d’un vieillard au pied fracturé, d’un adolescent casqué atteint de céphalées, d’un cancéreux désespéré, d’une senior sénile. Tandis que deux balançoires grincent sinistrement à l’extérieur du bâtiment, la peur se répand à l’intérieur, virus placé sous le double signe coloré du rouge et du vert, escorté par une bande-son bruitiste anxiogène. Fi du sens de l’effort, français ou point, piètre reproche macronien, la faute survient, médicale et létale...

La Tête contre les murs : Détraqué(e)s de ciné

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Caméra, camisole, huis clos et envol. Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. Samuel Beckett, En attendant Godot (1952) Si, durant une seule seconde, on parvenait à penser l’impensable, chacun possède le sien, hier ou demain, on deviendrait cinglé, assuré. Il existe, heureusement, mille et un divertissements, pour néantiser notre néant, au moins un instant. Le ciné ne nécessite aucun effort particulier, il suffit de regarder, d’écouter, de lire à la va-vite des sous-titres. Divertissement d’épiciers, à la Pascal, démocratique et démagogique, le voici nous dérouter de nos ennuis, dissoudre nos soucis, nous donner à voir et à vivre d’autres vies que celle-ci, si brève, si décevante. Tandis que le X vide tes testicules de velléités révolutionnaires, l’horreur t’apprend à survivre, sublime tes intimes malheurs. Le temps passé à visionner s’avère autant perdu que retrouvé, Marcel Proust peut continuer à se coucher tôt, au creux de sa cathédrale de mots. La van...