La Voix des morts : Notes sur le hors-champ sonore
La voix de sa maîtresse et la preuve de sa tristesse… Au cinéma, la voix off ne constitue pas (uniquement) une option car elle relève de l’identification (d’une femme, d’un homme). Désincarnée de manière littérale, elle paraphe la nature fantomatique (et funéraire) d’un art de l’obscurité tombale (autant que commerciale). Une fois filmé, le corps s’évapore, devient une image, une trace, un souvenir à sans cesse ranimer, réactualiser, raviver en version restaurée ; d’où, en partie, la mélancolie congénitale de la pornographie, présence-absence du plaisir public. La voix subit aussi une métamorphose, elle se dissocie de sa source, elle se sépare de son émetteur, bien au-delà de la parenthèse historique liminaire du muet (ou de son simulacre discutable à la Tabou ). Dans la mosaïque filmique, la bande-son et la bande-image dialoguent, se redoublent, se contredisent. Le doublage, bien sûr, souligne l’artifice sonore, permet le cosmopolitisme polyglotte. Il ne représente...